Les Résistants

« On est toujours prêt à dépenser plus d’énergie dans la négation d’une évidence que dans son acceptation, si celle-ci entraîne le deuil d’une illusion. »
Philippe Muray
23 avril 2017. Portée par plus d’un électeur sur trois, Marine Le Pen se qualifie pour le second tour de l’élection présidentielle.
Dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, l’incompréhension le dispute à l’effroi. Comment ? Un électeur sur trois est donc raciste ? Fasciste ? Nazi ? Nostalgique du IIIème Reich ? Mais où se cachent-ils donc, ces fumiers ? Ces brutes ? Ces salauds ? Un sur trois, merde, ça doit quand même finir par se voir !
Et pourtant. Pas le moindre fond d’écran à croix gammée sur les smartphones. Pas le moindre t-shirt « Je suis Hitler ». Ni le moindre hashtag « #JeSuisFacho ». Pas le moindre tatouage « Arbeit macht frei ». Ni même un petit discret pendentif stylisé « S.S. » autour du cou ou au poignet. C’est vraiment à n’y rien comprendre.
C’est que dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, qui est aussi le camp de la souplesse d’esprit, on n’envisage pas un instant de se remettre en question ; on n’envisage pas un instant que sa vision du monde puisse être un tout petit peu caricaturale… un peu stigmatisante, pour reprendre un terme à la mode… et pas très tolérante…
Non. Dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, qui est aussi le camp de la finesse d’analyse, on vit avec l’idée très subtile que tous ceux qui ne pensent pas comme soi sont racistes, fascistes, nazis.
C’est qu’on n’est pas simpliste, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam. Pas binaire pour un sou. Au contraire : on est fraternel, ouvert à la diversité d’opinions et au débat d’idées. Un débat de haut vol, évidemment. Riche et argumenté. Car on est éduqué, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam. Instruit et raffiné. La preuve : face à la contradiction, les seules armes dont on use sont l’insulte, la caricature et le mépris. Ceux qui constatent les effets délétères de l’immigration massive ? Tous des racistes. Ceux qui ouvrent les yeux sur l’enfer multiculturel ? Tous des fascistes. Ceux qui voudraient qu’on sévisse enfin contre la barbarie qui se déploie en toute impunité sur des pans entiers du territoire ? Tous des nazis. Ceux qui pensent qu’il y a peut-être un lien de causalité entre les centaines de Molenbeek français qui nous agressent de plus en plus fréquemment et de plus en plus sauvagement, et la politique d’immigration menée depuis quarante ans ? Des fascistes racistes populistes réacs fachos vichystes nazis nauséabonds. Des bas du front, des nostalgiques de la France rabougrie, ratatinée, recroquevillée sur elle-même, de l’infâme France du repli sur soi. Qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire.
Quelques esprits moqueurs pourraient voir dans ce réflexe d’insulte la marque d’une extraordinaire pauvreté argumentative. D’une totale vacuité argumentative, même. Ils pourraient également observer que la haine et l’intolérance ne sont pas tout à fait là où on nous l’indique… Mais — devinez quoi ? — ils se feraient aussitôt traiter de fascistes et de nazis. Par les chantres de la Tolérance et du Padamalgam, tous ces champions du « Faut pas stigmatiser » qui stigmatisent un électeur sur trois. Et se prennent pour de grands démocrates…
D’autres esprits, plus ironiques, pourraient faire remarquer que le collage d’étiquettes « Fasciste » et « Nazi », outre qu’il révèle une inculture abyssale, une ignorance crasse de la réalité du fascisme et du nazisme, relève de la banalisation de crimes contre l’humanité. Ils pourraient développer en expliquant que grimer Marine Le Pen en Hitler pour la diaboliser, c’est nier la monstruosité d’Hitler, minimiser la gravité de ses œuvres, et au final dédiaboliser le nazisme. Ce qui est très malin… Ils pourraient conclure que les grands humanistes qui s’adonnent à ce petit jeu piétinent la mémoire des vraies victimes du fascisme et du nazisme. Mais — devinez quoi ? — ils se feraient aussitôt traiter de fascistes et de nazis. Par les grands humanistes, les immenses résistants du camp de la Tolérance et du Padamalgam — qui, comme on le voit, n’ont jamais un combat de retard.
D’autres esprits, encore plus friands de paradoxes, pourraient s’amuser de voir tant de haine et d’intolérance se déchaîner au nom de la lutte contre la haine et l’intolérance. Ils pourraient trouver piquante cette propension à la stigmatisation et à l’amalgame chez des gens qui passent leur temps à bêler qu’il ne faut pas stigmatiser ni faire d’amalgame. Ils pourraient même pousser l’esprit de paradoxe jusqu’à rappeler que l’essence du fascisme, c’est précisément ça : stigmatiser son contradicteur plutôt qu’argumenter. Insulter plutôt qu’expliquer. Intimider plutôt que persuader.
Mais ce retournement de perspective demanderait trop d’efforts. Il ébranlerait trop de stéréotypes, il bousculerait trop d’idées reçues chez ces contempteurs des stéréotypes et des idées reçues. C’est que dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, on voit des fascistes partout, sauf dans son miroir.
Car dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, qui n’est surtout pas le camp de l’inculture, on connaît l’Histoire. On la connaît si bien qu’on a une seule référence historique en tête : les années 30. C’est qu’on est moderne, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam : on a seulement trois quarts de siècle de retard. On croit donc qu’il est perspicace d’éclairer la situation actuelle à la lampe des heures les plus sombres de notre histoire et de la menace fasciste.
Comme si depuis les années 30, il ne s’était rien passé. Comme si entre temps n’avaient pas eu lieu des phénomènes inédits et décisifs. Comme s’il n’y avait pas eu la mondialisation sauvage et ses bataillons d’esclaves, de chômeurs et d’immigrés. Comme s’il n’y avait pas eu les délocalisations, la désindustrialisation, la précarisation, le déclassement de millions de Français. Comme si, surtout, il n’y avait pas eu ce phénomène sans précédent dans l’histoire de l’humanité : l’immigration massive. Comme si la France n’avait pas reçu depuis quarante ans des flux migratoires colossaux en provenance du Maghreb, c’est-à-dire d’une terre d’islam, c’est-à-dire d’une aire culturelle marquée par un antagonisme millénaire avec l’Occident. Un antagonisme non seulement historique, mais structurel, inhérent à la nature profonde de l’islam, à l’anthropologie exprimée dans ses textes et révélées par ses mœurs. Comme si cet import massif d’une autre civilisation n’avait eu aucune conséquence ; comme si, à défaut d’être amorti par l’assimilation, ce télescopage entre deux systèmes de valeurs que tout sépare, entre deux visions de l’homme (et singulièrement de la femme) rigoureusement incompatibles n’avait pas provoqué un repli identitaire, puis l’émergence de contre-sociétés en sécession de la France. Comme si, il y a quarante ans, il était nécessaire d’implorer les Français de vivre ensemble
Comme si dans les « territoires perdus » prévalaient aujourd’hui la même culture, la même identité, la même civilisationqu’il y a quarante ans ; comme si aux Mureaux, les femmes s’habillaient encore en jupe ; comme si on croisait beaucoup d’homosexuels à Aubervilliers ; comme s’il y avait encore des Juifs dans les écoles de Seine-Saint-Denis ; comme si on pouvait boire de l’alcool à Vénissieux, et acheter du porc à Sevran ; comme si à Trappes, on pouvait manger pendant le mois du ramadan sans risquer pour sa vie.
Comme si, en quarante ans, certains quartiers n’avaient pas changé de continent ; et comme si ces enclaves communautaristes ne posaient aucun problème… Comme si l’explosion des incivilités (pour parler dans le langage châtré des faussaires médiatiques), comme si la violence inouïe déployée contre les sales céfrans, les faces de craie, les kouffars, les roumis, les flics, les pompiers, les enseignants, les médecins, comme si les atrocités du Bataclan, de Nice et de Saint-Étienne-du-Rouvray n’avaient aucun lien avec cette fragmentation communautariste ; comme si les poudrières islamistes qui gangrènent la France, et nous enverront de plus en plus souvent leurs combattants répandre le carnage et la terreur, n’étaient pas LE défi majeur du XXIème siècle.
Mais non. Dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, qui est aussi le camp de la lucidité et du courage, le problème n’est pas l’islam conquérant (pléonasme) qui, dans les « zones de non-droit », voue une haine inexpiable à la France. Le problème, c’est Marine Le Pen. L’insécurité, la haine des kouffars, les attentats, tout ça, c’est de sa faute.
D’ailleurs toutes les violences, toutes les horreurs, toute la cruauté qu’on impute injustement à l’islam conquérant, c’est la faute à Marine Le Pen. Mais oui, c’est l’évidence même ! L’attentat islamiste de la rue des Rosiers en 82 ! Signé Marine Le Pen ! Et celui de Saint-Michel en 95 ! Et de Port-Royal en 96 ! Et la prise d’otages islamiste de Marignane en 94 ! Tout ça, c’est des coups sournois de Marine Le Pen ! Ah, la perfide ! Et les talibans, en Afghanistan ! Des rejetons de Marine Le Pen ! Mais oui ! Et Molenbeek en Belgique ! Et le cauchemar du Kosovo ! Tout ça, c’est la faute à Marine Le Pen ! Et la charia, dis-donc ! La vie rêvée des femmes en Arabie saoudite, au Qatar, au Nigéria, au Yémen ! C’est encore l’œuvre de Marine Le Pen ! Comme Al-Qaeda, tiens ! Une création de Marine Le Pen ! Et Mohammed Merah, tirant à bout portant dans la tête d’une petit Juive de 8 ans ! Commandité par la monstrueuse Marine Le Pen ! Et le 11 septembre 2001 ! Et Charlie Hebdo ! Tout ça, piloté par Marine Le Pen ! Par pur électoralisme ! Pour faire monter l’islamophobie, puis surfer sur la vague islamophobe ! Mais voyons, c’est limpide, enfin !
Un peu de clairvoyance : c’est évidemment la faute à Marine Le Pen si le Coran regorge d’appels au djihad, d’injonctions de soumettre les infidèles par la force, la menace, la terreur et le meurtre — injonctions qu’appliquent à la lettre les terroristes islamistes, qui « combattent dans le chemin de Dieu : ils tuent et sont tués. » (sourate 9, verset 111).
C’est la faute à Marine Le Pen si la vie de Mahomet — le « beau modèle » que tout bon musulman se doit d’imiter — est une litanie de pillages, de massacres, d’égorgements, de décapitations d’infidèles.
C’est la faute à Marine Le Pen, 48 ans, si depuis 1 400 ans, l’islam utilise la terreur et le carnage pour étendre à toute la planète le Dar al-Islam.
Parce que dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, qui n’est pas du tout le camp de l’angélisme et du déni, on sait que ce n’est pas ça, l’islam.
C’est qu’on est islamologue, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam. Mieux, on est omniscient : on connaît le contenu du Coran et de la Sunna sans les avoir lus. On sait donc que ces textes n’appellent qu’à la paix, à l’amour, à la parité et au respect des différences. Et que ceux qui, ayant étudié ces textes, y ont vu de la misogynie, de l’homophobie, de l’antisémitisme et d’innombrables incitations à la violence — jusqu’au meurtre — sont islamophobes. Ou commettent des erreurs d’interprétation.
Ainsi Mahomet lui-même, en multipliant les sévices contre les infidèles, était islamophobe. Ou alors il commettait des erreurs d’interprétation. Des erreurs d’interprétation d’un texte qu’il avait écrit. Bref, Mahomet n’avait rien compris à ce qu’est l’islam. Mahomet, « l’homme parfait » que tout bon musulman doit prendre pour exemple…
Voilà, en toute logique, ce que pensent les grands spécialistes de l’islam qui peuplent le camp de la Tolérance et du Padamalgam… et s’imaginent ainsi s’attirer les faveurs des musulmans… ils vont être servis…
Bref, dans l’esprit subtil et cultivé des champions de la Tolérance et du Padamalgam, si depuis 1 400 ans les combattants d’Allah recourent à la violence pour enrôler l’humanité entière dans l’Oumma, ce n’est pas à cause des prescriptions du Coran et de la Sunna : c’est parce que Marine Le Pen est méchante.
Il faut donc combattre non pas l’expansionnisme de l’islam — qui n’est qu’un fantasme islamophobe —  , mais Marine Le Pen. C’est elle l’ennemie, c’est elle la menace : une fois Marine Le Pen écartée, l’islam ne nous posera plus aucun problème. Parole d’Alain Juppé.
D’autant plus que Marine Le Pen, c’est aussi l’incompétence économique. Une véritable calamité. Ah oui, oh là là, dites donc, Marine Le Pen est vraiment nulle, nulle, nulle en économie. Nullissime ! C’est les journalistes immensément talentueux et encore plus impartiaux de Challengeset des Echos qui l’affirment ! Oui, d’accord, mais pourquoi ? Bah… parce que. Non mais vraiment, c’est intéressant, expliquez-nous ? Ah, mais c’est comme ça, ne cherchez pas !
Eh oui, c’est comme ça : dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, on n’a pas toujours besoin d’argumenter. Parfois on sait, c’est tout. C’est comme pour l’islam : il y des sujets sur lesquels on est spontanément éclairé, sans jamais avoir fait l’effort de lire et de se renseigner. Un don… Et il faut bien avouer que dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, on a le flair pour détecter les compétentsen économie. L’intuition. L’instinct.
6 millions de chômeurs ; 2 millions de personnes au RSA ; 600 000 stages abusifs ; 85% des embauches en CDD en 2015 ; 15% de pauvres ; uberisationgalopante de l’emploi — ce qui, en bon français, se dit « précarisation ». Voilà le bilan des compétents. Voilà les résultats des sachants ; de ceux qui savent comment nous mener sur les chemins de la réussite. Voilà les conséquences de leur merveilleux libre-échange sans frontières, et de leur enchanteresse concurrence libre et non faussée avec la Chine, avec le Bangladesh, avec la Bulgarie.
Délocalisations. Désindustrialisation. Chômage de masse. Textile, sidérurgie, automobile… Des régions entières ravagées, sinistrées, déprimées… Et un coût du chômage toujours plus lourd pour les finances publiques, qui se répercute sur les impôts, les taxes, la dette… Aucune dette il y a trente ans, plus de 2 000 milliards aujourd’hui…
Mais comment peut-il en être autrement ? Comment, si l’on ne se protège pas avec des barrières douanières, peut-on faire jeu égal avec des pays où le salaire mensuel est de 50 euros ? Comment, sans protectionnisme, peut-on empêcher les délocalisations massives, et le chômage massif qui en résulte ?
Eh bien c’est fastoche, en fait ! Demandez donc à nos experts économistes de plateaux-télé, tout à fait neutres et indépendants ! Et à nos spécialistes de l’Elysée ! Et à nos bons maîtres de Bruxelles ! Et puis surtout à nos si compétents et si bien-nommés « partis de gouvernement », si crédibles avec leurs résultats épatants depuis trente ans ! Oyez la bonne parole de tous ces grands prêtres de l’Eglise ultralibérale : il suffit de faire des réformes. Et puis d’autres réformes. Et encore des réformes. D’œuvrer dans le sens d’une plus grande flexibilité de l’emploi. De mettre de la souplesse dans les conditions d’embauche et de licenciement.Autant de périphrases qui, en bon français, veulent dire « baisser les salaires » et « démanteler la protection sociale »… jusqu’à atteindre la condition si enviable des Bulgares, des Roumains et des Bengalis, pour être enfin compétitifs. Belle perspective, non ? Belle ambition pour l’homme — pardon, pour le facteur humain de production ? Non, ça vous plaît pas ? Pardon ? Ah, on vous l’avait pas dit que c’était ça, le bout du chemin ? Mais enfin ? Pourquoi pensez-vous que les emplois sont de moins en moins rémunérés ? De plus en plus précaires ? De plus en plus uberisés ? Vous croyez donc que c’est arrivé comme ça, par hasard ? Qu’une malédiction divine s’est abattue sur nous ? Que c’est à cause d’un mauvais alignement des planètes que les jeunes n’arrivent plus à trouver de boulot ? Que c’est seulement la faute à pas d’bol, s’ils multiplient les stages et les jobs sous-payés, et vivent encore à trente ans chez leurs parents ou en coloc ?
Eh bien non, c’est beaucoup moins aléatoire, et beaucoup moins énigmatique que ça : baisser les salaires et précariser l’emploi, c’est l’esprit de toutes les réformes engagées depuis le virage libéral de Mitterrand en 1983. C’est l’esprit de l’Acte unique de Jacques Delors en 1986 — la bible ultralibérale de l’Union européenne. C’est l’esprit de la si emblématique directive détachement imposée par les humanistes de Bruxelles qui, en faisant venir en France, en remplacement des Français, des bataillons de travailleurs bulgares, roumains ou polonais, permet d’opérer une délocalisation à domicile. De vrais magiciens, les commissaires européens… et de grands philanthropes. C’est l’esprit du modèle économique appliqué en France depuis trente ans, et qui n’a abouti qu’à sabrer les salaires, à précariser l’emploi et, malgré tous ces sacrifices, à faire monter le chômage à des niveaux stratosphériques… Il faut dire que dans le cadre enchanteur de la concurrence libre et non faussée, le seul moyen de faire baisser le chômage est de s’aligner sur le plus petit dénominateur commun en termes de salaire, de protection sociale et, au final, de respect de la dignité humaine. Et ça, c’est pas facile, comme dirait l’autre. Il est même à craindre que ce chemin de croix soit sans fin : qu’aucune réforme, aussi brutale, aussi cruelle soit-elle, ne soit susceptible de nous rendre aussi bon marché que les Bulgares ou les Chinois ; et que par conséquent le chômage n’est pas près de baisser, si nous persistons dans ce modèle de « développement »… Mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer, non ? D’ailleurs le jeuniste à tête d’œuf qui nous servira bientôt de Président s’y est engagé : il mettra le paquet, question réformes, pour que nous soyons enfin compétitifs. C’est-à-dire dociles et pas chers. De bons petits élèves de la mondialisation ultra-libérale. Capables nous aussi de nous vendre au moins-offrant. Merci Président !
La mondialisation ultra-libérale ne profite qu’à ceux qui l’organisent : grands patrons de multinationales, financiers, et surtout hommes et femmes politiques qui, par leurs lois complaisantes, font sauter tous les verrous à l’expansion de ce fléau. Ce n’est pas un hasard si la concentration des richesses atteint des niveaux sans précédent — 1% de la population détient 50% de la richesse mondiale. C’est la conséquence de l’ultra-libéralisme, qui consiste à exploiter des esclaves pour vendre à des chômeurs. Un gigantesque saccage social, à l’échelle mondiale, au profit d’une infime minorité…
C’est ce modèle répugnant auquel est acquise la quasi-totalité de la classe politico-experto-médiatique, qui nous martèle péremptoirement qu’il n’y a pas d’alternative, qu’on ne peut pas faire autrement dans un monde globalisé, que c’est le sens de l’Histoire, et que de toute façon si des millions de gens en souffrent c’est qu’ils sont trop cons pour réaliser à quel point ce modèle économique est efficace et humaniste… Comme l’a dit le président du Conseil européen, le bon Donald Tusk qui, lui, sait parfaitement ce que vivent les gens : « Le libre-échange et la mondialisation protègent, mais peu de gens le comprennent et le croient. » De la même manière que les esclavagistes, il y a trois siècles, expliquaient doctement qu’un modèle économique sans esclavage n’était pas viable… que c’était le sens de l’Histoire… qu’il n’y avait pas d’autre option… De la même manière que leur rhétorique de l’inéluctable, et leurs chantages au « sens de l’Histoire », visaient à défendre non pas la rationalité économique, mais leurs intérêts…
Au vu du chaos économique engendré par l’ultralibéralisme, des inégalités terribles qu’il produit, de la pauvreté qu’il répand en enrichissant une caste toujours plus restreinte, d’aucuns pourraient se dire qu’il est temps de se débarrasser de ce modèle. D’étudier sérieusement d’autres options. Par exemple celles proposées par Marine Le Pen : protectionnisme, barrières douanières, priorité nationale à l’emploi et dans les appels d’offres pour les marchés publics… Ah, ça alors, non ! Sûrement pas ! Tout ça c’est idiot ! C’est aberrant ! C’est insensé ! Le programme économique de Marine Le Pen est totalement farfelu, et puis en plus il n’existe pas ! Mettez-vous bien ça en tête : en économie, comme ailleurs, comme partout, Marine Le Pen est in-com-pé-tente !
Affirmations péremptoires auxquelles on pourrait rétorquer qu’entre l’incompétence supposée de Marine Le Pen, et la nocivité avérée des dévots de l’ultralibéralisme, il n’y a finalement pas grand chose à perdre à tester la première…
Mais ce n’est pas l’avis dominant, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam — qui est aussi le camp de la logique et de la raison. Pas du tout. Dans le camp de la logique et de la raison, qui n’est surtout pas celui du conservatisme, on est favorable à la perpétuation d’un modèle qui, depuis trente ans, a largement démontré sa toxicité. Un modèle qui a prouvé qu’avec lui, le pire est sûr. C’est que, voyez-vous, dans le camp de la logique et de la raison, on s’attache aux faits, rien qu’aux faits : on roule donc des calots épouvantés en évoquant la débâcle économique qui résulterait de l’application du programme de Marine Le Pen (sans jamais apporter le moindre début d’explication), mais on refuse tout examen de la débâcle économique qui se déroule là, sous nos yeux, et jette des millions d’individus dans la détresse, le désœuvrement et le mépris de soi.
On ne veut pas voir que le désastre économique, c’est maintenant. Et qu’il est l’œuvre de nos gouvernants depuis trente ans. On préfère s’enivrer d’ergotages sur le Code du travail, de pinaillages sur la fiscalité des entreprises, troufignoliser à n’en plus finir des broutilles microéconomiques pour ne pas voir que l’essentiel est ailleurs. Que le vrai problème est d’ordre macroéconomique. Que seul un changement de modèle économique peut nous sortir du chômage chronique et enrayer notre déclassement. Mais ça, on n’en veut pas du tout, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam. Ce n’est pas qu’on n’est pas ouvert au changement, bien sûr, puisqu’on est certifié progressiste. Mais bon, quand même, on y tient, à son petit confort intellectuel… A ses petites certitudes… A ses petits conservatismes… Ce qui fait que dans le camp de la logique et de la raison, qui n’est surtout pas le camp du gâtisme, on a un point commun avec les communistes : on s’agrippe de toutes ses forces à une idéologie dévastatrice en expliquant que si depuis plusieurs décennies elle n’engendre que ruine et désolation, c’est qu’on ne lui a pas laissé le temps de montrer à quel point elle est efficace et humaniste. Et tant pis pour ceux qui en crèvent… « La folie, c’est de faire encore et toujours la même chose en s’attendant à des résultats différents. », a écrit Einstein. Il faut croire qu’aujourd’hui, Einstein serait considéré comme pas assez logique, pas assez rationnel pour intégrer le camp de la logique et de la raison.
D’ailleurs, dans le camp de la logique et de la raison, qui est aussi le camp de l’argumentation béton, on ne manque pas d’arguments convaincants et raffinés pour contester le programme économique de Marine Le Pen : « programme d’extrême gauche », « planification de l’économie », « économie administrée à la soviétique », « elle a le même programme que Mélenchon ». Ce qui prouve, comme pour le Coran, qu’on a bien lu le programme de Marine Le Pen… que là encore, on maîtrise à fond son sujet… qu’on s’est bien informé avant de parler… Des caricatures, des collages d’étiquettes et des contrevérités ; aucun fait, aucune explication, aucune démonstration. Le camp de l’argumentation béton, on vous dit…
Mais là où on est encore le plus subtil et le plus percutant, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, c’est pour discréditer les options protectionnistes de Marine Le Pen. Jugez par vous-même de la puissance argumentative, de la profondeur, de l’intelligence ; attention tenez-vous, ça décoiffe : « Avec ses délires protectionnistes, elle est carrément dingo, la facho ! Le protectionnisme, c’est une utopie d’un autre âge ! Le protectionnisme, c’est le repli sur soi, c’est le symptôme d’une France fermée, rabougrie, ratatinée, recroquevillée sur elle-même ! Le protectionnisme, c’est la France nauséabonde qui a peur de l’échange avec l’Autre ! » Nous sommes ravis d’apprendre que, pour le camp de la Tolérance et du Padamalgam, Barack Obama est un être rabougri, ratatiné, recroquevillé sur lui-même, un xénophobe nauséabond qui a peur de l’échange avec l’Autre. Barack Obama qui, en 2009, a instauré des mesures de préférence nationale — le fasciste ! — pour que les grands travaux publics profitent essentiellement aux entreprises américaines ; Barack Obama qui, toujours en 2009, a imposé des droits de douane de 35% sur les pneus chinois pour protéger les producteurs de pneus américains ; Barack Obama qui, en 2016, a appliqué des taxes douanières de 522% (vous avez bien lu) aux importations d’acier chinois pour protéger les aciéristes américains. Barack Obama, donc, qui pour protéger les intérêts nationaux a pendant tout son mandat — à raison de trois mesures de défense commerciale par mois — mis en œuvre l’utopie protectionniste… Vous savez, ce truc dépassé qu’on ne peut plus faire, sauf à être complètement ringard, déconnecté du monde moderne, à rebours du sens de l’Histoire
Mais ces faits n’ébranlent en rien les grands esprits du camp de la Tolérance et du Padamalgam qui, loin d’être obtus, ont au contraire un don pour sentir où souffle le vent de l’Histoire. Ainsi, pour ces esprits pas du tout dogmatiques, et encore moins sectaires, c’est décidé une fois pour toutes : Marine Le Pen et son incompétence économique ne passeront pas. Car ses propositions sont nulles et folles. Et folles et nulles. Et absurdes et délirantes. Et délirantes et absurdes. Et peu importe que ses options protectionnistes commencent à être implémentées dans de nombreux pays (et pas des moindres, Royaume-Uni et Etats-Unis en tête) dont les dirigeants ont enfin pris acte des ravages du libre-échange sauvage. C’est que dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, on vit avec son temps : on s’informe sur l’état du monde, sur les grands mouvements qui l’affectent, et on sent avec un instinct redoutable les perspectives qui se dessinent. Bref, le camp de la Tolérance et du Padamalgam est avant tout le camp des visionnaires.
C’est ainsi qu’il y a quelques mois, on s’y étranglait de rage quand les Anglais votèrent pour le Brexit. Furieux de ce vote totalement stupide, affreusement populiste, on annonçait un cataclysme, un avenir apocalyptique pour l’économie anglaise, un chaos inouï. C’était, prévenait-on gravement, un terrifiant saut dans l’inconnu… Eh oui, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam — et contrairement aux populistes — on ne joue pas sur les peurs, et on fait toujours appel à la sagesse et à la raison.
C’est pour cela, d’ailleurs, qu’on est toujours modéré dans ses réactions. On rivalisait donc de hurlements, de consternation, d’indignation, d’incantations vengeresses ; en revanche on était beaucoup moins inspiré, quand il s’agissait de donner des explications… Tout en continuant de fustiger, avec cet aplomb si caractéristique de l’inculte, les incultes faciles à manipuler qui ont voté pour le Brexit…
Depuis, la volonté de mettre en œuvre le Brexit a été confirmée. Les marchés, qui reflètent les anticipations pour l’avenir, se portent au mieux. Le chômage est historiquement bas. La confiance des consommateurs est historiquement élevée. Comme celle des entreprises. La baisse de la livre a donné un formidable coup de fouet aux exportations britanniques. Maintenant que l’hystérie médiatique est retombée, trois banquiers sur quatre estiment que la City ne sera pas affectée par le Brexit. Bref, c’est l’apocalypse.
Mais dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, qui n’est pas du tout celui des esprits bornés, on persiste à glapir que le Brexit est une terrible erreur ; et on assène pompeusement, en roulant des yeux effarés, que les nuages s’accumulent sur l’économie britannique… Toujours sans apporter la moindre explication… A part radoter que le Brexit est la victoire de l’ignorance, de l’intolérance et des préjugés. C’est ce qu’on appelle élever le débat… C’est, surtout, n’exprimer ni ignorance, ni intolérance, ni préjugés…
Pendant ce temps, Theresa May a annoncé les grands principes qui sous-tendront son action : relocaliser l’emploi ; réindustrialiser ; instaurer des frontières douanières ; faire du protectionnisme. Devant tant de chimères populistes, on ricane, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam. On ne s’est jamais avisé que les ricanements sont l’antithèse des arguments ; qu’ils sont tout ce qui reste, quand on n’a plus rien à dire… les révélateurs d’une consternante faiblesse argumentative…
Pendant ce temps, la Banque d’Angleterre vient de doubler ses prévisions de croissance pour 2017 — année où le Brexit sera effectif. La Banque d’Angleterre doit être populiste. Idiote. Incompétente. Qui sait, peut-être est-elle infiltrée par Marine Le Pen ?
D’ailleurs Marine Le Pen, non contente d’avoir un programme économique qui non seulement n’existe pas, mais est aberrant et dangereux, Marine Le Pen cette dingue veut sortir de l’euro. Sortir de l’euro, vous vous rendez compte ? Pure folie ! Elle est folle ! C’est de la folie !
Bon, sortir de l’euro, c’est aussi ce que préconisent pas mal de prix Nobel d’économie, et d’universitaires, et d’enseignants d’établissements prestigieux (par exemple HEC et Dauphine), et de membres éminents de la Banque de France. Bref, un ramassis d’écervelés, de bas du front et d’incultes. Des gens mal formés, peu éduqués et donc enclins à se laisser berner par des discours simplistes. Des fascistes en puissance, probablement. Secrètement à la botte, c’est le cas de le dire, de Marine Le Pen.
Ces rabat-joie à tendance fasciste expliquent donc que l’euro est sûrement la plus grosse aberration de l’histoire économique ; qu’imposer une même monnaie à des économies aussi dissemblables que celles de l’Allemagne et du Portugal contrevient aux principes économiques les plus élémentaires ; que la compétitivité d’un pays nécessite entre autres un réglage subtil entre niveau de la monnaie et niveau des salaires ; que si on impose à une économie une monnaie trop forte eu égard à sa vigueur, la seule possibilité qui lui reste pour espérer rester compétitive est de baisser les salaires ; que c’est précisément ce qui se passe avec l’euro, monnaie dont le niveau très élevé ne convient qu’à l’Allemagne, et écrase les autres pays.
Ils en concluent, ces salauds d’eurosceptiques, que l’euro n’est pas viable, sauf à accepter des déflations salariales vertigineuses et le démantèlement de toute protection sociale.
Et puisqu’en bons fascistes, ils sont également complotistes, ils affirment que tout cela n’est pas fortuit : que c’est précisément le dessein des concepteurs de l’euro, ces ultralibéraux forcenés, de bloquer le levier monétaire pour ne laisser activable que le levier des salaires, et ainsi contraindre les pays d’Europe à une fantastique déflation salariale. Que l’euro est l’une des armes les plus efficaces de l’arsenal ultralibéral européiste (en plus de l’abolition des frontières) pour transformer la « zone euro » en zone de travail à bas-coût.
Ils ajoutent même, décidément sacrément complotistes, que tout cela n’a rien d’étonnant quand on sait que l’Union européenne est l’Eglise de la concurrence libre et non faussée ; que le clergé bruxellois vise à déployer à l’échelle européenne le libre-échange le plus sauvage, le plus cruel, le plus impitoyable.
Mais dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, on n’est pas dupe : on sait que ceux qui développent ce genre de raisonnement ne peuvent être que des fumiers d’eurosceptiques. Des gens peu éduqués, qui ne disposent pas du bagage intellectuel suffisant pour apprécier les bienfaits de l’euro (qui sont pourtant flagrants). Et après tout, que valent des prix Nobel d’économie face aux technocrates de Bruxelles ? Que valent leurs arguments, leurs explications, leur démonstrations, face à l’excellent bilan de l’euro ? Que vaut le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, ce pseudo-z-intellectuel (comme dirait notre génie national Najat Vallaud-Belkacem), face à l’immense Jean-Claude Juncker, ce bienfaiteur des peuples aux résultats époustouflants ? Que valent 500 pages de démonstrations argumentées de Joseph Stiglitz face à cette profession de foi : « L’euro c’est l’Europe, et l’Europe c’est la paix » ? Que vaut la raison face à un slogan ?
Eh oui, il faut le dire et le répéter : on a des arguments puissants, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam. Contrairement aux prix Nobel qui, comme chacun sait, sont des esprits simples qui jouent sur les peurs et les passions les plus viles, on ne s’y contente pas de slogans, ni d’incantations : on raisonne, on argumente, on démontre. « L’euro nous protège » ; « Avec l’euro, on rit beaucoup plus » ; « Heureux avec l’euro » ; « L’euro, c’est une belle conquête des peuples ». Des arguments solides, on vous dit. Des explications consistantes, des démonstrations convaincantes. Et puis c’est vachement fastoche de les démentir, ces benêts de prix Nobel, puisqu’on a les faits pour soi. Eh oui, il suffit de se baisser pour ramasser à pleines mains les preuves de la bienfaisance de l’euro.
Après tout, c’est bien vrai que la zone euro détient des records de croissance : croissance économique la plus faible au monde (c’est un record comme un autre, après tout) ; croissance exponentielle de la pauvreté ; croissance à deux chiffres de la consommation d’antidépresseurs et de psychotropes ; croissance fulgurante du taux de suicide. Pas un seul pays à part l’Allemagne qui ne participe à cette avalanche de records. Performant, l’euro.
Ouvrez les yeux, et admirez : la Grèce se porte vachement mieux, depuis qu’elle a l’euro. Et le Portugal, alors, au top ! 20% des habitants y gagnent moins de 400 euros par mois. L’euro c’est la prospérité, on vous dit ! Et biglez donc du côté de l’Espagne : encore une preuve spectaculaire que l’euro nous protège. Que, comme nous l’annonçait le grand Jacques Delors, « l’euro nous apportera la paix, la prospérité, la compétitivité ». Et l’immense visionnaire Jack Lang : « Avec l’euro, on rira beaucoup plus ». Jugez par vous-même : en Espagne, un tiers des actifs touchent moins de 750 euros par mois ; 2 millions de foyers ont tous leurs membres en recherche d’emploi ; plus de la moitié des moins de 25 ans sont au chômage. Comme toujours, le prophète Jack Lang avait vu juste : ces gens passent leur temps à se tenir les côtes. Et en Italie ? Ah, là, là, euh aussi s’amusent comme des petits fous ! Beaucoup plus qu’avant l’euro ! Hi hi ! Ouh ouh ! L’insouciance, eh ! La dolce vita par l’euro ! Et puis si depuis l’introduction de l’euro, la production industrielle française a chuté de 12%, l’espagnole de 15% et l’italienne de 21%, tandis que la production industrielle allemande s’est envolée de… 34%, ça n’a évidemment rien à voir avec le fait que l’euro est taillé pour l’économie allemande — ça, c’est de la propagande de prix Nobel. C’est une simple coïncidence ; et il faut vraiment la mauvaise foi d’un prix Nobel pour y voir une relation de causalité. Bref, dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, la lucidité et la bonne foi sont aux commandes. On n’est pas obscurantiste, ni religieux, encore moins superstitieux (contrairement à nos abrutis d’ancêtres) ; on peut donc facilement démontrer que le bilan de Saint-Euro est merveilleux, et que s’en débarrasser mènerait à l’apocalypse. De la même manière qu’on savait très bien expliquer pourquoi le Brexit déclencherait un cataclysme… Décidément c’est indéniable : dans le camp de la Tolérance et du Padamalgam, on n’est pas un perroquet des médias, ni un moulin à propagande. D’ailleurs c’est bien connu : la propagande, c’est toujours chez les autres.
C’est donc en complète connaissance de cause, en se fondant sur un examen attentif des propos de Marine Le Pen — et non des relations médiatiques qui en sont faites — , qu’on s’apprête à faire barrage à Marine Le Pen.
C’est sur la base d’une analyse nuancée de la personnalité et de la pensée de Marine Le Pen, en s’interdisant les clichés et les caricatures, qu’on a décidé de mettre à bas cette femme toxique qui prône le fascisme et la haine de l’Autre.
C’est par héroïsme, et non par conformisme, qu’on a résolu d’entrer en résistance.
Ce choix glorieux — dont tous les historiens confirmeront la dimension héroïque — est un choix éminemment personnel. Libre de tout conditionnement, de tout endoctrinement. Un choix mûrement réfléchi, qui ne doit rien au suivisme ni à un quelconque mimétisme social.
Au contraire, c’est un choix qui dénote un courage et une indépendance d’esprit remarquables : il est soutenu seulement par la totalité des médias, des acteurs, des chanteurs, des sportifs, des présentateurs, des grands patrons et des politiques.
Face à une adversité aussi terrible, beaucoup auraient fléchi. Renoncé. Pas les immenses résistants du camp de la Tolérance et du Padamalgam. Ils sont faits d’un bois solide, le bois des Résistants. Et ils ont l’esprit de sacrifice : ils n’hésitent pas à risquer la mort sociale pour défendre ce en quoi ils croient. N’écoutant donc que leur courage, ils vont, lors de cet entre-deux-tours décisif pour l’avenir de la Démocratie et la République, multiplier les défilés fraternels contre la truie fasciste qui capitalise sur la haine et l’ignorance, et ses conards d’électeurs.
Il n’y aura dans ces défilés aucune trace d’hystérie collective, encore moins d’ivresse narcissique. Tous ces gens se prendront pour Jean Moulin, et ils auront raison. Il n’y aura pas non plus la moindre trace de haine ni d’intolérance. Oui, on aura beau chercher : on ne trouvera dans ces défilés humanistes aucune trace de ces détestables passions populistes qui agitent la France moisie du repli sur soi. Aucune trace d’ignorance, encore moins de préjugés ; seulement de l’intelligence, de la réflexion, de la raison. Et un profond respect de l’autre, au-delà des différences. Un sens aigu de la fraternité qui nous unit, nous, la grande famille humaine. Oui, ces défilés seront de poignants témoignages de ce que l’homme a en lui de plus beau, de plus grand, de plus noble. On n’y trouvera donc pas non plus la moindre trace de stigmatisation, puisqu’un des mots d’ordre de ces défilés fraternels sera justement : « Il ne faut pas stigmatiser. Ni faire d’amalgame. »
C’est donc dans un souci constant de ne pas stigmatiser, et de ne pas faire d’amalgame, qu’on traitera les électeurs de Marine Le Pen de racistes, de fascistes, de gros porcs nazis. En rugissant cela, on ne sera bien sûr sous l’emprise d’aucune propagande, contrairement aux électeurs de Marine Le Pen, ces ploucs qui, peu instruits et mal informés, sont extrêmement faciles à manipuler et à faire descendre dans la rue pour répéter n’importe quelle ânerie. Cette analyse — toute en nuance et en modération, ainsi qu’on peut s’y attendre de la part de gens instruits et informés — sera la première d’une longue série, toutes plus pertinentes les unes que les autres. Comme par exemple celle consistant à affirmer que les électeurs de Marine Le Pen sont misogynes et homophobes. Tellement misogynes, tellement homophobes qu’ils plébiscitent un parti dont le président est une femme et le vice-président un homosexuel. Et ainsi de suite : tout un tas d’analyses subtiles et irréfutables, car corroborées par les faits.
Puis, le jour J, ce jour déjà mémorable du 7 mai 2017, on ira poser l’acte de résistance suprême : on glissera son bulletin « Identité heureuse » dans l’urne. On ne tremblera pas. On se prendra même en selfie, pour immortaliser ce moment. Un geste pour l’Histoire.
Alors le jeuniste à tête d’œuf sera élu. Ainsi, on aura sauvé les générations futures de l’effroyable Marine Le Pen, et de son abominable programme fascisant. On aura bien travaillé. Nos enfants nous remercieront.
Nos enfants nous remercieront car, grâce à notre acte de Résistance, ils continueront d’ingurgiter les programmes scolaires crétinisants et culpabilisants concoctés par nos brillants idéologues et nos bienveillants pédagogistes. L’illettrisme sera leur lot commun. La haine de soi également. Contrairement à l’orthographe, la théorie du genre n’aura plus aucun secret pour eux. Ni le tissu d’horreurs que constitue l’histoire de la France et de l’Occident. Ni la chaîne ininterrompue de splendeurs qu’est l’histoire de l’islam. Bref, nos enfants recevront une éducation qui les élèvera, les épanouira, les accomplira. Ce sera l’identité heureuse.
Ce n’est d’ailleurs pas seulement leur identité qui sera heureuse, mais l’ensemble de leur existence : car s’ils se font agresser, racketter, tabasser ou violer (notamment nos filles, si elles ne portent pas le voile), nos enfants auront le bonheur de voir leur agresseur, leur racketteur, leur tabasseur ou leur violeur éviter la prison. Et récidiver. Une fois, dix fois, cinquante fois. Toujours en toute impunité. Car le jeuniste à tête d’œuf n’enrayera évidemment pas le laxisme pénal instauré par ses prédécesseurs via les lois Dati et Taubira. Il n’en a ni la force, ni l’autorité, ni l’envie.
Et puis, comme un bonheur n’arrive jamais seul, le jeuniste à tête d’œuf perpétuera l’immigration massive. Perpétuera, que dis-je ? Il l’intensifiera. Il la décuplera. Car en plus des flux migratoires colossaux que nous recevons déjà depuis des décennies, et qui nous ont apporté tant de joie et de sérénité, nous accueillerons désormais les fameux clandestins — pardon, les fameux « migrants » — pardon, les fameux « réfugiés ». La fracture communautariste se creusera. Encore. Et encore. Les contre-sociétés islamistes s’enhardiront. Deviendront de mieux en mieux armées. De plus en plus violentes. Elles nous enverront des équipées meurtrières de plus en plus dévastatrices. Et, comme l’annonce l’Etat islamique depuis plusieurs années, comme il l’a déjà mis à exécution pour les attentats du 13 novembre 2015, ces flux de « réfugiés » seront de plus en plus infiltrés par des djihadistes. Lesquels nous réservent des carnages dont nous peinons encore à imaginer l’atrocité, mais à côté desquels le bain de sang du Bataclan nous semblera un non-événement. Oui, décidément, nos enfants auront l’identité heureuse.
Mais ils auront mauvaise grâce de se plaindre : car nous les aurons sauvés du fléau Marine Le Pen. Du cataclysme Marine Le Pen. De l’apocalypse Marine Le Pen. Et s’ils sont sceptiques, s’ils ont l’impression que les fléaux, les cataclysmes et l’apocalypse, c’est plutôt ce qu’ils vivent, nous leur expliquerons que nous n’avions pas le choix. Qu’en ce jour terrible du 23 avril 2017, la République était en danger. La Démocratie menacée. Qu’une effroyable dictature menaçait de s’abattre sur la France. Qu’il était donc urgent, pour sauver la Démocratie, d’élire le jeuniste à tête d’œuf, afin qu’il transfère au plus vite nos derniers lambeaux de souveraineté à l’oligarchie bruxelloise. Cette oligarchie bruxelloise dont le patron Jean-Claude Juncker déclarait récemment : « Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » Cette oligarchie bruxelloise dont le patron précédent, José Manuel Barroso, a récemment rejoint la banque d’affaires Goldman Sachs (ONG bien connue pour son attachement à la liberté et à la prospérité des peuples — les Grecs en savent quelque chose). Cette oligarchie bruxelloise qui, pour servir les intérêts des peuples, prend conseil auprès de 30 000 lobbyistes, et entretient un contact permanent avec les plus grandes multinationales. Cette oligarchie bruxelloise, dont les membres font une carrière en essuie-glace, alternant entre les institutions européennes et les multinationales ou les banques… Cette oligarchie bruxelloise, donc, garante de la démocratie et du respect de la volonté populaire.
Nos enfants réaliseront ainsi que, pour sauver la Démocratie, nous avons donné carte blanche à la lobbycratie et à la technocratie. Ils réaliseront que pour défendre la République, nous avons accordé les pleins pouvoirs aux dictateurs de Bruxelles.
Peut-être, alors, comprendront-ils mieux pourquoi ils sont au chômage. Ou sous-payés. Pourquoi ils sont de plus en plus pauvres. Car tout le monde aura compris, depuis le temps, que l’Union européenne a toujours eu pour but de se construire non pas comme un prolongement, mais comme un substitut des nations, pour faire régner en Europe l’ultralibéralisme le plus féroce. Au passage, ils trouveront étrange que nous ayons cru moderne de nous en remettre à des ultra-libéraux fanatiques au moment où les plus grandes puissances (Royaume-Uni et Etats-Unis), ayant pris acte des ravages du libre-échange sans frontières, amorçaient la démondialisation, signant le grand retour du protectionnisme et de la priorité nationale. Peut-être verront-ils dans notre anachronisme un signe de gâtisme précoce. Ou, tout au moins, d’une absence totale d’instinct. Mais nous leur expliquerons que nous n’avions pas le choix. Qu’il fallait à tout prix s’opposer aux délires fascisto-protectionnistes de Marine Le Pen.
Peut-être, aussi, nos enfants comprendront-ils mieux pourquoi ils vivent dans une anxiété permanente, une atmosphère étouffante de guerre civile larvée. Pourquoi ils sentent la civilisation millénaire de la France devenir chaque jour plus minoritaire, menacée d’enfouissement par une culture rétrograde, misogyne et ultra-violente. L’enfer communautariste que sera devenue la France, truffée de poudrières islamistes et autres territoires perdus, aura en effet pour eux une généalogie claire. Ils auront eu vent des projets de « migrations de remplacement » imaginés par l’ONU (et non par Renaud Camus) et approuvés par l’ensemble de nos élites. Projets de migrations de remplacement préconisant l’entrée en France de « 16 millions de migrants de 2020 à 2040, soit 800 000 personnes par an ». Ils auront lu également cette note officielle de l’INED, datée d’avril 2016 : « Alors que la crise économique va passer, la crise démographique va au contraire prendre de l’ampleur et sa résolution prendra du temps. Les migrations de remplacement pourraient faire partie des réponses de l’Europe à sa situation démographique. » Ils feront remarquer que nos experts en comptabilité démographique avaient juste oublié un point de détail : à savoir que les peuples ne sont pas interchangeables. Que le multiculturalisme mène immanquablement au communautarisme. Puis à la guerre. Ils en feront chaque jour l’expérience amère. Mais nous leur expliquerons qu’à l’époque, l’immigration était une chance pour la France. Que nous étions riches de nos différences. Et qu’en 2017, il était plus que temps d’être moderne, donc de plonger sans retour dans le grand bain de la société multiculturelle et de l’identité heureuse.
Peut-être nos enfants nous trouveront-ils à côté de la plaque. A rebours du prétendu sens de l’Histoire que nous ne cessons d’invoquer (à défaut d’arguments). Peut-être nous diront-ils qu’en élisant le jeuniste à tête d’œuf, nous nous croyions modernes, mais nous faisions en vérité le choix du conservatisme le plus figé. Qu’en imaginant sauver la démocratie, nous assurions un avenir en or à la lobbycratie, à la technocratie, à l’oligarchie. Peut-être, même, nous apprendront-ils qu’à l’ultra-libéralisme, au chômage de masse, à Schengen, à l’immigration massive, au communautarisme et au djihadisme, ils auraient préféré Marine Le Pen. Peut-être les plus cruels exhumeront-ils cette phrase de Lionel Jospin, en 2007 : « Avec le Front national, nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. Tout antifascisme n’était que du théâtre. » Peut-être, alors, nous demanderont-ils comment nous avons pu être si aveugles, si dénués d’esprit critique, si dociles aux propagandes ; comment nous avons pu si longtemps croire à la fable de la menace fasciste, et ne rien voir des menaces terribles et bien réelles qui se déployaient devant nos yeux. Comment nous avons pu si obstinément nous complaire dans des postures morales socialement avantageuses, tout en laissant le champ libre aux pires charognes. Parodier la résistance, pour mieux masquer notre collaboration au désastre…
Oui, peut-être nos enfants nous diront-ils qu’au lieu de nous boucher le nez, nous aurions mieux fait d’ouvrir les yeux. Qu’avec nos simagrées narcissiques de résistants de salon, nous avons été terriblement naïfs. Et qu’ils paient désormais très cher les conséquences de notre naïveté. Peut-être, même, nous en voudront-ils, de les avoir sauvés de la menace fasciste. Les ingrats.

Modernité et courage

« Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui […]
Le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant-coureur de la fin. »
Soljenitsyne
« Aucune vie, aucune brutalité sur terre
n’a fait verser autant de sang que la lâcheté humaine. »
Stefan Zweig
« Je ne suis pas sûr de réussir à faire comprendre l’effrayante solidarité qui lie certaines victimes complaisantes à leur bourreau. »
Bernanos

C’est l’œuvre d’un déséquilibré ; pas d’amalgame ; il ne faut pas stigmatiser ; cela n’a rien à voir avec l’islam ; attendons d’en savoir plus ; il souffrait de troubles mentaux ; il avait fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique ; ah bon, il a crié « Allah Akbar » ? ; il ne faut pas généraliser ; le terrorisme n’a pas de religion.
Votre routine de déni devient indécente. Répugnante. Votre fuite en avant dans l’aveuglement est odieuse. Lâche. Et coupable. Elle relève de la capitulation. De la complicité avec l’ennemi. Sauf que l’ennemi ne vous témoignera aucune gratitude pour avoir rampé devant lui… bien au contraire, il ne vous en méprisera que davantage… et vous ne serez pas les derniers à subir ses rigueurs…
A la nausée que provoquent les abominations des islamistes, vous ajoutez le spectacle écœurant de votre bonne conscience imperturbable. A la barbarie djihadiste, vous ajoutez la monstruosité de votre déni nonchalant. A la cruauté de ces terroristes, vous ajoutez l’inhumanité de votre angélisme. A la bassesse des islamistes, vous ajoutez la veulerie de votre soumission au politiquement correct. La vérité est que les horreurs engendrées par votre utopie multiculturelle vous laissent de marbre. Votre compassion ostentatoire est abstraite. Aride. Glaciale. Une bougie, un dépôt de peluche, un tweet narcissique (#JeSuisCharlie, #JeSuisNice ; mais le seul tweet qui vous siérait est #JeSuisComplice), une bonne niaiserie ronflante (« Vous n’aurez pas ma haine ») : voilà vos misérables réactions. Des petits rituels standardisés, impersonnels et hideusement lâches, qui vous épargnent toute remise en question de votre routine intellectuelle, toute réflexion de fond sur le moment historique que nous vivons. Le réel enterre vos dogmes l’un après l’autre ? Les évènements font voler en éclats vos foutaises idéologiques ? Peu vous importe : vous radotez de plus belle vos évangiles multiculturels, et prônez un renforcement de ce qui nous a menés à cet enfer. Comme si la fuite en avant dans l’erreur permettait de la rectifier…
Combien de temps encore allez-vous persister dans l’aveuglement ? Combien de temps encore allez-vous réciter le catéchisme médiatique ? Etre de serviles moulins à propagande ? De dociles perroquets des médias ? Combien de temps encore allez-vous vivre dans la soumission ? Ramper face au terrorisme intellectuel ? Croupir dans le mensonge et la lâcheté ?
Quand cesserez-vous de trembler ? Quand cesserez-vous d’avoir peur de tout, peur d’ouvrir les yeux, peur de prononcer des mots (tout en vous glorifiant, avec vos hashtags #NotAfraid et #TousAuBistrot, d’être de grands résistants) ? Quand cesserez-vous de craindre le réel ? Quand cesserez-vous de vivre à genoux ?
Combien de morts, combien de massacres de masse, de fusillades en terrasse, de décapitations en boîte de nuit, d’éviscérations en salles de concerts, d’égorgements dans des églises, combien d’écrasements de foules vous faut-il encore pour ouvrir les yeux ?
Tous ces morts nous regardent. Nous leur devons le respect. Nous leur devons le courage de nommer leurs bourreaux. Et de les combattre. Et pour cela, nous devons les connaître. Comprendre d’où ils viennent. Ce qui suppose de sortir de la pensée magique.
En effet, contrairement à ce que vous semblez « penser », ce qui nous arrive n’est pas une fatalité. Ni une malédiction divine. Il n’y a rien d’obscur, rien de surnaturel, rien d’inexplicable. Tous ces islamistes ne viennent pas d’apparaître sur le sol français, par je ne sais quelle œuvre de sorcellerie. Les centaines de Molenbeek qui gangrènent la France (et dont même le ministre de la ville actuel vient enfin de reconnaître l’existence) ne viennent pas de sortir de terre. Aussi étonnant que cela vous paraisse, ces poudrières islamistes ont une généalogie. Une histoire. Que vous refusez étrangement, et obstinément d’entendre.
Vous qui brocardez le supposé obscurantisme de vos ancêtres, et exaltez l’esprit logique, rationnel, cartésien qui serait le vôtre, vous semblez en l’espèce incapables de souffrir qu’on vous expose un raisonnement,  et d’y réagir à votre tour de manière rationnelle et argumentée. Vous apparaissez étrangement dogmatiques. Sectaires. Superstitieux. A l’intelligence de la situation, vous préférez des imprécations (« padamalgam ! »), des incantations (« le vivre-ensemble nous sauvera ») et des postures (« il ne faut pas stigmatiser »). Vous n’argumentez pas, vous prêchez. Vous ne démontrez pas, vous faites la morale. Avec vous, tout débat tourne au concours de vertu.
Il serait bon, pourtant, que vous mettiez enfin en œuvre vos émouvants principes. Qu’après les paroles, vous passiez enfin aux actes. Que vous accueilliez donc la contradiction avec la tolérance, le respect de la diversité et le refus de stigmatiser que vous prônez en permanence.
Soyez ouverts d’esprit, donc. Et tolérez d’entendre que les champions du vivre-ensemble qui, depuis cinq ans, enchantent votre quotidien — Adel Kermiche, Abdelmalek Petitjean, Mohamed Bouhlel, Larossi Abballa , Salah Abdeslam, Ismaël Omar Mostefaï, Samy Amimour, Foued Mohamed-Aggad, Yassin Salhi, Amedy Coulibaly, les frères Kouachi, Mehdi Nemmouche, Mohamed Merah — ne sont que la partie émergée de l’iceberg communautariste. Les premiers symptômes visibles par le grand public d’un mal très profond, ancré depuis longtemps dans notre pays. Un mal que nombre de Français endurent depuis des décennies, dans un silence médiatique assourdissant.
« Trop tard est un grand mot, un mot terrible de l‘histoire » a écrit Jacques Bainville. Toutes ces ordures qui kalachent, égorgent, éventrent, émasculent, écrasent et décapitent des innocents sont les révélateurs tardifs — trop tardifs, hélas — de la terrible sécession culturelle, identitaire, civilisationnellequi ronge la France depuis des années. Ces fumiers ne font que porter à incandescence la haine que nous vouent, à nous les céfrans, les faces de craie, les kouffars, les roumis, de très nombreux habitants des « territoires perdus ». Peu à peu, les Français vont ouvrir les yeux sur l’atroce réalité ; peu à peu, ils vont prendre conscience qu’une fracture très profonde s’est creusée. Que la France est en proie à une fragmentation communautariste gravissime. Farcie de métastases du cancer islamiste.
Puis, en examinant les profils des « terroristes », ils vont réaliser que ceux-ci sont étonnamment semblables. Et banals. Tous ces « soldats », comme ils aiment à s’autoproclamer pour se consoler de leur insignifiance, sont des clones. Des sosies insipides. Des merdeux interchangeables. Uniformes de bêtise, de vacuité, de nullité. Ces glorieux « combattants d’Allah » sont des êtres terriblement sommaires, dénués de toute finesse, totalement atrophiés du cœur et du cerveau. Qu’on pense seulement à ce morveux de 19 ans qui tire une fierté d’égorger un prêtre de 84 ans, un vieillard inoffensif et infiniment vulnérable — un homme de paix… Quel héroïsme, en effet. Quelle intelligence. Et quel courage. Et ce crétin pense qu’un tel geste le mènera au Paradis…drôle de Paradis… drôle de Dieu…
Il y a dans le comportement de ces charognes toute la bassesse, toute l’imbécillité, toute la stupide cruauté des racailles. Et ce n’est pas un hasard. Certains experts évoquent l’existence d’un continuum entre délinquance et terrorisme islamiste. Mais c’est bien plus qu’un continuum : c’est une identité. Ces terroristes islamistes sont des racailles. Rien de plus. Rien de moins (si tant est qu’on puisse être moins qu’une racaille). Ces hystériques de la kalach’ sont des petites salopes de banlieue schnouffées jusqu’à l’os, des délinquants sans envergure qui drapent leurs instincts immondes dans un charabia mystico-héroïque. Des esclaves de leurs pulsions, aussi piteux qu’abjects, qui voudraient nous faire croire que s’ils égorgent, violent et décapitent, c’est pour défendre la veuve et l’orphelin. Que s’ils partent en Syrie partouzer avec des petites filles de douze ans, rafaler des gosses, étriper des innocents et massacrer des villages entiers, c’est pour venger leurs frères opprimés. Que s’ils lancent des camions dans des foules, c’est pour faire advenir un monde plus juste.
La réalité est beaucoup plus prosaïque : ces islamistes sont des psychopathes assoiffés de sang, avides de viol, de violence et de meurtre, et qui trouvent dans certains versets du Coran et certains passages de la vie du Prophète des justifications à l’assouvissement effréné de leurs instincts abjects. Ces mêmes versets du Coran, ces mêmes passages de la vie du Prophète au nom desquels des attentats, massacres, viols et exactions en tous genres sont commis chaque jour dans le monde. Ces mêmes versets du Coran, ces mêmes passages de la vie du Prophète qui régissent la vie merveilleuse en Arabie saoudite, au Qatar et dans tous les pays où règne la chouette charia.
Puis, après avoir compris à qui ils ont affaire, les Français vont réaliser que ces bonbonnes à pulsions incontrôlables sont des milliers. Des dizaines de milliers. Et, bientôt, des centaines de milliers. Une armée de clones déterminés, froids et sans pitié, dont la vie est tellement vide qu’ils sont prêts à mourir pour assouvir leurs pulsions sadiques — qui consistent héroïquement à ôter la vie à des innocents.
Viendra alors la terrible question : pourquoi ? Que font tous ces givrés sur le sol français ? Comment se sont-ils faits ? Que s’est-il passé, pour que nous produisions de tels cinglés ?
Il faudra, pour répondre à ces questions, remiser définitivement les lunettes médiatiques. Envoyer paître les idéologues, les terroristes intellectuels et les petits roquets médiatico-politiques. Rester sourd à leurs jappements. Résister fermement à leurs intimidations. Arracher calmement, et inlassablement, les étiquettes que ces champions du fopastigmatiser collent sur toute personne qui ne pense pas comme eux — faute d’arguments. Traiter par le mépris leurs manipulations.
Oui, il faudra jeter aux orties leurs grilles d’analyse mensongères. Se déconditionner. Se désendoctriner, pour reprendre un terme en vogue. Dissiper les rideaux de fumée dont les faussaires médiatiques ont enveloppé la réalité. Expurger son cerveau des couches de propagande accumulées depuis trois décennies. Il faudra, enfin, libérer sa pensée des enjeux politiques et médiatiques pour regarder lucidement l’histoire de ces quarante dernières années.
Alors, les choses deviendront limpides. Et les coupables aisés à identifier. Car il y a évidemment des coupables : cette barbarie, répétons-le, n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’une longue chaîne de décisions, d’actions et d’inactions. Le cauchemar que de nombreux Français subissent déjà silencieusement depuis longtemps, et dans lequel nous entrons tous pour de longues décennies, résulte d’une accumulation de lâchetés, de complaisances, de renoncements, de capitulations, de sabotages, de destructions délibérées.
Les coupables se nomment grand patronat. Regroupement familial. Clientélisme électoral. Laxisme judiciaire. Enfumage médiatique. Terrorisme intellectuel. Ils se nomment également, et plus fondamentalement, déchristianisation. Et, bien sûr, islam. Voilà pour le cadre. Pour les grands déterminants.
D’un point de vue idéologique, les coupables se nomment utopie multiculturelle. Amour inconditionnel de l’Autre, poussé jusqu’à la haine de soi. Angélisme. Culture de l’excuse. Détestation de la France traditionnelle et, plus précisément, de son essence catholique.
Mais les premiers coupables se nomment Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. Ce sont eux qui, en 1976, ont lancé la folle machine démographique du regroupement familial.
Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac sont les incendiaires. Les créateurs d’enfer. Ils portent une responsabilité historique dans les souffrances qu’endure le peuple français depuis quatre décennies. Et ils sont comptables du chaos dans lequel est en train de sombrer la France, et des innombrables tragédies qu’elle va essuyer. Car il n’était nul besoin d’être bien malin pour prévoir que l’immigration massive, donc non assimilée, mènerait au repli identitaire, puis à la formation d’enclaves communautaristes, « d’Etats dans l’Etat » en sécession de la France. Il n’était nul besoin d’avoir fait Polytechnique (contrairement à Valery Giscard d’Estaing) pour deviner que si ces enclaves étaient nourries d’une vision de l’homme et de la femme aux antipodes de celle prévalant en dans le pays d’accueil, elles finiraient par s’y montrer hostiles, puis par lui déclarer la guerre.
Bien sûr, si Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac ont pris la décision criminelle de déraciner des millions d’hommes et de femmes pour les importer en France et créer en un temps record un enfer communautariste, c’est qu’ils servaient ainsi des intérêts considérables — les leurs et ceux de leurs semblables.
Ce qui ne veut pas dire qu’il y eut complot. Ni même concertation. Il y eut seulement une convergence entre des intérêts financiers, politiques et idéologiques. Il y avait les avides, qui souhaitaient exploiter l’immigration massive pour faire pression à la baisse sur les salaires ; les idéologues, qui y voyaient un moyen d’effacer les dernières traces de l’infâme et obscurantiste civilisation chrétienne ; et enfin tous les larbins du système, les suiveurs, les opportunistes, tous les prostitués politico-médiatiques et autres invertébrés qui gagnent leur vie à ramper devant le modèle dominant, quel qu’il soit.
L’immigration massive fut donc pour une part essentielle une exigence du grand patronat, qui entendait ainsi exercer une pression baissière sur les salaires. On connait la réponse désabusée de Pompidou à son ministre de l’Intérieur s’inquiétant des effets délétères de l’immigration sur la cohésion sociale et, à terme, la paix civile (ce dès 1972…) : « C’est le patronat qui l’exige ». Grand classique du libéralisme, déjà analysé par Marx en 1840 chez les patrons anglais qui, de la même manière, recouraient dans leurs usines à une main-d’œuvre irlandaise pour niveler par le bas le traitement de leurs salariés. Vu les enjeux financiers colossaux, on imagine l’enrichissement du personnel politique qui a fignolé et voté les lois scélérates ouvrant les vannes de l’immigration massive, et par conséquent de la prospérité du grand patronat — pour le peuple, c’est une autre histoire…
Exploitée par le grand patronat à des fins d’enrichissement, l’immigration massive le fut également par la classe politique à des fins électoralistes… et donc, indirectement, d’enrichissement. De l’échelon national au niveau local, un nombre incalculable d’élus utilisèrent (et utilisent) les immigrés comme du vulgaire, mais ô combien précieux bétail électoral. Il serait impossible de dresser la liste de tous les hommes et femmes politiques qui doivent leur carrière et leur train de vie à la trahison frénétique et incessante des valeurs républicaines (comme ils disent tout solennels, tout frémissants du blaze, ces escrocs).
Véritables faux-amis de la diversité, ces charlatans de la tolérance ont multiplié (et multiplient) les prosternations obséquieuses devant la communauté musulmane pour obtenir ses suffrages et ainsi continuer d’encaisser leurs grasses indemnités de traîtres à la nation. Financements à peine déguisés d’écoles coraniques et de mosquées via des baux emphytéotiques et la requalification de bâtiments cultuels en « espaces culturels », aménagement d’horaires réservés aux femmes dans les piscines, élaboration de menus halal dans les cantines, participation aux célébrations de ruptures du jeûne du ramadan (qui prennent, dans des villes comme Roubaix, la dimension de véritables marathons) : voilà quelques unes des courbettes de nos élus de la République — fièrement laïcs — devant leur clientèle musulmane. A tel point qu’on se demande si le mot « clientélisme » n’a pas été inventé pour désigner les rapports entre la classe politique française et les populations immigrées.
Le seul problème, c’est que ce clientélisme (qui est d’ailleurs un grave corollaire des systèmes dits démocratiques — mais ce débat mériterait de longs développements), en enfermant les immigrés et descendants d’immigrés dans leur identité d’origine, les a délibérément maintenus à l’écart de la communauté nationale. Ce qui n’empêche pas les responsables de cette fracture de déplorer toute honte bue l’apartheid qui sévirait en France… 
Plus grave : cette assignation à l’identité d’origine ayant pour cadre un pays où prévaut un autre modèle identitaire, elle ne pouvait être totale. L’influence de la norme dominante devait se faire sentir, d’une façon ou d’une autre. Que ce soit par un désir spontané (et plus ou moins conscient) de s’assimiler à la communauté d’accueil, ou par les exhortations épisodiques à l’assimilation que formulaient malgré tout certaines personnalités politiques, médiatiques et intellectuelles, les immigrés et leurs descendants se sont trouvés tiraillés entre des aspirations et injonctions contradictoires. Devenez français, mais revendiquez vos origines. Assimilez-vous, mais cultivez vos différences, qui sont autant de chances. De cette indécision, de cet empêchement de trancher a résulté un flou identitaire épouvantable. Un véritable enfer intérieur. Peu de souffrances, en effet, sont plus aiguës que le chaos identitaire. Le défaut d’identité est un supplice. Errer perpétuellement dans un univers identitaire flottant, bancal, nébuleux, constitue une authentique torture.
Cette souffrance identitaire, souvent aggravée par l’absence de figure paternelle, est à la racine de l’extraordinaire violence des « jeunes » de banlieue. Leur folle impulsivité, leur nervosité indomptable, leur effarante agressivité résultent de ce flou identitaire, de la destruction en eux de tout repère, de toute structure propres à juguler leurs instincts.
Et on ne le répétera jamais assez : le grand patronat et la quasi-totalité de la classe politique sont les responsables de ce carnage. Ce sont eux — et non le peuple français — qui ont organisé ce véritable crime de masse ; ce sont eux qui ont sacrifié des générations entières de « jeunes » — sans parler du peuple français qui en est victime — à leurs intérêts financiers et électoraux. Avec un cynisme inouï, ils les ont dépouillés de tous les moyens de se contrôler, donc de grandir, donc de s’accomplir — tout en les flattant et en les gavant d’allocations ; tout en les flattant et en les gavant d’allocations, ils les ont rendus esclaves de leurs instincts, et donc terriblement nocifs pour la société. L’explosion sur les trente dernières années de la criminalité, des taux de vol, de viol et de violence, et de la population carcérale, est en grande partie la conséquence de ce saccage identitaire (et qu’on ne vienne pas m’opposer les poncifs de la « pauvreté » et de la « misère sociale » pour expliquer la délinquance : les trois départements les plus pauvres de France — le Lot, le Cantal et la Creuse — sont aussi les moins criminogènes).
Mais à cette situation, déjà terrible, est venu s’ajouter un facteur aggravant : les allégeances musulmanes de ces « jeunes ».
En effet, à part dans l’esprit logique, cartésien et rationnel des lecteurs de Libé, pour lesquels il n’y a aucun lien entre immigration et islam (c’est bien connu, l’immigration maghrébine qui submerge la France depuis quarante ans est essentiellement bouddhiste), il est un fait que les millions de Maghrébins arrivés en France ces dernières décennies (la population d’origine algérienne a été multipliée par 20 depuis 1950 ; l’immigration subsaharienne a été multipliée par 50 en 40 ans) ont amené avec eux une culture, une civilisation, une religion. Cette culture, cette civilisation, cette religion ont diffusé dans les quartiers où le grand patronat philanthrope et la classe politique humaniste les avaient parqués, jusqu’à y devenir la norme dominante. Cela a d’ailleurs engendré, pour les Français réfractaires à ce nouveau modèle de civilisation, un véritable exode, que les historiens documenteront peut-être un jour. Cela a également provoqué, avec une nette accélération ces dernières années, un phénomène d’« assimilation à l’envers » de certains « Français de souche », que ce soit par intérêt, par adhésion délibérée ou par cession à la pression du modèle dominant. Par la conjonction de cet exode et de cette assimilation à l’envers, les « territoires perdus » sont désormais homogènes culturellement ; ils ont fait sécession du reste de la France.
Cette composante musulmane, longtemps restée en sourdine chez la plupart des « jeunes », effectue aujourd’hui un puissant retour en force. En effet, après de longues années marquées par la violence, la délinquance, la drogue, la consommation frénétique et idiote — bref, par la vacuité de la « civilisation » occidentale contemporaine, que seuls les incultes croient encore en filiation avec l’Europe chrétienne —, ces jeunes sont arrivés au bout de l’impasse. Au bout de l’ennui. L’absurdité, la vanité de cette existence sont trop manifestes. Elles deviennent invivables. En effet, même une racaille crétinisée jusqu’à la moelle est susceptible de vouloir donner un sens à sa vie. Or les religions (les vraies, pas les fadaises mystico-nombrilistes modernes) sont de puissants pourvoyeurs de sens. Mais quelle religion choisir ? Le catholicisme, religion historique de la France ? Bien sûr que non : comme chacun sait, le catholicisme est une religion réactionnaire, fasciste, ringarde, obscurantiste, pédophile, inquisitrice, collaborationniste, et qui de surcroît n’a jamais produit que du malheur et de la laideur. C’est en outre la religion des boloss. Elle a été suffisamment raillée, ridiculisée, salie, calomniée pour que plus personne ne veuille s’approcher de ce bâton merdeux. Et puis, de par leurs origines, ces jeunes sont évidemment enclins à adopter l’islam. C’est ce qu’ils font.
Ils se ruent sur l’islam avec une ferveur à la mesure de leurs carences identitaires. Ils s’imprègnent de ce baume, s’en remplissent, s’en saturent, en dégoulinent, trop heureux d’enfin trouver une consistance, une signification à leur existence. Avec l’excès de zèle typique des nouveaux convertis, ils se livrent à une surenchère de rigorisme, d’autant plus délicieuse que les textes islamiques apparaissent, en de nombreux passages, justifier leurs comportements violents, machistes, homophobes et antisémites. L’islam est à leur vide identitaire ce que l’acide nitrique est à la glycérine. Il exacerbe leurs pulsions tout en les nimbant d’un certain prestige, d’un baratin pseudo-spirituel qui transfigure leurs exactions en actes héroïques au service d’Allah.
Le parcours des terroristes qui ont frappé la France ces dernières années est emblématique de ce cheminement : tous des petites frappes de banlieue, délinquants multirécidivistes, connus des services de police selon l’expression tristement consacrée, toxicomanes pour la plupart, ils ont fini par résoudre leur errance identitaire par un surinvestissement de la composante musulmane de leur identité.
Car le corpus de textes de l’islam, que les islamolâtres médiatiques et autres désinformateurs professionnels le veuillent ou non, comporte de nombreuses incitations à la violence. Ce qui ne veut pas dire, bien évidemment et fort heureusement, que tous les musulmans y souscrivent. Ce qui ne veut pas dire, bien évidemment et fort heureusement, qu’il faut regarder « les musulmans » comme une communauté homogène, uniformément menaçante. Ce serait imbécile, et profondément injuste pour tous les musulmans qui pratiquent leur foi avec discrétion et tempérance. De manière plus générale, réduire un homme aux obédiences dont il se réclame est une erreur de l’intelligence, et une faute du cœur. Mais il est une autre erreur de l’intelligence : c’est de refuser de se renseigner. De s’obstiner à ne pas savoir. Bref, de faire le choix de l’obscurantisme…
Or il suffit de lire : de nombreux versets du Coran exhortent à la conquête, à la soumission et au châtiment des infidèles par la menace, la violence, voire le meurtre. Il suffit de lire : de nombreux épisodes de la vie du Prophète — la référence suprême — consistent en des fourberies, des viols, des assassinats, des massacres de masse. Ce sont de vrais versets du vrai Coran que les « terroristes » invoquent pour justifier leurs exactions ; c’est à l’histoire vraie du Prophète qu’ils se réfèrent pour légitimer leurs atrocités. C’est encore l’islam qui régit les mœurs, les normes sociales, la politique pénale et la condition des femmes en Arabie saoudite, au Qatar, en Afghanistan (que les fanatiques du déni aillent y faire un tour, ils vont se prendre un sacré coup de réel sur la tête)… C’est cet islam dont se réclament les fondamentalistes qui, d’ores et déjà, occupent de nombreux bastions en France et en Europe (les fameux « territoires perdus »), et entendent soumettre l’ensemble du pays et du continent.
Face à cette menace, que faisons-nous ? Nous affaiblissons notre force publique. Nous affaiblissons nos renseignements. Nous affaiblissons notre justice. Nicolas Sarkozy a supprimé la double peine ; les renseignements généraux ; 54 000 postes de militaires ; 12 000 postes de policiers et de gendarmes ; 2 000 poste des douaniers. Via sa garde des sceaux Rachida Dati, il a institué un laxisme judiciaire sans précédent. Avec lui, les remises de peine — divisées par deux — sont devenues automatiques, les aménagements de peines quasi-systématiques. Plus sidérant encore, l’article 48 du projet de loi pénitentiaire de 2009 enjoint les juges d’application des peines de ne pas faire appliquer les peines de prison ferme de moins de deux ans. Pincez-vous, frottez-vous les yeux tant que vous voudrez : vous avez bien lu. En 2009, 80 000 peines de prison n’étaient pas effectuées. Il y a plus de viols chaque année que de places de prison. 75 000 viols par an, 67 000 détenus. Chaque année, au moins 500 violeurs, après condamnation, ne vont pas en prison. Un violeur n’effectue quasiment jamais plus de la moitié de la peine à laquelle il a été condamné. Et certains s’interrogent encore sur les causes de la récidive… et se grattent le crâne quand on leur parle d’explosion de la criminalité…
Christiane Taubira, que nombre de sarkolâtres fustigent pour son laxisme criminelet le sentiment d’impunité qu’elle suscite chez les délinquants, ne fait en réalité que mettre ses pas dans ceux de Rachida Dati. Contrairement à ce que croient les amnésiques volontaires, cette grande humaniste n’est pas à l’origine du laxisme ; elle le prolonge, et l’amplifie. Dans le domaine pénal plus encore qu’ailleurs, c’est bien « l’alternance unique » chère à Michéa qui est à l’œuvre depuis trente ans. « Gauche » et « droite » confondues, nos lois et leur application relèvent de la même idéologie. « Gauche » et « droite » confondues, notre réponse pénale est régie par le même angélisme, la même culture de l’excuse, la même compassion effarante pour les bourreaux, et le même mépris inouï pour les victimes. En tout cas le message a été bien reçu. La délinquance est le seul secteur en croissance en France. Cette délinquance qui, répétons-le, est le terreau du terrorisme islamiste… des bataillons intarissables…
Ce désarmement généralisé alors que la menace enfle, que les caves des cités se remplissent de kalachnikovs, que l’islam rigoriste étend son emprise, qu’une contre-société de plus en plus hargneuse multiplie les gestes d’hostilité, a un précédent troublant. C’était il y a plus de quatre siècles. En 1560. Deux ans avant qu’éclate en France une effroyable guerre civile… L’attitude adoptée alors par le chancelier L’Hospital (assistant la reine mère Catherine de Médicis pendant l’enfance de Charles IX) vis-à-vis du protestantisme présente d’étonnantes similitudes avec l’attitude actuelle de nos « élites ». L’Hospital a cru éviter l’affrontement avec les protestants en cédant à leurs revendications communautaristes (comme on ne disait pas à l’époque). En réalité, il n’a fait que les enhardir : en semblant légitimer leurs exigences, il les a incités à la surenchère. Il n’a pas vu l’engrenage funeste dans lequel il entrait ; pas compris qu’aucune concession ne suffirait jamais ; que chaque revendication satisfaite en appellerait une nouvelle, dans un cercle vicieux sans fin. Michelet, presque malgré lui, fustige cette naïveté criminelle : « Aux flots de la mer soulevée, aux éléments furieux, au chaos il dit : « Soyez rois. » » Que n’aurait-il dit de Sarkozy, qui a fait de l’Union des organisations islamiques de France l’interlocuteur privilégié de la République sur les questions d’islam ? L’Union des organisations islamiques de France, émanation des Frères musulmans, classée terroriste par de nombreux pays, dont l’Egypte et les Emirats arabes unis…
Mais l’analogie ne s’arrête pas là : car en même temps qu’il ployait sous la pression communautariste, L’Hospital, ce Sarkozy avant l’heure, affaiblissait considérablement la force publique. Au moment même où les tensions croissantes, et les menaces de plus en plus manifestes, nécessitaient au contraire un renforcement d’une ampleur sans précédent, il décidait de diminuer les effectifs et les traitements de la police intérieure. En affermissant la puissance des protestants, et en affaiblissant celle de l’Etat, L’Hospital-Sarkozy n’a pas empêché l’affrontement : il l’a simplement retardé, et rendu plus violent. Plus sauvage. Plus chaotique. L’Hospital-Sarkozy porte une responsabilité majeure dans les horreurs qui ont marqué les quatre dernières décennies du XVIème siècle — jusqu’à l’Edit de Nantes —, ainsi que dans les vives tensions qui persistèrent durant les quatre premières décennies du XVIIème.
De la même manière, la couardise, l’angélisme, les capitulations incessantes de nos dirigeants actuels nous mènent au bain de sang. Ce n’est pas une prévision apocalyptique ; cela a commencé… La comparaison, cependant, ne peut être prolongée : car « l’affrontement » qui approche sera d’une toute autre nature que celui qui, à l’époque, opposa catholiques et protestants. Il n’y aura pas de Saint-Barthélemy. Ou alors, à la rigueur, une Saint-Barthélemy inversée. Mais non, décidément, le parallèle n’est pas pertinent : car à l’époque, les deux camps avaient quelque chose à défendre, et étaient prêts à se battre ; nous n’avons rien à défendre, et ne sommes prêts qu’à nous soumettre. Certes, il y aura des actes de résistance, héroïques et désespérés ; mais la reddition de la majorité fait peu de doutes. Il suffit de voir les réactions…« Vous n’aurez pas ma haine », « Pas d’amalgame », « Je suis Charlie », « Paix »… Comme si on combattait la barbarie avec des slogans et des bons sentiments…
C’est que ces dernières décennies s’est déroulé quelque chose de bien plus grave que le désarmement de nos renseignements, de notre police et de notre justice : c’est notre désarmement moral.
En effet, pour mettre à l’abri de toute critique leurs agissements abjects, le grand patronat, la classe politique et les francophobes de tous poils ont érigé une forteresse de propagande sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Relais médiatiques, politiques, associatifs et syndicaux : une fantastique armada idéologique s’est déployée qui, inlassablement, a occulté, falsifié, dénaturé la réalité, et terrorisé ceux qui s’obstinaient à utiliser leurs yeux et leur intelligence pour appréhender le monde. Sous la pression, ces derniers se sont faits de plus en plus rares ; peu à peu, les réflexes ont remplacé la réflexion ; les slogans ont remplacé la discussion ; les intimidations ont remplacé l’argumentation. Les débats ont tourné au concours de vertu. On n’expliquait plus, on prêchait. On ne démontrait plus, on insultait. Bref, on laissait un système d’essence authentiquement fascisteimposer son hégémonie sur la vie des idées, tout en bêlant contre la prétendue « menace fasciste » qu’incarnaient ceux qui le critiquaient… On récitait le catéchisme médiatique sans le moindre recul critique, tout en donnant de pompeuses leçons d’esprit critique… On devenait un parfait perroquet des médias, tout en croyant développer une pensée personnelle. On se vautrait dans le prêt-à-penser le plus dogmatique et le plus sectaire, tout en se proclamant un magnifique héritier des Lumières et de la Raison… On tournait moulin à propagande, tout en dénonçant héroïquement la propagande qui sévirait ailleurs, en Russie par exemple. Mais c’est bien connu : la propagande, c’est toujours chez les autres…
Ce pilonnage incessant des esprits a permis d’imposer un silence de plomb sur LE phénomène capital de ces quarante dernières années : l’immigration massive. Il a permis de masquer les formidables mutations à l’œuvre dans les « territoires perdus ». Il a empêché que soit connue l’ampleur du repli identitaire dans les « quartiers », et par conséquent que soient plébiscités des décideurs qui souhaitaient enrayer cette folie. Plus fourbe encore, cette extraordinaire campagne d’endoctrinement a réussi le tour de force de retourner les torts : toute critique de la politique authentiquement raciste du grand patronat et de la classe politique fut taxée de… racisme. Condamner l’exploitation des immigrés à des fins lucratives et clientélistes ? Raciste ! Déplorer la fracture communautariste, et suggérer de la résorber par l’assimilation ? Raciste ! Glorifier la culture française tout en pensant que chacun, quelles que soient sa couleur de peau, son origine ethnique, est capable de se l’approprier ? Raciste ! Par le miracle de cette propagande en miroir, ceux qui dénonçaient l’immigration massive devenaient des racistes, des fascistes, quasiment des nazis ; et ceux qui l’exploitaient étaient des humanistes. Les exploiteurs de la misère humaine drapés dans la vertu, et salissant ceux qui s’opposent à leurs sombres œuvres. Le sommet du cynisme…
L’opération de dressage « Touche pas à mon pote » fut à ce titre un chef-d’œuvre de perversité. Cette campagne de culpabilisation — la plus emblématique et la plus odieuse de ces trente dernières années — s’est révélée doublement délétère : d’une part, elle a empêché toute critique du phénomène migratoire (assimilée à du racisme) et toute exigence d’assimilation (vue comme une ratonnade en puissance) ; d’autre part, elle a ancré dans l’imaginaire des populations immigrées le fantasme d’une menace raciste et xénophobe. Prodigieuse perfidie du slogan : en prétendant les protéger d’une hostilité imaginaire, elle a suscité chez les populations immigrées une défiance et une hostilité bien réelles, elles, envers le peuple accueillant — tout en désarmant ce dernier. Paranoïa d’un côté, mauvaise conscience de l’autre : voilà les fruits toxiques de cette campagne stalinienne, qui a largement contribué à monter les Français les uns contre les autres… tout en condamnant, avec une mauvaise foi et un culot prodigieux, « ceux qui montent les Français les uns contre les autres, qui « cherchent à diviser les Français » et « refusent le vivre-ensemble »… Mais c’est précisément l’assimilation, et elle seule, qui permet le « vivre-ensemble » ; cette assimilation que les rentiers de l’antiracisme ont criminalisée, fascisée, nazifiée, et finalement rendue impossible (il est vrai que sinon, ils se seraient retrouvés au chômage technique). Ainsi, à partir d’une situation tranquille et gérable a priori, les charlatans de l’antiracisme ont créé de toutes pièces un enfer communautariste, où les uns s’imaginent persécutés et les autres persécuteurs. Magnifique malentendu. En langage courant, c’est ce qu’on appelle foutre la merde. Les antiracistes sont des fouteurs de merde. Pire : au vu des derniers développements de la haine qu’ils ont instillée, les antiracistes sont des fauteurs de guerre. Mais cela ne les empêche aucunement de poursuivre leur œuvre de fragmentation du peuple français. En témoigne leur dernière trouvaille : le procès en islamophobie. C’est, à trente ans d’intervalle, le portrait craché de « Touche pas à mon pote ». Il poursuit exactement les mêmes buts, et procède exactement de la même « logique » : mettre hors de portée de la critique un phénomène — l’islamisation de la France — en faisant croire que ceux qui l’incarnent seraient menacés par d’infâmes « islamophobes », des fachos, des bas du front prêts à sévir contre eux avec la plus grande violence. Ce qui provoque naturellement une défiance et un raidissement chez les musulmans, alors enclins à interpréter toute critique ou demande de conciliation de leurs préceptes religieux avec les normes occidentales comme une agression relevant de l’islamophobie. « Touche pas à mon pote » et l’imputation d’islamophobie : même combat, mêmes méthodes, même sournoiserie. Prôner la tolérance, mais attiser la défiance. Prêcher l’apaisement, mais susciter la psychose. Louer la fraternité, mais exacerber le repli communautariste. Exalter la paix, mais mener à la guerre. Confusion du langage du bien et du mal, pour paraphraser Nietzsche… Le prince des contrefaçons en pleine action…
Ininterrompue depuis trente ans, cette longue chaîne de manipulations, de propagande, de terrorisme intellectuel a fonctionné au-delà de toutes les espérances. Les notables de l’antiracisme ont gagné. Ils ont soumis le peuple, après l’avoir sali. Trois longues décennies de conditionnement, d’endoctrinement, de dressage idéologique ont totalement désarmé les Français. Ils n’osent plus rien dire, de peur de passer pour des fachos. Ils n’osent plus rien penser. Ils n’osent plus rien voir.
Il faut sentir leurs raidissements, leurs crispations, la terreur qui leur vrille l’estomac dès qu’on effleure le sujet de l’immigration. Il faut voir leurs regards paniqués, leurs mâchoires qui se serrent à bloc, leur précipitation désespérée à changer de sujet quand ils entendent le mot « islamisation ». La terrible vérité est que, pour la plupart, les Français ont intériorisé les insultes que la nomenklatura antiraciste leur déverse sur la tronche depuis trente ans. Ils ont fini par accepter les crachats. Par trouver normal ce bombardement d’injures. Ils ont fini par se dire qu’il devait bien y avoir une bonne raison, s’ils se faisaient pourrir ainsi. Qu’ils devaient bien tout compte fait être d’énormes immondes dégueulasses, puisque tout le monde semblait s’accorder sur ce point.
Les Français sont humiliés. Rabaissés. Tétanisés par la culpabilité, alors qu’ils n’ont rien fait (qu’on me cite un seul, je dis bien un seul acte raciste d’envergure commis par un Blanc ces trente dernières années). « Liberté d’expression ! », glapissent les bataillons de Charlie en brandissant triomphalement leurs crayons. Et ces archétypes de la pensée magique croient que leurs incantations puériles recouvrent une quelconque réalité. Mais la réalité est que les Français n’ont jamais été aussi peu libres de s’exprimer. Jamais été aussi peu libres de critiquer. Or, comme disait Philippe Muray, « plus on critique, plus on comprend ». Mais les Français préfèrent la préservation de leur existence sociale à la critique, et donc à la compréhension du monde. On ne peut pas leur en vouloir. La pression est immense.
Quoi qu’il en soit, les historiens écriront que notre ennemi a prospéré pendant quarante ans sans que nous en sachions rien. Ou plutôt, sans que nous n’ayons le droit d’en dire, ni même d’en penser quoi que ce soit. L’opération de désinformation, d’escamotage de la réalité et de dressage idéologique que nous subissons depuis trente ans est un succès sans précédent. Il s’agit, à n’en pas douter, de la plus grosse manipulation de masse jamais menée. Staline doit en pâlir de jalousie d’outre-tombe. Réussir à dissimuler pendant plusieurs décennies une réalité aussi massive, aussi décisive, aussi préjudiciable à l’avenir du pays, cela relève du prodige. Du chef-d’œuvre de propagande. Ce serait admirable, si ce n’était cauchemardesque. Ce serait grandiose, si ce n’était criminel.
Pourtant, cette humiliation doit cesser. Notre duperie doit prendre fin. C’est, désormais, une question de vie ou de mort. Car si nous ne retrouvons pas le courage d’ouvrir les yeux et de dire les choses, nous ne trouverons a fortiori jamais le courage de nous battre. Or il faudra se battre, ou se soumettre. L’alternative, maintenant, est celle-là. C’est la seule. Voilà où nos dirigeants nous ont menés.
Il faudra donc commencer par rejeter l’ensemble de ces « dirigeants », qui nous ont dirigé tout droit en enfer. Opposer une fin de non-recevoir aux boniments de cette classe politique qui, depuis quarante ans, n’a rien fait pour empêcher l’immigration massive, ni pour résorber la fracture communautariste. On juge l’arbre à ses fruits : ces apparatchiks ne méritent pas la moindre considération, ni le moindre crédit. Ils ont trop menti, manipulé, désinformé, trahi, et détruit ; ils ont fait trop de mal. Leur parole est définitivement démonétisée. Leur nuisance définitivement avérée.
Il faudra aussi, bien sûr, cesser d’être dupe de l’escroquerie sémantique consistant à employer indifféremment « Union européenne » et « Europe ». Il faudra enfin dissiper les rideaux de fumée médiatiques, et comprendre que l’Union européenne, loin de pouvoir être confondue avec l’Europe, en est l’ennemie mortelle. L’Union européenne est intrinsèquement, passionnément immigrationniste. D’une part car elle voue une haine profonde à la civilisation européenne, c’est-à-dire chrétienne ; d’autre part car son logiciel économique, d’essence esclavagiste, la pousse à vouloir réduire toujours plus le coût du travail, jusqu’aux limites de l’absurde et de la cruauté.
L’Union européenne réalise la plus belle synthèse des idéologues qu’on puisse imaginer. Elle est l’alliance magnifique entre les citoyens du mondeprogressistes, antiracistes, multiculturalistes, et le grand patronat ultralibéral ; entre les utopistes et les esclavagistes. L’angélisme au service de la cupidité… classique… Il suffit de penser au traité de Schengen, la mise en œuvre la plus dévastatrice de l’idéologie sans-frontiériste et de l’utopie de libre-circulation ; il suffit de considérer le traité de Lisbonne (2007), par lequel l’immigration est devenue une compétence communautaire (c’est-à-dire relevant non plus de l’unanimité, mais de la majorité qualifiée du Conseil) ; il suffit d’observer la gestion criminelle par l’UE de la crise des « migrants » ; il suffit, surtout, de lire le premier article des Principes de base communs de l’Union européenne en matière d’intégration des immigrants (2004). Cette profession de foi multiculturaliste (où l’injonction de propagande se trouve à peine voilée) se passe de commentaires :
« 
« L’intégration est un processus dynamique, à double sens, de compromis réciproque entre tous les immigrants et résidents des pays de l’UE ». La Commission propose au niveau national:
·              de renforcer la capacité de la société d’accueil à s’adapter à la diversité;
·              de renforcer le rôle du secteur privé dans la gestion de la diversité;
·              de promouvoir la confiance et les bonnes relations dans les quartiers;
·              d’encourager la coopération avec les médias.
 »
Oui, il faut que tombent les masques, afin que l’Union européenne apparaisse comme ce qu’elle est : un ennemi essentiel des peuples européens et de la civilisation chrétienne. Il faut donc la rejeter de toutes nos forces, sans la moindre réserve, ni la moindre concession. Elle nous est hostile de naissance. Par construction.
Mais ces mesures d’ordre politique, si elles sont d’une urgence vitale, ne suffiront pas. Il faudra aller beaucoup plus loin. C’est une véritable révolution intellectuelle, psychologique, et spirituelle qui sera nécessaire. Car le véritable problème qui se pose à nous n’est pas un problème de politique ou d’institutions ; c’est un problème de civilisation. Il faudra commencer par systématiquement remettre en cause le langage de l’oligarchie médiatico-politico-artistique, pour en finir avec les mots qui mentent ; il faudra notamment réaliser que le concept de « civilisation occidentale » est une escroquerie. Que cette locution n’a plus aucun sens, dans l’Occident d’aujourd’hui. En effet, les productions artistiques, la vie intellectuelle, les normes sociales, les ambitions existentielles, le système de valeurs, l’anthropologie dont procède l’Occident contemporain ne méritent pas le beau nom de civilisation. Ils n’ont plus aucun lien avec la civilisation occidentale fondée à Athènes et à Rome, celle qui pendant des siècles a inondé le monde de beauté, et offert à l’homme de livrer les plus bouleversants témoignages de sa dignité. Il faut bien comprendre que cette civilisation a été effacée. Par conséquent, et contrairement à ce qu’on peut entendre et lire, les islamistes ne détruisent pas notre civilisation : ils prospèrent sur ses ruines.
« Détruisez le christianisme et vous aurez l’islam » avait prophétisé Chateaubriand. En détruisant le catholicisme, nous avons arraché le cœur de la civilisation européenne. Et nous nous étonnons qu’elle meure… Et nous persistons à rejeter le catholicisme au nom de la sacro-sainte laïcité, et de tous les poncifs diffamatoires colportés sur lui depuis la Révolution. En effet, malgré les innombrables témoignages de la beauté, de l’intelligence, de la grandeur du catholicisme qui pendant des siècles a transcendé l’Europe, malgré Saint Louis, Saint Thomas d’Aquin, Rome (capitale du catholicisme, et capitale de la beauté ; coïncidence ?), les cathédrales, les églises, les abbayes, les tableaux, la musique, les œuvres de charité, personne de nos jours ne doute que le catholicisme est une religion obscurantiste, obtuse, arriérée, cruelle, pédophile, misogyne, homophobe, réactionnaire, superstitieuse, ennemie de la raison, de la science et de l’intelligence. Puissance des stéréotypes… Ravages de la propagande post-révolutionnaire, matraquée sans discontinuité jusqu’à aujourd’hui…
« Dieu rit de ceux qui déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes » écrivait Bossuet. Nous mourons de notre vacuité spirituelle. De notre rejet de toute transcendance. De notre dérision pour ce qui nous ferait grandir. De notre haine pour ce qui nous rendrait libres.
Nous prenons pour le triomphe de notre raison ce qui n’est que le renoncement à notre âme.
Sayyid Qutb, penseur des Frères musulmans, touche du doigt une vérité quand il écrit : « L’islam ne peut que gagner, car la modernité est intrinsèquement incapable d’étancher la soif de spiritualité de l’homme. »…
Il est grand temps de rejeter les valeurs desséchantes de la prétendue « modernité », et de devenir attentifs à notre soif de spiritualité. Il est grand temps de renouer avec notre âme. Il est donc temps de réhabiliter le catholicisme. De balayer le prêt-à-penser cathophobe accumulé contre lui depuis deux siècles. De regarder avec clairvoyance les fruits magnifiques qu’il a produits, pendant des siècles et des siècles.
Ce sera un énorme effort intellectuel, qui nous conduira à relire toute l’Histoire sous une lumière nouvelle. A dissiper le fatras de clichés qui peuplent notre tête. A rejeter les caricatures, à démonter les contrevérités dont on nous a farci le cerveau. A réfuter les énormités historiques que nous prenons pour des certitudes, à force des les avoir lues et entendues partout.
Oui, il faudra se débarrasser du catéchisme anticatholique qu’on nous a rentré dans le crâne à grands coups de propagande. Réaliser que l’Europe ne fut grande que tant qu’elle fut irriguée par le catholicisme.
Ce sera alors la fin d’une immense imposture. Et le début de nombreux éclaircissements. Bref, une libération. Certes ce sera aussi, dans un premier temps, une douloureuse blessure narcissique. Admettre que nous avons été dupés, manipulés, que tout ce que nous croyions penser sur le catholicisme n’était qu’une gigantesque intoxication, un tissu de propagandes et de désinformations, cela ne se fera pas sans secouer sévèrement notre ego. Mais cette blessure de notre fierté sera toujours moins douloureuse que celles qui nous menacent, si nous ne faisons pas cet effort de lucidité.
Nous n’avons pas le choix : il faut que notre civilisation renoue avec ses racines spirituelles. Il faut que de nouveau, le souffle du catholicisme l’anime, la fortifie, et lui inspire le sens du dépassement qui a fait sa grandeur. Il faut redonner une âme à notre civilisation. Tout le reste n’est que vaines gesticulations. Sans cette révolution intellectuelle et spirituelle, qui n’est pas un retour en arrière mais au contraire un formidable bond en avant, l’Occident ne survivra pas aux attaques dont il est la cible. Ou plutôt, il ne renaîtra pas. Car il est déjà mort.

Le tourisme est une névrose

 
Quand on ne trouve pas son repos en soi-même, il est inutile de le chercher ailleurs.
La Rochefoucauld
 
Parmi les personnages ridicules autant qu’ignominieux que produit notre époque, le touriste occupe une place de choix. La première, en vérité. Le haut du podium.
Le touriste est la quintessence, si l’on peut dire, du désastre anthropologique contemporain. Il condense avec une rare exhaustivité les caractéristiques les plus lamentables de l’anthropoïde actuel, cet être puéril, capricieux, obsédé par son nombril, incapable de s’en détacher pour porter au monde de l’attention et de la délicatesse ; cette baudruche perpétuellement dissipée, dépourvue de toute consistance, de toute vie intérieure, et donc frénétiquement exhibitionniste ; ce pitre tellement incapable de vivre par et pour lui-même qu’il partage les moindres détails de sa palpitante existence sur les réseaux sociaux, et juge de leur valeur au nombre de clones anonymes qui applaudissent à ses gesticulations narcissiques. Ce connecté compulsif, toujours en représentation, quémandant les like et les retweets qui conféreront un semblant de sens à ses déambulations d’esclave. Ce mouton bouffi d’autosatisfaction, glorifiant sans cesse sa « personnalité » formatée, tragiquement inconscient de son suivisme et de sa vulgarité.
 
Le touriste, dis-je, est tout cela. Et bien plus encore. Le touriste contemporain, en tout cas. En effet, à la faveur des fantastiques mutations anthropologiques survenues ces dernières décennies — et qui ont essentiellement consisté à l’infantiliser —, « l’homme » dans sa version contemporaine n’a plus rien à de commun avec son ancêtre l’adulte accompli. Ici, comme en tant d’autres domaines, le nom a survécu à la transformation du contenu. Puérilisé sans retour, et donc dénué de Surmoi, le bipède contemporain ne s’équilibre plus qu’entre pulsions, narcissisme et exhibitionnisme.
Certes, les pulsions, le narcissisme et l’exhibitionnisme sont des moteurs essentiels de la psyché humaine, sans lesquels rien de grand n’est possible. Certes, les pulsions, le narcissisme et l’exhibitionnisme constituent l’énergie psychique de l’individu, et on commettrait une erreur gravissime en les éradiquant. Certes, comme le disait La Rochefoucauld, « les vices entrent dans la composition des vertus comme les poisons entrent dans la composition des remèdes » ; mais cette vision de l’homme, qui a régi l’humanité pendant des siècles — avec un succès indéniable —, ne signifie pas qu’il faille donner toute leur expansion à nos « vices ». L’enjeu consiste au contraire à en jouer habilement, à exploiter ces formidables ressorts de l’action humaine tout en les bridant, en les canalisant, en les civilisant par des principes plus nobles. Non pas à exalter, encore moins à anéantir ces penchants, mais à les tempérer.
Ainsi, pendant des siècles, leurs manifestations trop tapageuses était réprouvées socialement ou, plus efficace encore, ridiculisées — l’œuvre de Molière en est probablement le témoignage le plus éclatant. Mais on veillait à ne pas les supprimer. L’idée était d’obtenir un équilibre, subtil et instable, entre inclination aux turpitudes et aspiration au grandiose — entre Ça et Surmoi, pour parler en freudien. De cette dualité naissent en effet une contradiction, une dialectique extrêmement fécondes en dehors desquelles, à vrai dire, rien d’intéressant ne se produit…
Aujourd’hui, cet équilibre n’est plus. Tout s’est écroulé. A l’impératif de discrétion a succédé l’impératif d’exhibition. A l’injonction de retenue a succédé l’incitation à l’avachissement. A l’exhortation à la modestie s’est substitué l’encouragement à l’exaltation incessante et frénétique du Moi. Au souci de la décence a succédé une vulgarité nonchalante, décomplexée, vautrée. Il n’y a plus de barrière, plus d’entrave, plus de garde-fou : les pulsions règnent sans partage. L’homme contemporain est entièrement régi par le principe de plaisir. Tous ses caprices doivent être assouvis, sans faute et sans délai. Incapable d’ajourner la satisfaction de ses pulsions, structurellement hermétique à la notion de frustration, ce Narcisse despotique fait régner partout sa médiocrité triomphante. Un esclave et un tyran : voilà l’homme contemporain. Esclave de ses pulsions, donc tyran pour les autres.
 
Je disais donc que le touriste concentre et exacerbe jusqu’à la caricature ces caractéristiques. Bien sûr, je ne parle pas de tous les touristes ; je sais bien qu’il existe encore quelques individus qui pratiquent, autant qu’il est possible, un tourisme à l’ancienne (et s’exposent donc aux imputations infamantes de ringardise ou de passéisme). Hommage leur soit rendu, bien sûr ; mais ils ne m’intéressent pas ; car ils ne disent rien de notre époque, sinon que le désastre n’est pas total, et qu’il y a une résistance — mais le désastre ne sera jamais total, et il y aura toujours une résistance. Mon objet d’étude est bien plutôt le touriste d’aujourd’hui, le touriste archétypal, celui qui compose 90% du bétail touristique ; le touriste propre à notre temps, celui qui ne pouvait pas exister il y a seulement vingt ou trente ans. Lui me passionne au plus haut point ; car il révèle notre époque. Dans toute sa laideur, toute sa vulgarité, toute sa médiocrité, toute sa fierté. Plus que tout autre personnage — davantage même que l’infâme trottinetteur — le touriste incarne notre époque d’infantilisme, de narcissisme et  d’exhibitionnisme. Il en est la personnification suprême. Le marqueur le plus pur.
 
Le tourisme, en effet, ne s’est pas toujours résumé à brandir sa perche à selfies aux quatre coins du monde. Le tourisme n’a pas toujours été cette activité ignoble et impunie consistant à se pavaner en bermuda jaune fluo dans des lieux conçus par les plus grands génies. Le tourisme ne s’est pas toujours résumé à parader en t-shirt à message devant les productions des esprits les plus raffinés qui se puissent imaginer. Le tourisme n’a pas toujours consisté à défiler devant des chefs-d’œuvre les yeux rivés à son smartphone. Le tourisme ne s’est pas toujours limité à photographier et à caméscoper le monde ; il n’a pas toujours consisté à interposer systématiquement un écran entre soi et la beauté du monde, pour ne jamais la regarder de ses propres yeux. Le tourisme ne s’est pas toujours réduit à une activité d’enregistrement boulimique de la réalité ; il n’a pas toujours visé à…

… restons entre esthètes : la suite est réservée à ceux qui savent vraiment apprécier ma plume. Explications :

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Les élites illettrées

« C’est par le langage, et par lui seul, que nous nous élevons au-dessus des animaux — ce langage qui est le parent et non l’enfant de la pensée. »
Oscar Wilde
« Dans les époques de décadence, le langage devient l’ennemi. »
Philippe Muray

Les quelques citations qui suivent prolongent le texte « CSP+ », qui brossait un portrait de ces créatures insipides, incultes et formatées qui occupent le haut du panier socio-professionnel et qui sont, paraît-il, nos élites.
Ces êtres inconsistants, sans saveur ni relief, mais bardés de diplômes et de titres ronflants dont ils tirent une intarissable jouissance narcissique.
Ces toutous bien dociles, ivres de conformisme, perpétuellement épatés de leur réussite standardisée et des obsessions étriquées dont sont farcis leurs crânes.
Ces cerveaux parfois puissants, mais toujours domestiqués, donc incapables de se libérer des manipulations et des propagandes pour développer une pensée personnelle.
Ces esprits moutonniers, conditionnés jusqu’à la moelle, vautrés dans un confort intellectuel ahurissant de sectarisme et de simplisme.
Ces perroquets des médias qui confondent QI et esprit critique, et sont persuadés que leurs qualités académiques et professionnelles leur confèrent une clairvoyance supérieure sur le monde quand la vérité est qu’il n’y a pas plus endoctrinés, pas plus aveugles sur la réalité que ces dévots de la Modernité.
Dans ce texte, je me permettais de stigmatiser ces gens qui passent leur vie à stigmatiser les franchouillards moisis qui ne pensent pas comme eux (sous les vocables « populiste », « fasciste », « raciste », « replié sur soi », « nauséabond ») tout en lançant de vibrants appels à la Tolérance, à l’ouverture à l’Autre, à l’amour de la Diversité et au Padamalgam. Je montrais que ces moulins à propagande se faisaient, par leur suivisme inconscient ou délibéré, les complices objectifs du terrorisme intellectuel contemporain.
Ainsi, et pour une fois, je retournais le mépris de classe, je développais un racisme social à l’envers. Injuste, évidemment, comme tout racisme : on m’objectera à juste titre que tous les « CSP+ » ne correspondent pas à la caricature que j’en fais. Certes. Mais les beaufs maudits sont dans leur immense majorité beaucoup moins caricaturaux que les CSP+, et pourtant personne ne s’offusque des clichés odieux qu’on colporte en permanence à leur encontre.
Surtout, je mettais en évidence le trait révélateur du désastre anthropologique qu’incarnent ces soi-disant classes supérieures : leur langage. De ce qui est le propre de l’homme, ce qui le distingue de la manière la plus radicale des animaux, ces détraqués font un magma de néologismes hideux, de pléonasmes infâmes, d’anglicismes à vomir, de constructions pontifiantes et boursouflées, le tout dans un chaos syntaxique épouvantable.
Leur prêt-à-parler de mutant est un cauchemar auditif et visuel pour toute personne douée d’un seul atome de sens esthétique. Ce qui, évidemment, n’est pas leur cas ; un paysan analphabète du XIXème siècle est infiniment plus littéraire que ces Trissotin en costume cravate. Je veux dire par là qu’il a infiniment plus de goût, infiniment plus de délicatesse, infiniment plus de sensibilité envers la langue que ces pédants. Je veux dire par là que, malgré les apparences et les stéréotypes, un paysan analphabète du XIXème siècle est infiniment plus raffiné qu’un cadre supérieur du XXIème siècle, ce monstre de vulgarité.
Les citations qui suivent l’illustrent magistralement, si l’on peut dire. Une fois n’est pas coutume, je m’abstiendrai de commenter ces chefs-d’œuvre d’illettrisme : ils se suffisent à eux-mêmes. Tout au plus me permettrai-je de recommander au lecteur de garder à l’esprit, quand il découvrira chacune de ces perles linguistiques, qu’elles émanent d’individus ultra-diplômés et réputés brillants — bref, de ce qu’il est convenu d’appeler nos élites… Ce qui démontre, une fois de plus, que notre époque d’imposture généralisée est passée maîtresse dans l’art de l’antiphrase… Mais n’attendons pas plus longtemps : ouvrons les guillemets, et savourons :
«   
Ca s’accélère par rapport à avant.
Le dossier n’a pas la même contenance.
C’est les chiffres prévisionnels qu’on a prévus.
On étudie les différentes possibilités de nouveaux choix d’options.
On va les comparer entre eux.
C’est décroissant donc ça diminue.
La prise en compte de la baisse de notre portefeuille est prise en compte.
Ca nécessite de se poser la question de « qu’est-ce qu’on peut faire ? ».
Mon sentiment : faut approfondir ce point là.
J’m’y perds toujours, des fois.
Ils sont complètement écartés un peu du sujet.
J’ai rédigé un compte-rendu écrit.
Ca a l’air relativement conclusif.
Oui bonjour, je revenais vers toi pour savoir si tu avais fait un point.
C’est significativement important.
On note notamment une augmentation du chiffre d’affaires.
C’est sûr que c’est peut-être ça.
Non tu ne peux pas faire ça. Pourquoi ? Pour des considérations diverses et variées.
Est-ce qu’on peut être force de proposition en disant « OK, on a acté de partir là-dessus » ?
On est ouverts à tout, maintenant y a une différence entre ce qu’on veut faire et entre ce qu’on peut faire.
Est-ce que vous pouvez, je veux dire est-ce que vous êtes en mesure de faire ça ?
On peut dire oui ou non. Soit oui, OK, soit non, alors là c’est pas OK.
On peut dire bon bah voilà – j’dis n’importe quoi – , voilà nos résultats, voilà.
J’pense que si tu prends des trucs différents c’est pas pareil.
Donc voilà. C’est plutôt positif.
Je te rappelle suite à ton appel.
J’en profite pour te parler parce que je t’ai au téléphone.
Y a deux choses, du coup je voulais savoir.
C’est confusionnant.
Ce nouveau produit apporte de nouvelles fonctionnalités innovantes.
Seul l’intérêt d’une offre différenciée par client peut avoir une appétence pour les clients.
Nous aimerions voir évoluer notre version du logiciel avec l’ajout d’un nouveau module correspondant à un nouveau besoin.
Nous ne pouvons pas faire ça actuellement avec notre version actuelle.
Est-ce qu’il est prévu d’engager une démarche de réduction des coûts de dépenses ?
Y a des clients qui n’atteignent pas leur consommation atteinte.
Faut réfléchir avant de comprendre, je pense.
Tu peux me mettre dans la mèninglist ?
Le mail que j’ai reçu date de la même date.
Il faut quand même un truc qui dure dans la durée.
Y aura peut-être des compléments supplémentaires. Ou autres.
Voilà, donc, on a cette alternative entre ces deux possibilités.
On n’est pas tellement si précis.
J’ai fait une bêtise un peu bête.
Non, non, voilà, mais après faut voir.
Faut qu’on arrive à commencer à décorréler un peu l’truc, là.
On rebidouille un machin là.
J’suis sûr que c’est certain !
On a eu beaucoup d’aléas imprévus.
Attends, c’est quand même pas à nous de gérer la gestion !
Il faut qu’on ait une présence plus présente.
Je vais essayer de pouvoir récupérer les données.
Il faut limiter la hausse à 10% au maximum.
Voilà sur ce point.
Ca dépend de quel point de départ on part.
Il faut voir si ça va continuer et si ça va perdurer.
J’ai fait une synthèse plus synthétique si vous voulez.
Ca a tendance à baisser, voire à diminuer.
Faut voir si c’est pérenne sur le long-terme.
C’est toujours comme ça. Sauf exception.
Les consommateurs sont très inertiels.
J’pense que c’est sûr que non.
Au jour d’aujourd’hui, c’est tout ce qu’on a à date.
Y a pas d’explication : c’est juste mathématique.
Je rebondis sur ton mail.
Y a des imprévus qu’on peut pas anticiper.
Est-ce qu’un développement est en cours de développement pour solutionner ce problème ?
Ca nous impacte beaucoup.
Voilà mon retour suite à ton retour.
Etes-vous en phase avec les impacts ?
Je vous remercie d’avance pour votre contribution et votre participation.
Attention ! Il faudra anticiper les cas non prévus.
T’aurais pas une explication un peu plus explicite ?
Bouge pas, je t’envoie un premier jet !
On s’est trompés un peu rapidement dans les calculs hier.
Vous voyez, ça se voit visuellement.
A mon avis je pense que ça pourrait être ça.
La difficulté elle va être simple.

J’ai pas la réponse, mais j’pense qu’il faut qu’on se pose la question.
Ca pourrait induire des effets induits assez importants.
Ca c’est un point d’attention, de vigilance qu’il faudra mettre en exergue.
Mon sentiment, c’est que je pense qu’il faut qu’on se questionne.
Si je suis cohérent avec moi-même.
Je tartine sur tous les clients.
Pour moi, j’pense qu’il faut qu’on se mette le pied dans la porte et qu’on y aille.
Faut commencer maintenant et qu’on s’y mette tout de suite.
Faut que je la tartine autre part donc je vais la tartiner ailleurs.
Ca a des impacts importants.
Attention ! J’dis n’importe quoi.
Est-on sûrs de ça, même en regard de ce que tu as regardé ?
Non mais on peut : j’dis pas qu’on peut pas.
Non mais aujourd’hui, si tu veux, j’veux dire, attendez.
C’est pas d’une extrême confidentialité.
Tiens d’ailleurs ça c’est une question : ça ou pas, est-ce qu’ils prennent ?
J’me demande si une fois qu’on aura pas ça, on pourra pas faire ça.
C’est quoi les tendances en termes de comportements ou autres ?
J’ai ajouté des trucs additionnels en plus.
A priori, il semblerait, on peut dire qu’il s’agirait de ça.
Les échanges qu’on a eus ensemble.
Ca c’est en interne chez nous.
J’t’avais partagé l’information.
Est-ce que j’peux avoir un début de quelque chose pour 14h30 ?
Pourriez-vous nous éclairer sur le pourquoi de cette non évolution ?
Pourquoi ils paient trop cher ? Eh bien parce qu’ils devraient payer moins.
Y en a qui sont un p’tit peu en dessus, y en a qui sont un p’tit peu en dessous : c’est le principe des vases communicants.
Ca risque de nous enduire en erreur ça.
Nan nan, moi c’que j’dis, c’est que, voilà.
Ca fait combien ? J’veux dire combien ça fait ?
J’sais plus d’quoi on parlait machin et tout.
Imagine – j’dis n’importe quoi – je sais pas moi, on met rien ou autre, qu’est-ce que ça donne ?
Est-ce qu’en gros on retombe pile poil exactement sur nos résultats ?
Je t’envoie un go asap.
Pour être très très con, j’imagine ce cas de figure.
Non mais c’est con parce que tu vois à la limite c’est éventuellement maintenant et pas après le bon moment.
Je t’appelle un peu en avance de phase, OK.
Peut-être que j’ai pas trop assez insisté là-dessus.
Restons prudents de là à ce qu’on connaisse définitivement les résultats définitifs.
Ce que je faisais pas initialement au début.
Ceux qui sont partis ils sont plus là.
Ca c’est en off : c’est officieux.

On a deux alternatives. La première instancier à partir de l’OJ un TOH bis avec les mentions mentionnées et portant le périmètre des caractéristiques complémentaires, avec un point à sécuriser sur le fait d’avoir deux TOH selon le cas. La deuxième ajouter les contraintes mais on ne bénéficie pas des gains de productivité de l’OJ, donc on a la contrainte de passer par une autre version. A ta disposition si ce n’est pas clair.
  »

La Nuit des morts-vivants

« Ce qu’il y a de beau, avec les tyrannies convaincues d’œuvrer pour le bien commun,
c’est qu’elles ne s’arrêtent jamais puisqu’elles ont leur conscience pour elles. »
Philippe Muray

« Nuit debout » : le troupeau de moutons qui se réunit depuis quelques semaines place de la République a le sens de l’antiphrase. Car il n’y a évidemment pas plus avachi, pas plus affaissé, pas plus vautré dans le confort intellectuel que les progressistes has-been de « Nuit debout ». Ces ringards qui s’ignorent, ces jeunes vieux qui s’imaginent à la pointe de la rébellion, de la dissidence et de l’innovation, cumulent en vérité tous les signes extérieurs de servitude, de conformisme et de gâtisme.
« Nuit debout » : drôle de nom pour un rassemblement de rampants. Drôle de nom pour un grouillement d’effondrés de la pensée embourbés dans un magma de chimères infantiles, de poncifs éculés, de stéréotypes gâteux, de prêt-à-penser pâteux. Drôle de nom pour un entassement de ravagés du bulbe qui voudraient nous faire croire qu’ils sont en mesure, à partir du fatras de lieux communs qui peuple leur crâne, de développer une vision inédite du monde et de construire un projet de société novateur.
Mais il ne suffit pas de rebaptiser avec des noms cool des concepts obsolètes pour les rendre pertinents. Il ne suffit pas de dépoussiérer des grilles de lecture démonétisées depuis trente ans pour leur conférer une puissance explicative. Il ne suffit pas de repeindre en rose des vieilles lunes idéologiques pour les rendre enfin viables. Il ne suffit pas de ressortir Papi Communisme du placard, de le travestir en fringant jeune homme et de lui donner un nom branché pour qu’il devienne un type sympathique et innocent, qui n’est pas responsable de 100 millions de morts et d’un nombre incalculable de tragédies.
« Nuit debout » n’est que ça : un grand recyclage d’idées usées jusqu’à la trame, disqualifiées depuis longtemps par le réel, et qu’une poignée d’agitateurs et de maniaques a décidé on ne sait trop pourquoi de ressortir des poubelles de l’Histoire. Mais cette opération cosmétique se voit comme le nez au milieu du visage ; elle ne devrait abuser personne. C’est un lifting raté, un lamentable maquillage qui devrait faire sourire tout le monde. Sauf, bien sûr, Laurent Joffrin et ses clones journalistes, qui ont reconnu là leurs frères en manipulation, et ne peuvent donc que leur tirer leur chapeau. Les esprits fourbes se rencontrent…
« Nuit debout » : c’est le mot d’ordre des zombies. Le cri de ralliement des morts-vivants. En cela, ce nom est bien choisi. C’est d’ailleurs la seule véritable réussite des crétins lyriques de « Nuit debout ». Involontairement, les dizaines de communicants qui, au prix d’intenses débats et d’infinis tortillages de croupion, ont fini par accoucher de cette locution poético-ridicule, ont indiqué la nature profonde de leur « mouvement » (s’il est permis d’employer un tel mot pour désigner le paroxysme de la pensée figée). Mais leurs entourloupes sémantiques ne duperont personne : cette « Nuit debout » n’est qu’un rassemblement de morveux sous hypnose, d’abrutis léthargiques ânonnant pâteusement quelques fadaises utopiques, incapables de s’extraire de leur chaos mental pour articuler une pensée cohérente et développer une intelligence globale du monde.
A la Nuit des morts-vivants, on n’a pas peur des incohérences et des contradictions.
A la Nuit des morts-vivants, on n’a pas lu la phrase de Bossuet : « Dieu rit de ceux qui déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes. »
A la Nuit des morts-vivants, on fustige — très originalement — le capital et le capitalisme, mais on défend l’oligarchie bruxelloise qui, à l’échelle européenne, déploie un capitalisme d’une cruauté, d’une brutalité, d’une inhumanité sans précédent.
A la Nuit des morts-vivants, on vocifère — très originalement — contre le patronat, le MEDEF et Pierre Gattaz, mais on applaudit à l’abolition des frontières, à la libre circulation et à l’immigration illimitée. Comme le patronat, le MEDEF et Pierre Gattaz.
A la Nuit des morts-vivants, on est contre l’exploitation de l’homme par l’homme, mais on est pour l’Union européenne, responsable de la directive détachement, du libre échange frénétique, de la sacro-sainte concurrence libre et non faussée — bref, de l’extension illimitée du domaine de l’esclavage.
A la Nuit des morts-vivants, on ne veut pas de chômage ni de délocalisations, mais on vomit les frontières et le protectionnisme, concepts fascistes comme chacun sait ; on veut que l’emploi reste en France, mais on ne veut pas de barrières douanières pour empêcher qu’un enfant chinois à 80 heures par semaine et 50 euros par mois soit mis en concurrence directe avec un salarié français (et devienne donc la norme).
A la Nuit des morts vivants, on est contre la déflation salariale, mais on est pour l’euro qui, en empêchant une dévaluation de la monnaie, contraint depuis 15 ans à dévaluer… les salaires.
A la Nuit des morts-vivants, on exalte le vivre-ensemble, mais on exècre l’assimilation, qui en est le fondement.
A la Nuit des morts-vivants, on glapit contre la pauvre baudruche El-Khomri, médiocre parmi les médiocres tirée très provisoirement de son insignifiance pour défendre une loi dont elle n’est en rien responsable — puisque ce sont les dictateurs de Bruxelles qui, depuis des décennies, imposent leur infâme modèle socio-économique inégalitaire et communautariste.
A la Nuit des morts-vivants, on fonce tête baissée dans tous les panneaux, on se fait la dupe de toutes les impostures, on récite les évangiles progressistes sans le moindre recul critique ; mais on donne pompeusement des leçons d’esprit critique et de lucidité.
A la Nuit des morts-vivants, on se croit décalé, moderne, innovant, mais on est à la pointe de la ringardise.
A la Nuit des morts-vivants, l’esprit de soumission se pare des habits de la dissidence.
A la Nuit des morts-vivants, le sectarisme porte le masque de la tolérance.
A la Nuit des morts-vivants, le conformisme singe l’irrévérence.
A la Nuit des morts-vivants, on s’imagine rebelle, contestataire, subversif, dérangeant, mais on est un complice objectif de ce que l’on dénonce. Un idiot utile, aurait dit Lénine.
Les dociles toutous de « Nuit debout » feraient donc mieux de s’asseoir. Et de réfléchir. Plutôt que de bêler leurs slogans ineptes et de s’enivrer d’âneries utopiques, ils feraient mieux d’essayer de comprendre de qui ils sont les dupes.
Bien sûr, ils n’en feront rien. Ils ne sont pas là pour ça. Ils sont là pour s’agiter narcissiquement, pour s’admirer le nombril, pour se griser de lyrisme révolutionnaire et d’incantations vaporeuses. Ils sont là pour ressentir le petit vertige pour couillons d’être ensemble.
Mais ne venez pas essayer de leur expliquer ça, ni même de leur porter la plus légère contradiction : ces vibrants défenseurs de la liberté d’expression et du débat d’idées ne peuvent souffrir aucun autre discours que le leur. Ainsi ont-ils récemment empêché que se tienne à l’Ecole supérieure de commerce de Paris une conférence de Florian Philippot, représentant bien connu du parti misogyne et homophobe (comme en témoignent avec éclat le sexe de sa présidente, et l’orientation sexuelle de son vice-président). « S’il vient, on va le cogner »…
Quelques jours plus tôt, Alain Finkielkraut, qui venait exclusivement pour écouter et observer — et non pour s’exprimer —, n’a pas pu rester plus d’une minute. Sitôt repéré, les champions de la diversité, de la tolérance et du faut pas stigmatiser l’ont expulsé aux cris de « fasciste ! », « facho ! », « fasciste ! », « facho ! », soit des insultes aussi innovantes que variées. On sentait bien alors qu’à « Nuit debout », les esprits raffinés se bousculaient. On sentait bien que l’accueil de l’Autre et la tolérance tant revendiqués par ces grands humanistes n’étaient pas que des mots. On sentait bien que cette Nuit des morts-vivants n’était ni la Nuit de l’entre-soi, ni celle du sectarisme. On sentait bien, surtout, que le vent de fraîcheur et de renouvellement de la pensée dont nous parlaient les médias en couinant d’extase n’était pas un mythe : après tout, traiter son contradicteur de fasciste n’est jamais qu’une pratique vieille de… 80 ans. Une bonne vieille méthode stalinienne, devenue depuis un grand classique du terrorisme intellectuel — avec toutes ses variantes, à savoir les imputations de racisme, de machisme, d’homophobie, d’islamophobie, de populisme, etc.
Ainsi, un an après le rassemblement totalitaire des Charlie, cet angoissant pullulement de sosies d’où toute individualité était bannie, la place de la République abrite de nouveau des esprits moutonniers, des moulins à slogans et des robots à propagande. De plus en plus fréquemment, cette place est le lieu de l’annihilation de l’individu au profit de la masse, de la dilution de la pensée dans les bafouillages de communicants. De plus en plus, la place de la République est le lieu de l’embrigadement totalitaire et du dressage des foules.
Au point qu’il serait peut-être temps de lui trouver un nouveau nom, plus adapté à ses nouvelles fonctions. Place de la pensée unique ? Ou de la non-pensée ? Place de la propagande ? Place du sommeil de la raison ? Place du conformisme ? De l’angélisme ? De l’aveuglement ? Du déni ? Place des utopies ? Place du prêt-à-penser ? Place du mimétisme ? Place de l’originalité codifiée ? Place de la rébellion certifiée conforme ? Place des idiots utiles ? Difficile de choisir. Mais Léonard de Vinci nous enseigne que « la simplicité est la sophistication suprême » ; aussi, restons simple. Et prenons un mot qui leur est familier : renommons donc la place de la République « place du Fascisme ». Oui, c’est bien, ça. C’est évocateur. Allez, va pour place du Fascisme. Ou de l’Antifascisme, s’ils préfèrent. C’est la même chose. Eux-seuls ne l’ont pas compris. C’est cela, avant tout, qui les rend si comiques.

Angélisme et barbarie

 

 
 
« Qui veut faire l’ange fait la bête. »
Pascal

« Toutes les guerres depuis le Déluge ont eu pour musique l’Optimisme… Tous les assassins voient l’avenir en rose, ça fait partie du métier. »
Céline
 

 

L’utopie multiculturelle s’effondre.

Quarante ans d’angélisme, d’aveuglement et de déni nous explosent en pleine face.

Quarante longues années d’une immigration massive, donc non assimilée, ont enfanté ces poudrières islamistes qui, partout en Europe, sont maintenant mûres pour la grande offensive.

Quarante ans de manipulation, de propagande, de terreur idéologique ont permis d’occulter ce cauchemar qui, lentement, s’échafaudait.

Quarante ans de sommeil de la raison ont engendré le monstre dont nous faisons aujourd’hui la connaissance.

Il faut maintenant, et de toute urgence, envoyer foutre les utopistes à la bouche en sucre et les fanatiques du déni : ils sont les fauteurs de guerre. Ce sont eux qui, par leurs chantages à la tolérance et à la diversité, ont interdit tout discours critique sur l’immigration massive et son corollaire : le défaut d’assimilation. Suivi du repli identitaire. Puis de Molenbeek. Puis de Sevran, Trappes, Les Mureaux, Marseille, Le Mirail, Roubaix, Vénissieux. Puis du Bataclan. Et de tous les carnages à venir.

Ce sont eux qui, en traitant de raciste toute personne déplorant la fragmentation communautariste des pays d’Europe (singulièrement de la France, du Royaume-Uni et de la Belgique), ont pendant trente ans rendu impossible tout examen serein des formidables mutations à l’œuvre dans les « zones de non droit ».

Ce sont eux qui, en fascisant toute inquiétude relative à l’islamisation des « territoires perdus », ont tétanisé les esprits, et sclérosé le débat pourtant vital — c’est désormais tout à fait le cas de le dire — qui aurait dû avoir lieu sur la pertinence d’importer en masse, sans volonté d’assimilation, des populations d’une aire culturelle que tout sépare de l’Occident.

Ce sont ces aveugles qui, en criminalisant les clairvoyants, nous ont empêché de réagir quand il était encore temps.

C’est leur terrorisme intellectuel qui a engendré le terrorisme. Ce terrorisme qui, cette semaine encore, a emporté plusieurs dizaines de malheureux, mutilé des centaines d’autres, et traumatisé des milliers d’autres. D’un terrorisme l’autre… de l’utopie à la barbarie… Le relais est passé… Harmonie parfaite…  Obscure solidarité…

Les fanatiques du multiculturalisme doivent désormais se taire. Et à plus forte raison, cesser d’intimider ceux qui ouvrent les yeux. Car ce sont eux qui devraient raser les murs. Ce sont eux qui devraient demander pardon.

Bien sûr, ils ne se tairont pas. Encore moins raseront-ils les murs. Leur indécence est sans limite. Leur aplomb est à la mesure de leur inhumanité. Leur utopie a accouché de l’enfer ? Leur angélisme a enfanté la barbarie ? Peu leur importe : ils continuent, imperturbables, à réciter fièrement leurs évangiles multiculturels, dégoulinants de bonne conscience, persuadés d’être de grands humanistes. Comme sous hypnose, souverainement indifférents au réel, ils redoublent d’aveuglement, cet aveuglement qui nous a menés à la catastrophe. Cela dit, et aussi odieuse soit-elle, leur réaction est banale : elle est celle de tout idéologue devant son utopie qui s’effondre. Celle de tout fanatique confronté au réel. Déni, puis surenchère de dogmatisme ; exhortation à intensifier ce qui, précisément, a provoqué le désastre (sur le modèle indépassable des dévots du communisme). De plus en plus féroce et ridicule à mesure que le réel enterre leurs illusions.

Entièrement gouvernés par le principe de plaisir, ces êtres infantiles — donc monstrueux — ne sortent pas de la pensée magique. De l’univers des contes de fées. La dimension rationnelle d’un événement leur est étrangère ; la recherche des causes ne les intéresse pas. Il n’y a qu’à les écouter : pour eux, le terrorisme n’a pas de religion. Ni même de motivation. Le terrorisme n’est pas un mode opératoire au service d’une cause. Non. C’est une créature autonome, malfaisante et arbitraire qui frappe au hasard, comme ça, par pure méchanceté.

Une fatalité sans causalité.

Ce n’est donc pas l’islamisme qui a frappé cette semaine : c’est le terrorisme. Et puis d’ailleurs non, ce n’est même pas vraiment le terrorisme : ce sont des bombes. Des bombes autonomes, des méchantes bombes sans pensée sous-jacente. Sans intention. Sans histoire. Sans projet. Des bombes de dessin animé.

Cette indifférence de fer au réel n’est pas la seule expression du psychisme infantile de l’Occidental contemporain. Il se révèle également dans son incapacité à concevoir l’altérité. Comme celui du bébé, en effet, l’univers psychique de l’anthropoïde contemporain est exclusivement narcissique et exhibitionniste.

Ainsi, sa première réaction à un attentat n’est  pas la sidération, ni la douleur ou la colère, encore moins la compassion (le bébé est incapable de compassion) ; c’est de chercher sans délai le tweet qui fera mouche, celui qui montrera à quel point il est créatif, original, atypique et décalé.

Mardi matin, dix minutes après que des bombes aient explosé dans l’aéroport de Bruxelles, emportant vingt personnes et mutilant des centaines d’autres, on pouvait lire sur les hideux réseaux sociaux, ces accablants miroirs de l’ « humanité » contemporaine : « Parce que ces barbares n’auront jamais notre esprit surréaliste, inondons nos réseaux de frites ! ».

Cette phrase suffit. Elle condense tout. Toute la laideur, tout le grotesque, toute la bêtise, tout l’angélisme, toute l’indécence, toute la barbarie de l’humanité contemporaine s’y récapitulent. Dix minutes après un carnage apocalyptique, le bipède contemporain est déjà retourné à ses pitreries narcissiques routinières.

« Inondons nos réseaux de frites ! » (notez bien l’immonde point d’exclamation, guilleret et enthousiaste) : voilà donc son hommage aux victimes. Poignant. On l’imagine, frétillant derrière son écran, tout épaté de lui-même, tout ébouriffé de son exquise créativité. Tout pantelant d’ivresse narcissique. Et pendant que les victimes agonisent, que les secours, dans la fumée et les gémissements, découvrent le carnage, il guette fiévreusement les like et les retweets. Cent cinquante, déjà. La journée va être bonne.

Vous me direz, cet artiste twitteur a quelque raison d’être satisfait : sa création d’impuissant vaut toujours mieux que les « Je suis belge », « Je suis Bruxelles » et tous ces slogans relevant de la compassion totalitaire. Ces chefs-d’œuvre de pathos, en effet, ne sont pas des mots d’amour : ce sont des mots d’ordre. Quand des millions de clones au garde à vous expriment leur soi-disant compassion en reprenant le même hashtag égocentrique (« Je suis… »), il est évident qu’il ne se trouve pas un atome de compassion là dedans.

L’indifférenciation des comportements est arrivée à son terme. Même notre compassion est standardisée. Notre capacité à souffrir pour autrui, qui relevait de la vie intérieure la plus intime, est collectivisée. Uniformisée. Formatée. Nous n’avons plus à offrir que du prêt-à-compatir.

Mais revenons à notre cyber-conard et à ses cornets de frites anti-Daech. Ce tweet, s’il est bien sûr d’une indécence à vomir, et d’une sottise plus écœurante encore, a une valeur inestimable. Car il nous en dit plus sur l’humanité contemporaine que n’importe quel baratin de sociologue ou de psychologue. Ce tweet résume notre époque. Sa vulgarité. Sa sottise satisfaite. Son narcissisme illimité. Sa haine du réel. Son refus du tragique de l’existence. Mieux que tout, ce tweetrévèle que notre époque est celle où règnent sans partage le principe de plaisir et la pensée magique. Mieux que tout, ce tweet révèle que notre époque est celle de l’enfance au pouvoir.

Des cornets de frites contre des bombes. Que dis-je, des cyber-cornets de frites contre des bombes. Des cornets de frites en pixels pour anéantir les djihadistes. Ces derniers doivent être terrifiés. Réaliser avec effroi que leur ennemi est plus coriace qu’ils ne le pensaient. Etre épatés par tant de lucidité et, plus encore, de courage. Et, enfin, se mettre à respecter notre grandiose civilisation…

Même dans les dessins animés, les personnages sont moins naïfs : ils neutralisent leurs ennemis en leur lançant des peaux de bananes, mais des vraies. Pas des peaux de bananes de réseaux sociaux. Dans aucun cartoon on n’a vu Jerry se connecter à son compte twitter pour envoyer une peau de banane numérique à Tom. Non. Tom et Jerry vivent dans un monde moins virtuel que celui de l’humanoïde contemporain.

Ces cornets de frites sont une névrose. La manifestation d’un refus pathologique du réel, d’un attachement éperdu à l’univers de conte de fées dans lequel l’Occidental évolue depuis trente ans. Bébé ne veut pas dire adieu à ses illusions pour entrer dans le vaste monde. Alors, à mesure que le bruit et la fureur du réel se rapprochent, il redouble d’incantations, de formules superstitieuses, de hurlements de plus en plus idiots pour ne pas voir que ses dogmes, un à un, volent en éclats. Aucune falsification, aucun sophisme, aucun baratin, aucun bafouillage tortueux ne sera trop ridicule pour éviter de voir la réalité en face. Sauf que cette fois, le ridicule tuera peut-être…

Quant aux djihadistes, ils ne sont évidemment pas moins grotesques que les gros bébés occidentaux. Ils se croient les ennemis d’un monde dont ils sont avant tout les produits. Les crétins sanguinaires du Bataclan et de Bruxelles sont nés en Occident. Ils sont pétris de ses « valeurs », même malgré eux. Leur fantasme d’unification islamique du monde est aussi puéril que notre utopie multiculturelle. Leurs foutaises oummanitaires sont aussi hors sol que nos fadaises humanitaires. Elles relèvent du même déni des réalités. Ces djihadistes sont des gros bébés, comme nous.

Le combat qui s’annonce, qui a commencé, est donc un combat de nains. Un combat horrible, certes, mais un combat ridicule. Aussi atroce que dérisoire.

Enfants contre enfants. Barbares contre barbares.

Guerre et femmes

Qui sème l’angélisme récolte la barbarie.

Les événements répugnants de Cologne, Hambourg, Stuttgart, Düsseldorf, Helsinki, Zurich, et de toutes les villes « oubliées » par nos médias, sont les prodromes d’une guerre. D’une guerre atroce, qui surpassera en abjection toutes les références que nous connaissons. Une guerre d’une sauvagerie sans précédent, qui emmènera l’Europe vers des sommets inédits de barbarie. Une guerre dont les premières et principales victimes seront les femmes — ce qui s’est passé il y a deux mois préfigurant leur calvaire futur. Une guerre que les Occidentaux, aveuglés par leur angélisme incurable, leur culture forcenée du déni et leur ignorance criminelle de l’Histoire, sont incapables d’envisager. Et donc de préparer. Et, donc, de gagner.

Ces événements, pourtant, ne devraient pas nous étonner. Si nous connaissions l’Histoire, nous saurions qu’il s’agit là de techniques de conquête territoriale des plus classiques. Si nous connaissions l’Histoire, nous comprendrions que ces viols de masse signent de manière limpide le début d’un processus guerrier. Qu’ils constituent un premier test. Inutile, je crois, d’en commenter les résultats, ni les conséquences que nos ennemis vont en tirer…

Si nous connaissions l’Histoire, nous aurions depuis longtemps établi la généalogie de ces exactions ; identifié très nettement leur filiation avec des ignominies passées. Nous aurions compris que cette guerre qui vient, qui a commencé, qui est là, n’est que le nouvel épisode de l’affrontement millénaire entre Occident et islam ; entre deux aires culturelles rigoureusement incompatibles, quoi qu’en disent les utopistes ignares, les dhimmis médiatiques, les experts incultes, les spécialistes lyssenkoïdes et autres faussaires appointés. Se souvenir de la parabole de de Gaulle sur les Français et les Arabes, « huile et vinaigre » : « Mélangez-les dans une bouteille. Après un certain temps, ils se séparent. […] Ceux qui croient à l’intégration ont des cervelles de colibri. »

Cet affrontement qui reprend, qui n’a jamais vraiment cessé, est bien plus que géopolitique : il est anthropologique. Ce sont deux conceptions antagonistes de l’homme qui s’opposent. La vision de l’homme — et singulièrement de la femme — exprimée dans les textes sacrés de l’islam est strictement incompatible avec celle affinée à Athènes et à Rome. Les abominations de Cologne en sont une manifestation ; la condition féminine dans nombre de banlieues françaises en est une autre…

Je sais bien ce que ces phrases ont d’urticant pour les philanthropes de salon, les humanistes abstraits, les dévots de l’utopie multiculturelle (qui, comme toute utopie, tourne au cauchemar) et tous les moulins à prêt-à-penser bien dressés, bien endoctrinés, bien formatés, très fiers de débiter à tout propos leurs certitudes d’ignorants. J’en suis navré. Navré d’opposer à leur angélisme des faits historiques. Navré d’objecter à leurs abstractions idéologiques des réalités crues. Des événements concrets. Mais enfin, je ne vais pas taire la vérité pour conforter le principe de plaisir — et donc de déni — qui régit leur vision du monde.

Que ces perroquets tartuffiés le veuillent ou non, l’histoire de l’Europe est pour une part essentielle celle de la résistance à l’islam conquérant. Résistance parfois vaine (la soumission de zones plus ou moins étendues de l’Espagne entre 712 et 1492, l’asservissement de la Hongrie par les Turcs entre 1541 et 1699 — accompagnée de la réduction en esclavage de trois millions de Hongrois et de leur dispersion dans l’Empire ottoman —, l’avancée de Soliman le Magnifique jusqu’à Vienne au XVIème siècle, les viols, égorgements, écartèlements, ébouillantements, émasculations, découpages en morceaux, écorchements vifs de dizaines de milliers de Pieds-Noirs et de harkis en 1962), souvent victorieuse (Charles Martel à Poitiers en 732, la Reconquista en Espagne de 1212 à 1492, Charles Quint repoussant les Ottomans de Vienne en 1529, l’immense Sobieski, « sauveur de Vienne et de la civilisation occidentale », leur mettant une énorme rouste en 1683, Charles X lançant en 1830 une expédition en Algérie pour mettre fin aux enlèvements et à l’esclavage des populations chrétiennes).

Résistance mue par une défiance instinctive (une stigmatisation nauséabonde, bêleront les moutons contemporains, ces atrophiés de l’instinct) envers une civilisation dont les mœurs et les valeurs sont aux antipodes de celles prévalant en Occident.

Résistance nourrie surtout par le souvenir des atrocités subies au fil des siècles par les populations européennes qui, dès le VIIIème siècle, expérimentèrent les voluptés du multikulti et de la religion de paix et d’amour : invasions, razzias, pillages, massacres, enlèvements d’un nombre incalculable d’Européens et d’Européennes, déportés en terre d’islam pour y être réduits en esclavage.

Qui est au courant que Barcelone fut ravagée par les musulmans en 985 ? Qui sait que les mêmes, en 997, transformèrent Saint-Jacques-de-Compostelle en un tas de cendres ?

Qui connaît l’histoire musulmane de la Serbie ? De la Bulgarie ? Et de la Hongrie ? Qui sait que pendant plus de 150 ans — jusqu’en 1699 — des millions de Hongrois vécurent sous la tyrannie de quelques dizaines de milliers de Turcs sunnites (ce qui au passage éclaire le plébiscite actuel de Viktor Orbán un peu mieux que les glapissements outragés des roquets de Libé et les hurlements hystériques des dictateurs de Bruxelles) ?

Pourquoi ne nous apprend-on pas, ou si peu, que du XIVème au XVIIème siècle, les Balkans furent occupés par les Turcs, qui y construisirent une myriade d’écoles coraniques et de mosquées (certaines étant des églises reconverties, c’est le cas de le dire), et imposèrent aux populations un joug de fer, une dhimmitude étouffante, obtenant ainsi des conversions par milliers ?

Qui a entendu évoquer les raids des musulmans sur les côtes espagnoles et italiennes pour en rapporter des esclaves ? Pourquoi ne nous parle-t-on jamais de ces enlèvements-déportations d’Européens, de ces « vierges aux visages de lune », « chiens de mécréants » et autres « slaves » raflés et déportés en terre d’islam pour y mener une vie de forçats, d’eunuques et, pour les femmes, de juments de harem, de déversoirs des besoins sexuels de leurs élégants maîtres ? « De la mer occidentale arrivent en Orient des esclaves hommes romains, francs, lombards et des femmes romaines et andalouses » écrit au Xème siècle de géographe Ibn al-Fakih ; témoignage auquel fait écho celui d’Ibn Haukal : « Le plus bel article importé de l’Espagne sont les esclaves, des filles et des beaux garçons qui ont été enlevés dans le pays des Francs et dans la Galice. Tous les eunuques slaves qu’on trouve sur la terre sont amenés d’Espagne et aussitôt qu’ils arrivent on les châtre. »

Pendant des siècles, l’Europe fut en guerre avec l’islam. C’est une réalité, indéniable autant qu’indicible aujourd’hui. Et contrairement à ce que nous enseignent les évangiles de la haine de soi, les actions de l’Europe au long de ce conflit millénaire furent essentiellement défensives : c’est contre l’expansionnisme d’un ennemi terriblement brutal que l’Europe se défendit. C’est contre les agressions farouches d’un peuple avide de conquêtes, de femmes et d’esclaves, qu’elle prit les armes. Souvent en pure perte, d’ailleurs. C’est cela qui est terrifiant : quand on réalise la somme d’intelligence, de lucidité, de ténacité, d’énergie, de vigueur, de courage que nos ancêtres les Européens ont dû déployer pour venir à bout de leur ennemi, et qu’on la met en regard de la somme de bêtise, d’inculture, d’angélisme, d’aveuglement, de déni, de torpeur, de lâcheté, d’esprit capitulard qui prévaut aujourd’hui, on a quand même du mal à se dire que les choses sont bien engagées. Quand on mesure les difficultés qu’a rencontrées Charles Martel aux méga-burnes pour refouler quelques milliers de Sarrazins, et qu’on passe en revue les bataillons disponibles aujourd’hui pour combattre des centaines de milliers d’adversaires potentiels, on n’est pas tout à fait soulevé par l’optimisme… pas exactement envahi d’une grande confiance en l’avenir… Entre les métrosexuels aseptisés, les hipsters émasculés, les morveux du PS, les couilles de moineaux de l’UMP, les coquets d’HEC, les cadres sup’ châtrés, les papas castrés qui manient non pas le fléau d’arme mais le biberon, non pas le bélier mais la poussette, les CSP+ qui glissent sur la vie à dos de trottinette (ce qui, sans conteste, est mille fois plus élégant que ces chevaliers obscurantistes montés sur leur destrier — Du Guesclin et Saint Louis, ces ringards, peuvent aller se rhabiller), l’effet d’intimidation de nos troupes n’est pas flagrant…

La dissymétrie des forces en présence, entre d’un côté des « Européens » couards, émasculés, désarmés physiquement et moralement, vivant d’ores et déjà dans une routine de soumission (qu’ils rebaptisent pour se consoler « tolérance », « ouverture à l’Autre » et « vivre avec son temps » — le slogan du collabo), et de l’autre de jeunes hommes impétueux, décomplexés, saturés de vitalité et enhardis par les solides certitudes d’une foi conquérante, laisse peu de doutes sur l’issue de ce qui ressemblera moins à un combat qu’à une capitulation rapide et totale… Mais nous avons l’habitude…

Depuis quarante ans, subrepticement, nos élites politiques, médiatiques et « artistiques » instillent en nous l’esprit de renoncement. De capitulation. De soumission.

L’approbation est devenue notre seconde nature. Le consentement hébété au cours des choses, qui est le propre de la vie animale, et ce contre quoi toute l’Histoire humaine s’est construite, est devenu notre condition.

L’Histoire humaine a en effet pour sous-jacent un « non » radical, une insatisfaction permanente envers le réel donné. C’est cette insatisfaction qui, à chaque époque, a incité l’Homme à agir, à créer, à « transformer la nature en homme » (Marx). Sans cette insatisfaction, sans cette négation créatrice, nous vivrions encore dans des grottes… Sans ce principe moteur d’insatisfaction, pas de Vienne, pas de Prague, pas de Venise, pas de Rome, pas de Florence… Pas de tableaux, pas de musique… pas de beauté…

Eh bien cette insatisfaction est aujourd’hui abolie. Place au principe d’autosatisfaction. L’humanité contemporaine retombe en animalité. Elle acquiesce à tout, mollement et servilement. Bovinement. Et elle s’en glorifie. Et elle insulte les rares individus chez qui cette flamme de l’insatisfaction palpite encore, et qui par contraste lui renvoient son image à la fois risible et abjecte. Elle taxe de misanthropie ceux qui, se faisant une haute idée de l’Homme, déplorent que tout soit fait aujourd’hui pour le rabougrir, le rabaisser, l’avilir, le transformer en une vague besace molle et idiote. Par un retournement de valeurs aussi injuste qu’habituel, elle traite de réacs, de grincheux, de salauds, d’ennemis du genre humain ceux qui dénoncent le pilonnage permanent d’incitations à s’avachir, à se vautrer, à ramper dans le narcissisme et la médiocrité auquel est soumis l’anthropoïde contemporain. Les gens n’aiment jamais beaucoup qu’on leur tende le miroir… En particulier ceux qui, comme disait Céline, « crèvent de haine jalouse dès qu’on leur relève la tête pour leur montrer les sommets »… et qui sont aujourd’hui la majorité… la quasi-totalité…

Ce retour de l’homme occidental à l’inertie, à la passivité de la vie animale n’est pas le seul avatar de sa déshumanisation. Ni le plus grave. Ce renoncement à faire l’Histoire se double en effet d’une profonde dépravation du sens moral. D’une atrophie vertigineuse de la compassion, qui est le propre de l’homme. A force de tout intellectualiser, de tout relativiser, de tout regarder à travers le prisme abstrait et desséchant des médias, l’humanité contemporaine a perdu sa propension à concevoir la souffrance d’autrui. Elle ne s’indigne plus que sur commande ; réserve ses larmes aux victimes certifiées conformes : celles sur lesquelles il est socialement, et donc narcissiquement avantageux de s’apitoyer. Sa compassion a pour vrai nom consensus. Sa charité n’est que parodique. Ostentatoire. Glaciale.

Tous sonne faux dans cette civilisation de pleureuses, qui poussent des clameurs à vous fissurer le cœur dès qu’elles entendent le mot « migrant » mais, apprenant qu’un paysan se suicide tous les deux jours, répondent dans un haussement d’épaules : « Ils ont qu’à s’adapter, ces cons. ».

Tout pue l’imposture dans cette civilisation de pharisiens, qui débordent d’indulgence pour des racailles qui tabassent, violent, brûlent, détruisent, saccagent (il faut les comprendre, les pauvres doudous : ils sont discriminés, stigmatisés et victimes d’amalgames), mais explosent d’animosité contre des chauffeurs de taxis qui, ruinés par leur mise en concurrence avec les esclaves d’Uber (et la dépréciation subséquente de leur licence), manifestent leur détresse avec une fureur proportionnelle à la surdité de leur gouvernement (eux alors, c’est vraiment des râleurs indécrottables, des pourris-gâtés dégueulasses, et puis des beaufs, en plus ; qu’ils crèvent au plus vite, mais en silence).

Tout est surjoué chez ces Tartuffe qui, au début du 20 heures, bondissent sur leur téléphone pour envoyer tout frémissants d’émotion un don à Urgence Tibet, puis trente minutes plus tard se livrent à un lynchage hystérique des Grecs (et à des analyses aussi subtiles que documentées de la détresse dans laquelle ils vivent, du style « Ils n’ont que ce qu’ils méritent » ou « Bien fait pour ces feignants »), tout en se glorifiant de promouvoir « l’Europe de la paix » et de « l’amitié entre les peuples ». En toute bonne conscience… très satisfaits d’eux-mêmes… tout épatés de leur grand cœur… ne doutant pas une seconde de leur beauté morale…

Depuis quarante ans, l’humanité occidentale est entre les mains d’idéologues. Ils la façonnent, la modèlent, la pétrissent. La pervertissent à leur image. Elle finit par « penser » comme eux. Par ressentir les choses comme eux. C’est-à-dire par ne plus rien sentir.

En effet, quand l’idéologie entre dans un homme, la pitié en sort. Son émotivité s’évapore. On ne peut ici-bas contenter qu’un seul maître… Chez un homme gouverné par l’idéologie, la sensibilité s’atrophie, se rabougrit, s’effrite. Et disparaît. Rien ne peut attendrir un idéologue. L’idéologie dessèche l’âme, anesthésie la compassion. L’intellectualisation détruit l’intelligence du cœur.

De là vient le cynisme des idéalistes. De là vient la froideur des philanthropes homologués. De là vient la cruauté des utopistes qui, quand on leur parle des 100 millions de morts du communisme, rétorquent indolemment qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Que le monde meure, pourvu que leur utopie triomphe… De là vient l’inhumanité des humanistes officiels qui pullulent dans les rédactions et sur les plateaux de télévision, et ont à l’occasion de ces « événements de Cologne » déployé tout l’éventail de leur cruauté, de leur dureté, de leur cynisme.

Comment, en effet, nos Mère Teresa médiatiques ont-elles réagi à ces viols ? Comment nos grandes consciences humanitaires, égalitaires, paritaires et féministes ont-elles accueilli la nouvelle de ces viols de masse ?

D’abord l’occultation. Silence radio dans les médias. Pas un reportage, pas une dépêche, pas une ligne. Pendant cinq jours. Collusion parfaite. Par les mêmes journalistes-vautours qui, dès le lendemain de la réception de la désormais célèbre photo du petit Aylan, l’exploitèrent pour exercer sur les peuples européens un ignoble chantage à la compassion (repoussant ainsi les limites de l’indécence, qu’ils avaient pourtant déjà bien distendues). Par les mêmes journalistes qui relaient en glapissant d’indignation, et comme s’il s’agissait d’un événement majeur, la vidéo d’un « migrant » rogue et insolent se faisant malmener par un policier à bout de patience — on aimerait les y voir.

Mais le plus sidérant n’est pas là. Le plus sidérant n’est pas que des journalistes, dont le métier consiste en principe à informer (même si nous ne sommes pas dupes), aient unanimement convenu de camoufler une réalité aussi monstrueuse.

Le plus sidérant est la nonchalance avec laquelle certains journalistes assument ce qu’il faut bien appeler une complicité de viol. Le plus sidérant est la sérénité avec laquelle ces moulins à propagande, plutôt que de s’excuser platement (ce qui est la seule attitude appropriée en de telles circonstances), s’emploient à justifier l’injustifiable. Sur un ton d’évidence. Comme si c’était normal.

Il faut de toute urgence voir ce « débat » sur Arte, où le lisse marquis en charge de « l’animation » (si tant est qu’on puisse employer un tel terme pour évoquer un rassemblement de morts-vivants) explique tranquillement, sans montrer la moindre gêne ni le moindre remords, que si l’affaire n’avait pas été révélée d’emblée (en effet, cinq jours, ce n’est pas d’emblée), s’il y avait eu un retard à l’allumage (comme il dit en pouffant d’autosatisfaction), c’est parce que dans les rédactions on s’interrogeait sur le risque de stigmatisation. Bah oui, enfin, stigmatiser des violeurs, vous n’y pensez pas ! Ce serait trop méchant ! Trop cruel ! Vachement sournois, hein ! Un sale coup tordu bien infect ! Il faudrait vraiment avoir un cœur de pierre, hein, et une âme bien sombre, être animé de motivations sacrément dégueulasses pour dénoncer ainsi de pauvres garçons innocents qui en toute gratitude violent les femmes des peuples qui les accueillent ! Un peu de compassion, à la fin ! Et de compréhension ! Tenez donc compte du fossé culturel — oups, euh, non, non, je voulais dire de l’urgence sexuelle (concept hilarant inventé en toute hâte pour exonérer les migrants des dommages que causent leur ardeurs sexuelles ; attention cependant, il ne s’applique pas au mâle blanc hétérosexuel qui, lui, reste un immonde macho à traîner en justice et à licencier au moindre compliment qu’il formule sur la robe de sa collègue) ! Non, vous n’êtes pas convaincu ? Vous restez sceptique ? Perplexe ? Dubitatif ? Vous êtes décidément sans cœur. Un monstre. Un fasciste, sans doute.

Mais l’argument suprême brandi par notre journaliste impartial, intègre et pétri de déontologie, l’explication ultime qui, croit-il, l’absout complètement et définitivement (ainsi que sa sympathique corporation humaniste), c’est que divulguer ces informations eût été faire le jeu de l’extrême droite. Et ça, alors, c’eût été le comble de l’abjection. Vous imaginez ? Faire le jeu de l’extrême droite ?! L’horreur ! Le déshonneur ! Le crime suprême !

Dans la hiérarchie de valeurs de ce bigot qui s’ignore, il n’y a pas de plus grave péché que de faire le jeu de l’extrême droite. Il n’y a pas d’autre péché, d’ailleurs. Tout le reste est permis. Occulter des viols de masse ? Mille fois moins grave que de faire le jeu de l’extrême droite ! Non, vous n’êtes pas d’accord ? Ca ne vous semble pas évident ? C’est probablement que vous êtes un fasciste. Qui fait le jeu de l’extrême droite. Pouah ! Vous devriez avoir honte !

Cela va même plus loin, si l’on analyse bien le baragouin de ce larbin du Progressisme à visage inhumain : se faire le complice objectif de violeurs en refusant de les dénoncer, non seulement n’est pas grave, mais c’est une bonne action si cela permet d’éviter de faire le jeu de l’extrême droite. Ne pas faire le jeu de l’extrême droite : voilà le seul impératif moral de ce journaliste. Sa seule boussole. La fin qui justifie tous les moyens. Dans le référentiel mental de ce givré, il est normal et même moral d’escamoter une information si sa révélation risquerait de faire le jeu de l’extrême-droite. De là à en déduire que c’est une pratique courante chez lui et ses sosies… Et ces messieurs les journalistes s’étonnent encore d’une défiance croissante à leur égard… Enigmatique, en effet… C’est vraiment à n’y rien comprendre…

Cela dit, ce désinformateur placide n’est pas le seul timbré à la table de ce débat. On peut notamment y entendre un autre idéologue encore plus gratiné que lui, un dénommé Eric Fassin, qui s’était déjà illustré jadis par ce petit chef-d’œuvre de comique involontaire (et de haine du réel) : « Ce qui est en cause, c’est l’hétérosexualité en tant que norme. Il nous faut essayer de penser un monde où l’hétérosexualité ne serait pas normale. » Depuis cette déclaration, témoignant d’un sens aigu des réalités biologiques et anthropologiques, notre Fassin fantassin du Moderne ne s’est pas arrangé. Soucieux de s’éloigner toujours plus du réel pour flotter en toute insouciance dans les nuées abstraites de ses utopies, il s’évertue à falsifier, amputer, tronquer, élaguer la réalité de tout ce qui ne rentre pas dans l’épure de ses chimères. En l’occurrence, dans ce débat de nains, le charabia spongieux de ce morne mutant se ramène à ceci :

« Restons prudents. N’extrapolons pas. Ce n’est pas parce que tous les hommes interpellés sont originaires de pays musulmans qu’ils sont représentatifs de l’ensemble des coupables. D’ailleurs rien ne nous dit que ces hommes interpellés sont coupables, puisqu’ils n’ont pas été jugés. Et quand bien même ils seraient coupables, nous ne pourrions en aucune manière établir de causalité entre leurs actes et la vision de la femme qui prévaut dans leur culture. »

Imaginons une variante, pour rigoler : « Restons prudents. Nous manquons encore d’éléments. Ce n’est pas parce que tous les hommes interpellés pour le viol de ces femmes d’origine nord-africaine sont blancs et sympathisants du Front national, que nous pouvons en tirer quelque conclusion que ce soit sur le profil des coupables. D’ailleurs rien ne nous dit que ces individus interpellés sont coupables, puisqu’ils n’ont pas été jugés. Et quand bien même ils seraient coupables, cela n’aurait évidemment strictement rien à voir avec leur allégeance au Front national. »

Discours purement fictif, évidemment : notre expert en neutralité, en objectivité et en rigueur intellectuelle a la prudence à géométrie variable… Son refus des extrapolations malveillantes et de la stigmatisation est assez acrobatique… d’une infinie souplesse…

Il s’agit ici, à défaut d’être parvenu à étouffer l’affaire, de la dénaturer. Et de la minimiser. Après l’occultation, la falsification.

Tout le fade bafouillage de ce robot consiste à mitrailler le réel d’incantations antiracistes et multiculturalistes dans l’espoir d’intimider ceux qui voudraient s’en approcher pour le regarder avec lucidité. Ses longs palabres pâteux se ramènent à badigeonner la réalité d’une énième couche d’utopie, à l’ensevelir sous un déluge d’injonctions morales de ne pas stigmatiser, ne pas faire d’amalgame et, surtout, de ne pas faire le jeu de l’extrême droite, afin de tétaniser l’esprit critique et d’empêcher tout examen serein de ces événements. Ce pape du progressisme s’enivre de baratins foireux, d’ergotages miteux, de sophismes boiteux et de pitoyables appels à la prudence (il ne sait pas, cette antithèse de Bernanos, que « la prudence est l’alibi des lâches ») pour servir son seul et unique but : camoufler l’identité des violeurs. Et s’épargner ainsi une douloureuse remise en cause de son angélisme et de ses chimères idéologiques. C’est son tourment, son obsession, ça le travaille énormément, il ne parle que de ça. Ce qui présente ceci d’assez gênant qu’à ainsi s’obnubiler sur les agresseurs, cet immense philanthrope en oublie d’évoquer les agressées. Singulière hiérarchie des priorités… Etonnant souci des « victimes »… Mais nous l’avons déjà dit : l’idéologue est structurellement impropre à la compassion. Le calcul, le trucage, la manipulation occupent toute son intelligence. Tous ses efforts sont tendus vers un seul objectif : mettre son utopie à l’abri de la réalité. Pas de place pour l’empathie.

Il en va d’ailleurs ainsi de la quasi-totalité de notre personnel politique, médiatique, associatif et « artistique ». Ces esprits généreux, ouverts et tolérants qui, à propos du jugement qui pourrait être formulé sur des violeurs, appellent à la modération, à la retenue, à la prudence, à ne pas céder aux passions populistes, mais se déchaînent avec une hargne extrême contre ceux qui dénoncent ces violeurs — comme si à leurs yeux, dénoncer un viol était plus grave que de le commettre. Ces nobles âmes qui, face à ces exactions d’une barbarie inouïe, consacrent leur temps, leur énergie et leurs capacités d’indignation à salir ceux qui s’en émeuvent. Ces grands amis du genre humain qui nous exhortent à ne pas stigmatiser, mais traitent de raciste tout individu tenant un discours critique sur l’immigration. Ces champions du padamalgam qui fascisent toute personne ne frétillant pas d’extase en entendant le mot « migrant ».

Ainsi le ministre de l’intérieur de Nordrhein-Westfalen, Ralf Jäger, dont on eût pu attendre, eu égard à sa fonction et à ses résultats honteux à Cologne et à Düsseldorf, sinon un mea culpa, du moins un regain tardif de professionnalisme, n’a rien trouvé de plus urgent ni de plus approprié que de concentrer son discours sur ceux qui ouvraient les yeux sur la réalité, les qualifiant aimablement de « charognards de l’extrême droite ». On attendrait en vain une condamnation aussi féroce des « charognards de Syrie, du Maroc et d’Algérie » qui se sont livrés aux agressions sexuelles de la Saint-Sylvestre. Mais le forfait de ces derniers est sans doute moins grave… moins révoltant… Ce n’est donc pas sur eux que la honte doit s’abattre, ce n’est pas à eux d’endurer la réprobation médiatique et sociale, ce n’est pas eux qui doivent être gênés, intimidés. Non. Ceux qui doivent être insultés, calomniés, humiliés, terrorisés, ceux qui doivent toujours et encore se justifier ou plus prudemment la fermer, sont ceux qui ne récitent pas le catéchisme médiatique, ceux qui ne croient plus à la fable du vivre-ensemble, ceux qui ne rampent pas dévotement devant l’Autre sanctifié, tous ces salauds infects qui n’envisagent pas de faire œuvre de fraternité avec ceux qui violent leurs femmes. Eux doivent être, diffamés, calomniés, salis, livrés au lynchage médiatique le plus féroce. Par un retournement inouï de culpabilité, ce ne sont ni les violeurs, ni les faussaires politico-médiatiques qui les ont couverts qui se retrouvent au banc des accusés, mais ceux qui prennent fait et cause pour des femmes violées.

Formidable inversion des torts, qui a néanmoins le mérite de dessiller les yeux des plus naïfs sur les liens obscurs entre angélisme et barbarie. D’illustrer de manière spectaculaire la force du déni, la toute puissance de l’aveuglement volontaire chez les utopistes et les idéologues. De révéler l’atrophie en eux de toute compassion, l’endurcissement de leur cœur, le dessèchement de leur âme. Et surtout de les faire apparaître, enfin, pour ce qu’ils sont : d’authentiques ennemis des peuples.

Oh, j’entends d’ici les jappements réprobateurs du bourgeois choqué, ses imputations de binarisme, de simplisme, ses « C’est plus compliqué que ça » et autres arguties d’enculeur de mouches. Tout cela est bien connu : il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Nietzsche parlait déjà de cette propension assez courante chez les bipèdes à « refuser de voir quelque chose que l’on voit, refuser de voir quelque chose comme on le voit ». Pour ma part, je ne vois pas comment qualifier autrement que d’« ennemis » des fumiers qui tentent d’occulter des agressions sexuelles qui pourraient viser mes proches puis, une fois divulguées, ne les condamnent que du bout des lèvres, avec un embarras extrême, mais retrouvent en revanche une belle vigueur pour agonir d’injures ceux qui désignent franchement les coupables. Les choses me semblent assez claires… Que les sceptiques se demandent seulement, à la lumière de ces réactions, de quel côté se rangeront nos magnifiques philanthropes quand les choses s’aggraveront… Quel camp ils choisiront, quand les « peuples accueillants » se rebelleront…

Que ceux qui pensent que j’exagère, que j’extrapole, que je délire, s’avisent qu’il y a des précédents… Que ce n’est pas la première fois que tourne à plein la complicité entre les utopistes à la bouche en sucre, et les fractions les plus barbares de la population… l’alliance des psychopathes… psychopathes soft, psychopathes hard… la tête et les mains… Remontons un siècle en arrière. En Russie soviétique. Pour exterminer les réfractaires à l’avenir radieux, les classes moribondes qui ne rentraient pas dans les canons de l’homme nouveau, les notables communistes n’hésitèrent pas à gréer leur police politique de « canailles et criminels de droit commun », qui « ont transformé le siège de la Tcheka en un immense bordel où ils amènent les « bourgeoises ». L’ivrognerie est générale. […] Les beuveries et les orgies sont quotidiennes. Presque tous les tchékistes font une forte consommation de cocaïne. ». « Les « bourgeoises » sont humiliées, contraintes de laver les latrines des tchékistes, violées dans des proportions terrifiantes, et dans des conditions qui dépassent l’imagination. » C’était en 1919. L’Histoire ne se répète pas ; certains schémas, si. Peut-être, dans trois ans, fêterons-nous « dignement » le centenaire de ces événements… Tout récemment, un travailleur social a évoqué la Bayernkaserne, une ancienne base militaire de Munich transformée en centre d’accueil pour réfugiés, dans les termes suivants : « C’est le plus grand bordel de Munich »…

Il est grand temps de réaliser qu’il n’y a aucune pitié, et donc aucun secours à attendre des dévots du multikulti. Il est grand temps de comprendre qu’aucune souffrance, aucune tragédie ne pourra attendrir ces fanatiques ; qu’ils trouveront toujours un sophisme, une entourloupe sémantique, un baratin d’escroc, une pirouette entortillée ou une intimidation bien placée pour préserver leurs abstractions idéologiques de la réalité. Tout doit être sacrifié au dogme du vivre-ensemble. Le nouvel homme nouveau, c’est-à-dire le citoyen du monde, doit advenir, quel qu’en soit le prix. Peu importent les tensions communautaires, les déprédations, les agressions, les homicides, les viols : ils ne sont rien face au vivre-ensemble rayonnant qui, en toute logique, en résultera. De même que les déportations, les travaux forcés, les famines, le cannibalisme, les viols, les tortures, les meurtres, les génocides engendrés par l’application concrète de l’utopie communiste devaient naturellement déboucher sur l’avenir radieux.

Il faut donc insister, aller toujours plus loin, en rajouter encore et encore, et surtout ne pas prêter attention aux jérémiades de ces cons de peuples, qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez : ils ne connaissent pas leur bonheur. Comme ces râleurs du goulag ne savaient pas, ces ingrats, ces idiots, distinguer l’avenir radieux qui, au loin, se levait… approchait… était pour bientôt… pour demain… Demandez au Coréens du Nord.

Il en va du multiculturalisme comme du communisme : deux utopies, deux dénis de nature humaine, deux carnages.

Toujours la même loi, implacable : qui sème l’utopie récolte le chaos.

Et qui sème le féminisme récolte le machisme.

C’est en tout cas la première conclusion qui vient quand on observe les réactions de nos soi-disant défenseur-e-s de la cause des femmes à ces viols de masse. En effet, à quelques exceptions près — qu’il convient de saluer —, on chercherait en vain chez les féministes l’expression d’une solidarité franche et sans réserve envers les femmes qui, cette nuit de la Saint-Sylvestre, ont vécu l’enfer. La plupart ont en effet réagi exactement comme les idéologues précités, éludant la souffrance des victimes et martelant rigoureusement les mêmes mots d’ordre : il ne faut pas stigmatiser ; il ne faut pas généraliser ; pas d’amalgame. Comme si subitement, la défense des femmes avait cessé d’être leur préoccupation première ; comme si leur supposé combat pour la cause féminine s’était mis automatiquement en sourdine dès lors qu’il allait à l’encontre d’un autre combat, plus important… Comme si la cause des femmes, dont on croyait pourtant qu’elles avaient fait l’engagement de leur vie, ne valait que tant qu’elle servait une autre cause, prioritaire… Comme si leur combat essentiel n’était pas celui qu’elles affichent…

« Ceux qui me disent que les agressions sexuelles en Allemagne sont dues à l’arrivée de migrants : allez déverser votre merde raciste ailleurs ». Le racisme, voilà l’ennemi. Pas le viol de femmes allemandes par des hordes de sauvages un soir de Nouvel An, non, non. Le racisme. Il est assez savoureux de comparer la rage avec laquelle nos chères féministes fustigent le « racisme » (elles qui voient décidément du racisme et du sexisme partout, sauf là où il est), et leurs inhibitions de pucelles pour condamner sans ambages les ordures qui se sont livrés aux pires déprédations ce soir de Nouvel An.

« Instrumentaliser ces crimes, laisser à penser que la violence machiste est un fait étranger à nos sociétés, qu’il suffirait de fermer nos frontières pour nous en prémunir, c’est occulter la réalité du quotidien des femmes. » « Non à la violence contre les femmes, que ce soit à Cologne, à la fête de la bière ou dans la chambre à coucher. » Comme si c’était la même chose. Comme si tous les outrages au beau sexe étaient de même nature, et de même degré. Comme s’ils déployaient tous la même violence, et provoquaient les mêmes traumatismes. Odieuse tentative de relativisation des crimes de Cologne ; insupportable négation de leur spécificité, de leur horreur propre et inédite.

Voilà donc les émouvantes réactions de la plupart des féministes autorisées. Ces bienfaitrices, qui consacrent leur palpitante existence à éplucher les catalogues de jouets pour y débusquer des stéréotypes de genre, à lutter héroïquement contre Blanche-Neige — qui véhicule des clichés sexistes —, à réclamer la suppression du titre « Mademoiselle » des formulaires administratifs, à exiger que chaque projet de loi fasse l’objet d’une étude d’impact sur l’égalité entre les sexes, ont subitement le verbe bien court. Ces grandes vigilantes intransigeantes, qui voient dans la moindre publicité un brin grivoise une atteinte à la dignité de la femme, ne discernent en revanche pas nettement où est l’atteinte à la dignité de ces jeunes Allemandes encerclées, déshabillées et pénétrées en toute courtoisie par des dizaines d’hommes insatiables. Le prince charmant qui vient libérer la princesse, ça les rend ivres de rage, elles en gloussent de colère, elles s’en font des ulcères de cette immonde façon de rabaisser les femmes ; mais le clandestin qui vient violer l’Allemande, ça c’est à voir… Ne jugeons pas trop vite… Il faut être prudent… Attendons d’en savoir plus… Les viols de masse, non, décidément, ça ne les inspire pas. Ca ne rentre pas dans leurs grilles d’analyse du machisme. Le slogan « Babette je la lie, je la fouette et parfois elle passe à la casserole », alors ça oui, elles en caquètent d’indignation, hurlent, trépignent, harcèlent, saisissent la justice pour le faire interdire. Mais des femmes qui, un soir de Nouvel An, passent concrètement à la casserole contre leur gré ? Mouais. Attention quand même à ces tentatives de diversion. A ne pas se laisser détourner des vrais enjeux. On ne peut pas tout faire, hein. Il faut choisir. Aller au plus important. A l’essentiel. Se concentrer sur les combats cruciaux. L’urgente nécessité du renforcement du partage des tâches ménagères, par exemple. Savez-vous, en effet, que les femmes consacrent un quart d’heure de plus par jour aux activités domestiques ? N’est-ce pas là un véritable scandale ? Incommensurable avec vos obsessions futiles et paranoïaques de la Saint Sylvestre ? Et les inégalités salariales, alors ! Dites donc ! Vous y avez pensé ? Avez-vous entendu évoquer ce constat alarmant : à poste équivalent, les femmes sont payées 0,283% de moins que les hommes ? Vous rendez-vous bien compte ? N’êtes-vous pas révolté ? Pouvez-vous, je vous le demande, accepter sans broncher de telles inégalités ? Dormir tranquille quand subsistent d’aussi effroyables injustices ? D’aussi scandaleux outrages à la dignité de la femme ? Plus grave encore : nous avons épluché, recensé, inventorié pendant un an (nous n’avons rien de mieux à faire, pour justifier nos subventions), et les chiffres sont là, accablants : dans les livres pour enfants, les rois sont 175 contre 72 reines, là où les 103 princesses dominent en nombre les 89 princes ! Oui, oui, c’est garanti ! Nous avons bien compté ! Et recompté ! Nous avons bien employé notre temps ! Pour faire cette découverte essentielle ! Cette révélation majeure ! Réalisez-vous en effet que nous tenons enfin le ferment de toute violence faite aux femmes ? L’origine de tous leurs maux ? L’inégalité du nombre de rois et de reines dans les contes pour enfants : tout est là ! Mais oui ! C’est là qu’il faut agir ! De toute urgence ! Et sans faiblir ! Se remonter les manches, prendre son courage à deux mains et, au mépris du danger, lutter pour rééquilibrer au plus vite les représentations des rôles sexués dans les ouvrages pour enfants ! Et puis aussi terroriser tous ceux qui portent atteinte à la dignité de la femme ! Mais non, pas les violeurs syriens et algériens, oh là là, ce que vous pouvez être fasciste : ces salauds qui trouvent ridicule d’écrire auteure ou professeure ! Ces députés qui s’obstinent à donner du « Madame le président » (et ne font ainsi qu’appliquer les règles de la langue française) ! Ces infâmes machos qui complimentent leur collègue pour sa robe — hop, licenciés ! Se démener avec la dernière énergie pour obtenir la disparition du nom genré« école maternelle » — appellation scandaleusement sexiste suggérant arbitrairement, sans aucune raison connue à ce jour, une proximité entre le concept de « mère » et celui de « petite enfance ». Voilà des combats aussi utiles qu’exaltants. Qui justifient l’engagement de toute une vie.

Mais les femmes qui, dans les quartiers, se voilent pour que leurs fils ne se fassent pas traiter de « fils de pute », leurs filles de « filles des caves », et elles-mêmes de « putes » (ou, pire, de « Françaises ») ? Les burqas ? Ah ! Attention ! Ne stigmatisez pas ! Non mais enfin ! Vous êtes maboul ? Vous avez bu ? Les femmes sont libres de s’habiller comme elles veulent, quand même ! Ah mais la burqa c’est la liberté ! Mais oui : la liberté de s’habiller comme on veut ! Enfin ! C’est l’évidence même ! Ah ! Laissez leur le choix ! Comment ça une femme qui met la burqa approuve sa diabolisation ? Et met la pression sur celles qui voudraient ne pas se voiler ? Allez, allez… Quoi, quelles sottises dites-vous encore ? « Et la mixité dans tout ça » ? « Séparation des sexes » ? Euh… mixité… séparation des sexes… Mixité ? Séparation des sexes ? Foutaises ! Balivernes ! Hors-sujet ! C’est leur culture ! Leur civilisation ! Merde, à la fin ! Respectez les civilisations ! Dans leur diversité ! Sauf bien sûr l’immonde civilisation chrétienne, misogyne et patriarcale, la seule vraiment infâme et très spécialement dégueulasse avec les femmes ! C’est elle qu’il faut supprimer ! Elle nous a fait tant de mal ! Mais laissez les autres en paix, sale raciste !

Si les événements de Cologne, Hambourg, Stuttgart, Düsseldorf, Helsinki, Zurich etc. ont pu avoir un « intérêt », c’est de faire tomber définitivement le masque des féministes. De révéler leur vrai visage. D’apporter la preuve ultime de ce qui, au fil des ans, devenait de plus en plus flagrant.

Désormais le doute n’est plus possible. Les réactions de nos féministes confirment ce que tout observateur un peu lucide avait compris depuis longtemps, à savoir que le féminisme est le faux nez d’un combat plus profond, plus essentiel : la lutte à mort contre la civilisation chrétienne. Le féminisme fait partie de l’arsenal de mouvements lancés autour de mai 68 qui, dans leur apparente diversité, visent un objectif commun : la destruction des soubassements catholiques de l’Europe. Le féminisme participe de l’offensive idéologique déployée depuis cinquante ans pour anémier les peuples européens, les stériliser, les engourdir dans la haine de soi et le consentement à leur disparition. Offensive ayant elle-même une filiation directe avec les offensives précédentes des « Lumières » abrutissantes, de la Révolution décapiteuse, du génocide vendéen, des lois de ségrégation des catholiques entre 1880 et 1905. Voilà pourquoi, de même que la laïcité à géométrie variable est non pas un paradoxe, mais un pléonasme (toute personne connaissant l’Histoire sait que la laïcité n’a jamais eu pour but la neutralité religieuse, mais la neutralisation du catholicisme), de même l’antimachisme à géométrie variable manifesté par le féminisme n’a plus rien d’étrange une fois qu’on a identifié le principe de fond du féminisme.

Les femmes doivent donc comprendre qu’elles n’ont rien à espérer des féministes. Mais au contraire, tout à en redouter. Car les féministes ne défendent pas les femmes : elles combattent l’homme blanc hétérosexuel. Et lui seul. L’homme blanc hétérosexuel, incarnation supposée de l’immonde civilisation chrétienne. Et elles ont gagné. L’homme blanc moyen est devenu un pleutre, un capitulard, un vague pantin mou et enfiotté. Une petite merveille d’indécision et de lâcheté. Un soumis instinctif, jamais lassé de ramper et de demander pardon.

Nous l’avons vu à Cologne : il n’y a plus personne pour défendre les femmes. Merci les féministes. Et bravo. Beau travail. En même temps qu’elles s’acharnaient sur un ennemi imaginaire, et détruisaient un modèle de relations entre hommes et femmes d’une rare subtilité, jouant merveilleusement de leur complémentarité, elles consentaient par leur silence à la montée en puissance d’un système phallocrate, relevant d’une conception abjecte de la femme, et déployant contre elle une violence extrême. Il faut démonter la propagande dont les escrocs politico-médiatiques nous pilonnent inlassablement le cerveau : la vérité est que la sacro-sainte condition des femmes n’a jamais autant reculé que depuis que les féministes se sont arrogé le monopole de sa défense. Mais elles sont contentes. Satisfaites. Elles ont obtenu ce qu’elles voulaient. Grâce à elles, fini le prince charmant monté sur son destrier qui vient libérer la princesse : place au morveux sur trottinette qui détale comme un lièvre au moindre danger. Et laisse le champ libre aux pires sauvages. En toute bonne conscience, évidemment : car si l’Occidental castré n’a plus un atome d’honneur, son contentement de soi est en revanche à toute épreuve. A l’épreuve des balles, même…

Stefan Zweig a écrit : « Aucune vie, aucune brutalité sur terre n’a fait verser autant de sang que la lâcheté humaine ». Et Einstein, quelques années plus tard : « Le monde est un endroit redoutable. Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, qu’à cause de ceux qui voient le mal et ne font rien pour l’empêcher. » Ces aphorismes ont résonné très fort il y a deux mois… Et ils n’ont pas fini… Les occasions ne vont pas manquer de vérifier leur pertinence… Cologne ne fut qu’un avant-goût. Un échantillon. L’extension de la belle expérience du Kosovo à l’échelle de l’Europe, menée par la maquerelle Merkel, le maque François, et les entrepreneurs en chaos de Washington et de Bruxelles, est en marche. Nous allons vers des temps extrêmement durs pour les femmes. Terriblement éprouvants. Elles vont payer très cher l’émasculation des hommes européens. Quand il n’y a plus de virilité, il n’y a plus de rempart… Demandez d’ores et déjà aux femmes de témoigner sans détour de leur quotidien dans les transports, dans la rue… De leur sentiment d’abandon…

Il faut plaindre une civilisation qui ne fait pas de la protection des femmes sa préoccupation majeure. Son exigence implacable. Il faut trembler pour une civilisation qui ne donne pas aux femmes la place qui leur revient — la première. Il faut craindre le pire pour une civilisation qui a renoncé à défendre ses femmes. Elle est la plus barbare d’entre toutes. Et elle est vouée à disparaître, dans la soumission et le déshonneur.

Cette civilisation est la nôtre. Nous sommes les barbares. Et nous disparaissons, dans la soumission et le déshonneur.

Soutenez Nicolas L sur Tipeee

La journée des dupes

La journée des femmes est une journée d’endoctrinement. De dressage. De terreur idéologique.

Elle est un volet du programme d’émasculation de l’homme blanc hétérosexuel — et de lui seul — que la majorité de nos féministes mettent en œuvre depuis quarante ans.

La journée des femmes procède de gâtisme, de paranoïa et de lâcheté.

De gâtisme et de paranoïa, car elle se fonde sur le fantasme éculé d’un homme blanc machiste, sexiste, cogneur, misogyne, qui a pourtant disparu depuis longtemps (et qui, quand il existait, relevait de l’exception, contrairement à ce qui a cours dans d’autres civilisations).

De lâcheté, car en même temps qu’elle dénigre (ou stigmatise, pour reprendre l’affreuse terminologie de nos illettrés médiatiques) l’homme blanc hétérosexuel à grands coups de caricatures et de sarcasmes, elle reste muette sur le véritable machisme contemporain, celui des « quartiers ». Par un silence obstiné autant qu’odieux, elle maintient un voile pudique, c’est le cas de le dire, sur la condition des femmes dans les banlieues.

A la journée des femmes, on n’entendra donc pas évoquer les tournantes, ni ces femmes qui se voilent pour que leurs fils ne se fassent pas traiter de « fils de pute », leurs filles de « filles des caves », et elles-mêmes de « putes » (ou, pire, de « Françaises »).

A la journée des femmes, on  n’entendra pas évoquer les 230 viols commis quotidiennement en France (dont le quart par des mineurs), ni le laxisme monstrueux qui en est à l’origine.

A la journée des femmes, on  n’entendra pas évoquer les lois Dati et Taubira (deux femmes…), qui permettent chaque année à 500 violeurs condamnés de ne pas passer par la case prison. On n’entendra pas non plus évoquer les aménagements de peine devenus quasi-automatiques, par la grâce desquels un violeur récidiviste peut se réinstaller après six mois d’emprisonnement à 150 mètres de sa victime. On n’entendra pas évoquer ces joggeuses violées et assassinées par des multirécidivistes libérés conditionnellement pour la vingt-cinquième fois parce que cette fois, promis juré, ils ne présentaient « aucun risque de récidive ». Parole d’expert. D’expert psychopathe psychiatre.

A la journée des femmes, on  n’entendra pas évoquer la légion d’honneur décernée la veille de la journée des femmes par notre Président (lui-même interviewé par Elle la veille de la veille de la journée des femmes) au prince héritier saoudien, défenseur bien connu de la cause des femmes.

A la journée des femmes, on  n’entendra pas évoquer les victimes des viols de masse de Cologne, Hambourg, Stuttgart, Düsseldorf, Helsinki, Zurich, encore moins le profil de leurs agresseurs, encore moins leur religion.

A la journée des femmes, on s’obnubilera sur des débats retardataires et d’une futilité culminante, on se scandalisera de l’inégale répartition des tâches ménagères, on caquettera d’indignation à propos de la prétendue invisibilité des femmes dans la société, on glapira contre le terrible sexisme qui sévit dans les manuels scolaires, on fulminera contre la sous-représentation des femmes dans les conseils d’administration, on luttera héroïquement contre Blanche Neige (qui véhicule des stéréotypes sexistes), on se battra pour la suppression du titre « Mademoiselle » des formulaires administratifs, on exigera le licenciement des hommes qui félicitent leur collègue pour sa robe, on obligera les pères à devenir des mères comme les autres, des papas kangourous qui font gouzou gouzou et donnent le sein. Avec pour seul objectif de castrer l’homme blanc hétérosexuel (incarnation supposée de l’immonde civilisation judéo-chrétienne), d’en faire un pleutre insipide qui ne sait plus défendre ses femmes.

Fini, donc, le prince charmant monté sur son destrier qui vient libérer la princesse ; place à l’émasculé monté sur trottinette qui détale comme un lièvre au moindre danger. Et laisse le champ libre aux pires barbares. Belle victoire des féministes. Pendant qu’elles s’acharnaient sur un ennemi imaginaire, et détruisaient un modèle de relations entre hommes et femmes d’une rare subtilité, elles consentaient par leur silence à la montée en puissance d’un système phallocrate, relevant d’une conception abjecte de la femme, et déployant contre elle une violence extrême. Mais bon, ne soyons pas rabat-joie, et entonnons la propagande officielle : la condition des femmes a vachement progressé en quarante ans. Toutes les femmes de banlieue vous le diront, celles de Cologne et de Stockholm aussi. Nous pouvons remercier les féministes. Elles ont fait du bon boulot. Comment disait Lénine, au fait ? Ah oui : idiot(e) utile.

Bataclan

Enfin on décida d’allumer la lumière.

Des morceaux de cervelle étaient éparpillés,
Les cadavres gisaient, certains décapités,
D’autre juste égorgés, la plupart éventrés ;
Un océan de sang inondait le plancher.

Parmi les intestins et les têtes esseulées,
Des survivants épars gémissaient de douleur
Ou, par spasmes, émettaient de bien lugubres pleurs :
Pour beaucoup, sans attendre, il fallait amputer.

De cette nuit de feu, de sang et de terreur,
La plupart sortiraient pour toujours mutilés,
Dans leur chair et leur âme, à tout jamais marqués,
Brisés, anéantis, tenaillés par la peur.

Pendant que les brancards, dans les halos bleutés,
Charriaient les victimes en train d’agoniser,
Clémentine, humaniste habitant le quartier,
Livrait ses impressions à BFM TV :

« Mes premières pensées vont naturellement
Aux premières victimes de ces atrocités,
A ceux qui vont encore être stigmatisés ;
Je parle bien sûr de ces pauvres musulmans.

Ils sont les vraies victimes de cette tragédie,
Et nous devrions tous hurler d’indignation
Devant les amalgames et les persécutions
Qu’endurent ces martyrs de la xénophobie.

Ils sont amalgamés, haïs, stigmatisés,
Mitraillés d’orduriers clichés nauséabonds,
D’amalgames odieux, de stigmatisations :
Ils sont stigmatisés, et même amalgamés.

D’ailleurs on ne sait pas qui sont les assaillants :
On ne peut écarter l’hypothèse frontiste,
Ni ne pas soupçonner les cathos intégristes :
Redoublons de prudence et de discernement

Sans céder à la peur, la haine ou l’ignorance ;
Méfions-nous des clichés et des idées reçues :
« Allah Akbar », qui sait, peut désigner Jésus,
Puisque le christianisme appelle à la violence. »

Par ce discours poignant, frémissant d’émotion,
Clémentine montrait sa belle humanité
Et son époustouflant sens des priorités ;
C’était un grand moment d’intense compassion.

Ces émouvants propos reflétaient un cœur d’or,
Tout en délicatesse et sensibilité ;
Une âme riche et noble, une immense bonté :
On n’aurait pu rêver plus grand respect des morts.

Elle disait aussi qu’en hommage aux blessés,
Il fallait sans délai se remettre à danser :
C’était un geste fort de solidarité
Pour ceux qui, désormais, ne pourraient plus marcher.

Face aux kalachnikovs, à la terreur armée,
Elle préconisait d’aussitôt riposter,
D’opposer nos valeurs de Citoyenneté,
Nos Droits de l’Homme et, comme Hessel, de s’indigner.

Contre les terroristes elle nous exhortait
A résister sur les terrasses de café,
A prendre l’apéro, pour les intimider ;
Résistante accomplie, elle nous l’assurait :

Commander une bière, c’est être Jean Moulin ;
Faire un happy-hour, c’est être Résistant ;
Rien n’est plus courageux, plus noble ni plus grand
Que de fumer un joint une pinte à la main.

Au mépris du danger, il faut prendre les armes :
Liker, poker, twitter, commenter, s’indigner,
Hurler « Je suis Charlie », et surtout consommer
Pour conjurer la peur, la souffrance et les larmes.

Il faut évoluer, vivre à deux cent à l’heure,
Défendre le progrès et la modernité,
Notre droit à rêver et à positiver,
Etre heureux, optimistes, et fiers de nos valeurs :

La Sainte Parité, l’Egalité sacrée,
Les valeurs de Progrès et de Modernité,
Les mesures en faveur de Sainte Mixité,
Sans oublier, bien sûr, la Citoyenneté

Et la lutte acharnée contre les amalgames
Et la dénonciation de tous les amalgames
Et la condamnation de ceux qui amalgament
Et enfreignent la règle : surtout, pas d’amalgame.

Ne pas stigmatiser, ni faire d’amalgame :
Voilà tout ce qui compte : éviter l’amalgame.
Construisons donc un monde pur de tout amalgame
Et nous serons heureux ! A mort les amalgames !

Clémentine, païenne, et flamboyante athée,
Haïssait l’amalgame à l’égal du péché
Et, bien que tolérante, ne pouvait tolérer
Que certains se permettent de stigmatiser.

Cœur d’élite, elle avait toujours eu l’intuition
Que partout se nichaient des discriminations,
Des amalgames haineux, des stigmatisations,
Des idées rances et des propos nauséabonds,

Et des discours de haine, hostiles au vivre-ensemble.

Sans cesse elle attaquait, ne laissait rien passer :
Furieuse, elle exigeait qu’au vocable « islamiste »
On substitue le mot plus neutre « terroriste » ;
Eh oui : un amalgame est si vite arrivé !

Elle avait l’impression, sans être complotiste,
Qu’on en faisait beaucoup contre les islamistes
Tout en laissant voter ces salauds de frontistes ;
Elle y voyait de sourds relents colonialistes

Niant l’équivalence entre les extrémismes
En s’acharnant sur ceux entachés d’exotisme.
Or, pour elle, il fallait appliquer aux fascismes
Les principes sacrés de l’égalitarisme :

Qu’ils se nomment islamisme, haine ou nationalisme,
Les enfants du fascisme ont des effets égaux ;
Ne pas hiérarchiser entre tous ces fléaux :
Ils sont également les fruits de l’extrémisme.

Les extrêmes se valent, c’est un fait avéré,
Mais le repli sur soi, frileux, nauséabond,
Ruinant le vivre-ensemble, attisant les tensions,
Est quand même celui qui a tout déclenché :

La faute originelle est chez les populistes,
Ces franchouillards moisis, étriqués, rabougris
Se préférant à l’Autre, emplis de nostalgie ;
Ce sont eux les premiers et les pires fascistes.

Nous avons le devoir de les rééduquer,
De leur apprendre à ne pas caricaturer,
Ni faire d’amalgame, et de leur inculquer
Le respect et l’amour de la diversité.

Nous devons les guérir de leur sale arrogance,
Nous devons leur montrer ce qu’est la tolérance,
L’acceptation d’autrui, malgré les différences,
Et la fraternité et puis la bienveillance ;

A tous ces gens qui par défaut d’éducation,
Cèdent à la tentation des discours populistes,
Nous devons expliquer qu’ils sont bêtes et racistes,
Des moutons consentant aux manipulations,

Ce, bien évidemment, en toute bienveillance,
Dans un souci d’amour et de fraternité,
Pour que sans amalgame et sans stigmatiser,
Nous bâtissions ensemble une nouvelle France.

Clémentine croyait beaucoup à cette idée
Que nous sommes avant tout des citoyens du monde
Voués à fusionner dans une immense ronde,
Un joyeux arc-en-ciel, plein de fraternité.

Mardi soir, lors de son atelier d’écriture,
Elle avait déclamé un beau texte émouvant
Invitant à céder notre place aux migrants :
Elle était réputée pour ses écrits qui durent.

Pour ses amis poètes, banquiers et écrivains,
Artistes et cadres sup, managers musiciens,
Guitaristes bohèmes et polytechniciens,
Nous devions accueillir tous nos frères humains :

« Dépassons les clichés et les discours de haine :
Aucune différence ne distingue un Syrien
D’un Français ou d’un Suisse, ou bien d’un Italien :
Nous faisons tous partie de la famille humaine ;

N’écoutons pas ceux qui cherchent à nous diviser,
Prônant repli sur soi, haine et ressentiment ;
Syriens, Erythréens, Français ou Allemands,
Nous sommes tous pareils, frères en humanité. »

Tel était le credo de ces grands généreux
Qui souhaitaient accueillir l’ensemble des migrants
Mais pas forcément dans leur arrondissement :
Il y avait bien assez de place en banlieue.

La banlieue, Clémentine, elle connaissait bien
Par les très bons articles de Libération,
Les fact-checkings du Monde, riches en révélations,
Et par Télérama, le journal citoyen :

Enquêtes dissidentes, vérités dérangeantes,
Analyses objectives, infos sans concessions,
Journalistes impartiaux, et sans compromission :
Voilà ce qu’y trouvait cette fille exigeante.

Grâce à ces sources neutres, objectives, impartiales,
Exemptes de clichés, de désinformations,
De contrevérités, de manipulations,
Elle acquérait du monde une vision globale

Loin des stéréotypes et des caricatures,
De ces cons de Français, faiblement éduqués
Votant Front national, hostiles aux immigrés,
Stigmatisant autrui par manque de culture.

A rebours des clichés, Clémentine savait
Que ces pauvres banlieues, souvent stigmatisées
Sont des lieux précurseurs, propres à faire émerger
Une autre société, porteuse de progrès.

Là-bas la parité est loin d’être un vain mot ;
L’égalité des sexes est un fait accompli
Le machisme a perdu, et la misogynie
N’existe pas plus que la haine des homos.

Là-bas l’homophobie n’a pas droit de cité
Tout y est gay-friendly, ouvert et fraternel ;
L’harmonieux vivre-ensemble de la France arc-en-ciel
Est d’ores et déjà une réalité.

Dans ces laboratoires du monde de demain
S’épanouissent à fond les valeurs citoyennes,
L’apothéose des valeurs républicaines ;
L’ambiance y est cordiale, on vit main dans la main

Dans le calme, la paix et la sérénité.
Regorgeant de talents, les banlieues et cités
Sont des lieux enivrants de créativité
Pleins de brillants esprits, de génies, de surdoués.

Dans ces quartiers bénis, pépinières à génies,
Règne une stimulante et fière impertinence,
Un frais et vivifiant parfum de dissidence :
On en ressort toujours quelque peu étourdi…

Cela tourne parfois à la très chaude ambiance :
Ce sont les excès de la fièvre créatrice,
Les grands élans propres à la pulsion novatrice :
Que serait le génie sans un brin d’insolence ?

Clémentine, voulant voir de ses propres yeux,
Ces coins de paradis, ces havres de douceur,
Goûter la poésie de ces lieux enchanteurs,
Avait pris une fois un train vers la banlieue.

Lors de son beau trajet vers l’immense bonheur,
Elle avait rencontré de jeunes hommes à casquettes
(Soit à ses yeux une pléiade de poètes)
Qui, se rapprochant d’elle, lui avaient fait très peur.

Ils parlaient pourtant un langage raffiné
Sale tepu, céfran, roumi, face de craie,
Entre autres mots exquis, mais rien n’y avait fait :
Clémentine s’était trouvée tétanisée.

Il est vrai qu’aussitôt qu’ils l’avaient repérée,
Les poètes à casquette l’avaient interpellée,
Puis en quelques secondes ils l’avaient encerclée
Avant de l’insulter, et puis de la gifler.

Par un bon coup de poing en plein dans les gencives
Ils lui avaient passé l’idée de résister ;
Tout en la saccadant de leurs mains intrusives,
Ils s’étaient empressés de la déshabiller

Puis avaient trois par trois testé ses orifices ;
Pendant que, rigolards, ils ravageaient son corps,
Certains lui assénaient des gifles bien sonores,
Et d’autres parlaient de la finir à la pisse.

Quand ses amis poètes en eurent terminé,
Elle gisait inerte et désarticulée ;
Trois d’entre eux la traitèrent de pute et de traînée
Puis sur son visage ils se mirent à uriner.

Coups de pieds dans les côtes et crachats sur les seins
Achevèrent ce beau moment de parité ;
Tout s’était passé comme expliqué dans Libé,
Loin des caricatures et des clichés malsains.

Les caméras du train, récemment installées,
Avaient enregistré et immortalisé
Cette heureuse plongée dans la diversité ;
Un policier zélé, voulant en témoigner,

Posta la vidéo sur les réseaux sociaux ;
Elle se répandit, eut des millions de vues ;
Très vite cependant, cette vidéo fut
Instrumentalisée par les réseaux fachos

Qui l’exploitèrent de façon nauséabonde,
La mettant au service de leurs obsessions ;
Pour contrer leurs mensonges et falsifications,
Clémentine livra sa version dans Le Monde :

C’était, affirmait-elle, un simple acte isolé,
Qui eût pu se produire aussi dans son quartier ;
Il ne fallait surtout pas généraliser
Et réprimer ceux qui voudraient l’extrapoler ;

Si l’agression semblait très stéréotypée,
Opposant la bourgeoise à des jeunes immigrés,
Clémentine tenait à faire remarquer,
Qu’un des dix agresseurs n’était pas si bronzé.

Quant aux propos racistes qu’ils avaient proférés,
Clémentine assurait ne pas s’en rappeler ;
Et quand bien-même ils eussent été articulés,
Elle les excusait : ils étaient éméchés.

C’était un fait divers, une simple agression :
Clémentine voulait qu’on cessât d’en parler ;
Elle refusait d’être instrumentalisée
Et s’opposait à toute récupération :

L’idée lui répugnait que soient incriminés
Les pauvres Jean Valjean qui l’avaient agressée ;
Que par sa faute ils puissent être stigmatisés,
Ca jamais elle ne pourrait le supporter.

Pour ses dix agresseurs, qui l’avaient dévastée,
Elle manifestait de la compréhension :
Ils souffraient d’exclusion, de stigmatisation :
Il était naturel qu’ils cherchent à se venger.

Il fallait donc, pour eux, avoir de l’indulgence :
Les vrais coupables, au fond, étaient l’intolérance,
Le refus d’accueillir ces chances pour la France :
Qui sème l’exclusion récolte la violence…

Six mois avaient passé, les oiseaux gazouillaient ;
Clémentine, elle, était en train de résister
En terrasse avec son iPhone et son Libé ;
Savourant l’édito, parfois elle twittait,

Ou prenait un selfie, hashtagé #JeanMoulin.
Soudain une voiture s’arrêta devant elle
Deux hommes en sortirent, semblant chercher querelle :
Ils portaient des cagoules, et tenaient dans leurs mains

De lourdes mitraillettes, qu’ils brandirent très haut ;
Quand ils se mirent à crier « Allah Akbar »,
Tout le monde, affolé, se rua vers le bar,
Sauf Clémentine qui haranguait le troupeau :

« Prenez garde ! Attention ! Ne stigmatisez pas !
Surtout pas d’amalgame, ou je fais un malheur !
Ah ! Je vous interdis de surfer sur les peurs !
Comment ? Que faites-vous ? Vous n’obéissez pas ?

On entendit alors partir quelques coups secs
« Ah, que de préjugés encombrent vos cerveaux !
Que de stéréotypes et de clichés idiots !
Je vous le dis : cela n’a rien à voir avec… »

Clémentine n’eut pas le temps de terminer :
Une balle tirée par ces messieurs courtois
Lui rompit la mâchoire ; une autre se logea
Dans son cou. Clémentine finit par s’écrouler.

Elle était, sans conteste, en très piteux état.
Sa gorge palpitait, sa bouche glougloutait ;
De sourds gémissements, par moments, affleuraient ;
L’air, plein d’odeurs funèbres, apportait le trépas.

Clémentine, sentant qu’elle allait rendre l’âme
Dans un suprême effort prit sa respiration
Et livra l’essentielle et ultime leçon :
Dans un dernier souffle elle hurla « Pas d’amalgame ! »

C’était tout ; on pouvait éteindre la lumière.

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L’ultralibéralisme en une minute





«Si l’on me demande quel est le symptôme le plus général de l’anémie spirituelle,
je répondrai certainement : l’indifférence à la vérité et au mensonge »
Bernanos
Eric Woerth est indispensable. Non pour son action politique, qui oscille entre le nocif et l’insignifiant. Ni pour son charisme, digne d’un bigorneau. Ni pour son inconsistance, qui n’a d’égale que sa suffisance. Ni pour son autosatisfaction inébranlable, que seuls approchent ses sosies Raffarin et Sarkozy. Ni pour le supplice que constitue le spectacle de sa grosse gueule hautaine et impassible, pour laquelle semble avoir été inventée l’expression « tête à claques ».
Non. Si Eric Woerth est indispensable, ce n’est certes pas pour ses qualités ni pour ses bienfaits, dont je mets au défi quiconque d’établir l’esquisse d’un inventaire. Si Eric Woerth est indispensable, c’est qu’il incarne jusqu’à la caricature ce qu’est devenue la classe politique, ce ramassis de notables impotents, d’apparatchiks ringards, de paresseux de l’esprit formatés jusqu’à l’os, incapables d’articuler autre chose que le prêt-à-penser routinier et gâteux dont on leur a farci le crâne à Sciences po ou à l’ENA et qui, depuis, leur garantit une « respectabilité » médiatique (chacun ses valeurs) et un joli train de vie.
L’homme politique contemporain, c’est-à-dire Eric Woerth, est un illettré. Il ne lit jamais, sinon des prompteurs. Il n’écrit rien, sinon des communiqués de presse — rédigés par ses assistants. Il n’a pas de vocabulaire, il a des éléments de langage. Il n’a pas de pensée, il a un programme. Pas d’éloquence, mais des petites phrases. Pas de repartie, mais des sarcasmes. Pas d’arguments, mais des insultes. Toujours les mêmes. Depuis trente ans.
Il y a quelques jours, un débat opposant Eric Woerth, morne moulin à poncifs, au fulgurant Florian Philippot, a été l’occasion d’observer l’homme politique contemporain dans toute l’étendue de sa vulgarité. La bassesse, l’inculture, la mesquinerie qui se manifestent à des degrés divers dans l’immense majorité de notre personnel politique, semblaient s’être donné rendez-vous chez Eric Woerth. Et elles étaient en pleine forme. Depuis sa désinvolture effarante, sa morgue ostentatoire, son élocution relâchée, extraordinairement vulgaire, jusqu’à ses petites techniques de salope pour empêcher son contradicteur de s’exprimer — interventions parasite incessantes, obstruction de la parole, harcèlement de sarcasmes et d’insultes — c’est à une magnifique démonstration de l’avilissement du politique que l’on a pu assister. A ceux qui douteraient encore que l’intelligence, la culture, la vivacité d’esprit avaient déserté pour de bon la classe politique dite « de gouvernement » (sans doute par antiphrase, quand on voit leurs résultats calamiteux), le visionnage de ce « débat » apportera un démenti définitif.
Quand on lui demande comment affronter la crise économique, Eric Woerth, insipide dévot du libre-échange, décline immédiatement les articles de foi du catéchisme ultra-libéral : « réformes », « gouvernement économique européen », « convergence », « intégration européenne », « c’est le manque de réformes qui nous affaiblit ».
Quand on l’interroge sur la pertinence pour la France de recouvrer sa souveraineté monétaire — pouvoir régalien majeur, que de Gaulle n’aurait évidemment jamais cédé —, ce gaulliste autoproclamé débite sans attendre les plus grotesques, les plus obsolètes poncifs de la pensée clonée : « Y a pas d’problème de monnaie ; l’euro nous protège. » « L’euro a créé de la richesse ». « Sortir de l’euro, c’est mener la France à la ruine » (mais peut-être a-t-il confondu « sortir de » et « entrer dans » ?).
Et quand son contradicteur lui expose un arsenal de solutions visant à agir non sur des problématiques annexes de droit du travail ou de microéconomie, mais sur les problèmes de fond via l’activation des leviers essentiels à la compétitivité, il se trouve réduit, faute d’arguments, à coller les grosses étiquettes bien rustiques piochées dans sa batterie d’éléments de langage : « Le programme économique du FN est un programme de gauche, d’extrême gauche même. C’est le programme de Mélenchon », récitant comme un perroquet bien docile la sotte propagande de son parti. La vérité étant que l’euro, l’abolition des frontières et le recours à l’immigration massive sont les trois grands piliers des programmes économiques de la « droite » et de la « gauche », ces enfants jumeaux de « l’alternance unique » ; qu’à l’inverse les principes de souveraineté monétaire, territoriale et migratoire qui fondent le programme économique du FN sont ceux d’un grand gauchiste nommé de Gaulle, figure majeure du « capitalisme d’Etat » qui a fait le succès de la France — et que les maîtres à « penser » d’Eric Woerth caricaturent en économie administrée à la soviétique.
La vérité est que les prétendues explications de la « crise » par des considérations microéconomiques, de fiscalité ou de droit du travail, servent à en occulter les causes structurelles.
La vérité est que le chômage et l’hyper-fiscalité sont les conséquences de l’ultra-libéralisme (et de son bras-armé l’immigration massive) : par la mise en concurrence directe, et donc insoutenable, avec des salariés payés une misère, par les délocalisations de l’appareil productif (hommes et infrastructures) dans les pays émergents, celui-ci engendre un chômage massif, qui lui-même nécessite des prélèvements sociaux toujours plus massifs – et de l’endettement…
La richesse que nous ne produisons plus, et le manque à gagner fiscal résultant — faute d’avoir eu la poigne d’un de Gaulle pour protéger nos économies de la sacro-sainte concurrence libre et non-faussée — nous les compensons par des ponctions colossales sur les quelques travailleurs restants, et par de la dette.
C’est désormais l’Etat (donc le contribuable) qui assume le coût social du libre échange débridé (chômage, immigration massive, insécurité, prestations de santé, de logement, etc.) ; lequel, à l’inverse, tire des bénéfices colossaux de la pression baissière qu’il exerce sur les salaires.
Privatisation des profits, étatisation des pertes : voilà le glorieux bilan de trente ans de soumission (rémunératrice) de nos élites à la mondialisation ultra-libérale. Il ne faut pas chercher plus loin pour comprendre pourquoi la pression fiscale et les dettes des Etats atteignent des niveaux inconcevables il y a encore 20 ans, comme le fait dans le même temps la concentration des richesses…
Les ultra-libéraux n’ont en effet qu’une obsession : la rentabilité. « Maximiser la marge », voilà leur devise de maniaques. Et pour maximiser la marge, la meilleure façon est encore de minimiser le coût du travail.
L’Union européenne n’est que la modalité à l’échelle européenne de cet ultra-libéralisme qui régit (et ravage) la planète depuis trente ans. Directive détachement, abolition des frontières, interdiction des taxes douanières, monnaie unique pour bloquer le levier monétaire et contraindre à la dévaluation salariale : tout est fait pour forcer à l’alignement du traitement des travailleurs sur le moins-disant social.

Ce n’est pas par hasard, ni par l’opération du Saint-Esprit qu’1% de la population détient 50% des richesses mondiales. Ce n’est pas une coïncidence si, au moment où l’ultralibéralisme triomphe, la pauvreté n’a jamais autant répandu ses prestiges (la France compte 15% de pauvres, qui le sait ? ; en Espagne, 34 % de salariés touchent moins de 753 euros par mois ; au Portugal, 20 % des habitants survivent avec moins de 409 euros mensuels ; et épargnez-moi de parler de la Grèce…). C’est le monde merveilleux des réformes, de la convergence économique et de l’intégration européenne que les Eric Woerth passés, présents et à venir bâtissent.