Les idées sont irrationnelles

Rien n’est idéologique : tout est psychologique. L’homme des Lumières est donc condamné à ne jamais rien comprendre à ce qui lui arrive (ce qui ne l’empêche pas de pérorer énormément). L’univers mental de l’homme des Lumières, ce chef-d’œuvre de déni, repose en effet sur un dogme absurde : « L’Homme est rationnel. » Dogme absurde, oui, puisque toute l’Histoire démontre que l’Homme n’est pas rationnel – ou alors très accessoirement, pour construire des ponts et des avions. Les idées ne relèvent pas de la raison : elles sont la traduction d’une conformation psychique. Voilà pourquoi on voit si peu de gens changer d’idées, même quand les faits les désavouent. Voilà pourquoi l’explication du suicide français par l’Histoire et par la politique est strictement stérile, comme d’ailleurs tous nos débats depuis cinquante ans. Rien de fécond ne sortira de l’homme d’Occident tant qu’il ne comprendra pas qu’il est vain de mener le combat idéologique sans arsenal psychologique : sans tenir compte de la psyché : sans refaire une place à l’âme…

Traître à la France ? À cette France ? Je le suis, assurément. Et j’aurais honte de ne pas l’être. Rien n’est plus vertueux que de trahir la République. Rien n’est plus salutaire. Pour soi, et pour la France.

L’IA rendra-t-elle le monde plus humain ? Ou achèvera-t-elle de le rendre invivable ? Le scientiste se fout de ces questions. Auxquelles il n’a qu’une réponse, aussi complexe que sa vie intérieure : « Le progrès, c’est bien. »