« Vive le fric – euh, vive la France ! » Les identitaires médiatiques ne veulent pas sauver la France : ils veulent faire du fric. Et la santé de leur compte en banque est une fonction inverse de la santé de la France. Voilà pourquoi ils évitent scrupuleusement de parler du seul sujet qui compte : la psyché française. « Que se passe-t-il dans la tête des Français, pour ainsi se détruire ? Et d’où cela vient-il ? » Jamais vous n’entendrez ces questions dans la bouche des identitaires médiatiques : cela signifierait le début de notre guérison. Donc la fin de leur rente.

Les escrocs

Pour être bien certain de ne jamais résoudre un problème, il suffit de toujours parler d’autre chose. « Face au cauchemar français, parler de tout, sauf du vote des Français » : voilà le mot d’ordre des rentiers du chaos. De tous les politiques, médiatiques, penseurs en PQ, influenceurs patriotes et autres ordures identitaires. Dont le business ne tient que par les bavardages futiles, et l’évitement scrupuleux de la seule question qui permettrait de poser un diagnostic (et donc, peut-être, de nous sauver) : « Pourquoi les Français font-ils ça ? »

Si les écrans, les jeux vidéo ou les réseaux sociaux étaient la cause de la violence, le Japon et la Corée seraient ultra-violents. Fin de la discussion.

Choc d’amour

Certains espèrent un électrochoc. Un événement, une catastrophe, une tragédie qui, enfin, réveillerait les Français… Le Bataclan, Lola, Charlie Hedbo, la compote niçoise, le p’tit Paty scié, Mohammed Merah, Salah Abdeslam, les émeutes de 2005, les émeutes de 2023, les militaires partout, 130 agressions au couteau par jour, 1 900 agressions gratuites par jour, 230 viols par jour : si rien de tout cela n’a suffi, c’est peut-être que cet espoir repose sur une prémisse fausse – à savoir que le Français moyen serait psychiquement sain, et aspirerait à la douceur. Hélas tous ces éléments, dont un seul suffirait à épouvanter une psychologie saine, tendent au contraire à démontrer que le Français moyen est un psychopathe. Accro à la barbarie. Toxicomane de l’horreur. Tous ces éléments révèlent que le Français moyen est engagé dans une fuite en avant nihiliste qui, précisément, se nourrit de sang humain : chaque explosion de sauvagerie procure au Français moyen une jouissance intense (quoique inconsciente ou, du moins, niée), et suscite en lui le sourd désir d’un nouvel épisode. Encore plus atroce. D’où sa minimisation systématique des abominations qui se déroulent en France ; et ses votes systématiques pour que la série continue… Aussi, « l’électrochoc » souhaité occasionnerait chez le Français moyen un orgasme nihiliste qui ne ferait qu’exacerber sa psychopathie… On ne combat efficacement le Mal que par le Bien : si les Français doivent être guéris de leur amour de l’horreur, ce ne sera pas par une tragédie, mais par un miracle. Je crois aux miracles.