Œdipe à Hollywood

Regardez Depardieu. Di Caprio. Christian Bale. Et Joaquin Phoenix. Les grands acteurs ne s’aiment pas. Ils ne peuvent pas s’aimer : sitôt qu’ils s’aimeraient, ils cesseraient d’être des grands acteurs. Et c’est de toute façon quasiment impossible : les grands acteurs sont affectés d’un déficit d’idéalisation du surmoi qui les voue à une quête perpétuelle de personnages venant remplir ce vide, et leur donner la force qui leur manque. En psychologie, on appelle ça un transfert idéalisant. Tout grand rôle est un transfert idéalisant. Une tentative de combler ce dont leur père les a privés. Car le surmoi est « la réplique interne de l’objet œdipien massivement introjecté » (Kohut) : le déficit d’idéalisation du surmoi des grands acteurs résulte d’un père absent, maltraitant, ou insignifiant – en un mot décevant. Regardez Depardieu. Di Caprio. Christian Bale. Et Joaquin Phoenix.

4 commentaires sur « Œdipe à Hollywood »

  1. Merci pour cette analyse, et j’ai appris des concepts :). Psychanalytiques précisément, pas « en psychologie » mais je pinaille, on en comprend le sens, c’est ce qui compte. Concernant Gérard Depardieu, il a écrit ces manquements parentaux dans « ça s’est fait comme ça » (agréable à lire au passage), où il raconte qu’il « n’aurait pas dû naître » (survivant à une tentative d’avortement), ce qui lui était rappelé abruptement par sa mère. Quant à son père, une forme d’absence effectivement puisqu’il le laissait « libre », si libre qu’il s’est construit tout seul. Avec quand même ensuite quelques figures paternelles.

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    1. Merci. J’emploie à dessein le terme générique de « psychologie » ; amusé que vous citiez  « Ça s’est fait comme ça », que je trouve également passionnant 🙂 En plus d’être absent, le père de Gérard Depardieu ne présentait pas une surabondance de motifs d’idéalisation ; et vous devriez jeter un œil au père de Leonardo di Caprio…

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