Mort aux adultes

 
 
Mais ils ne continueront pas toujours, car leur folie devient évidente à tous.
Saint Paul, Deuxième Épître à Timothée
 

Benjamin Mouton. Qui se souvient encore de Benjamin Mouton ?

Benjamin Mouton, diplômé de l’École Nationale des Ponts et Chaussées, diplômé de l’École des Beaux-Arts, distingué de l’Ordre National de la Légion d’Honneur, distingué de l’Ordre National du Mérite, distingué de l’Ordre des Arts et des Lettres, Inspecteur Général des Monuments Historiques, expert du Ministère de la Culture, expert UNESCO pour le patrimoine mondial, et ex-architecte en chef de Notre-Dame de Paris.

Benjamin Mouton qui, à l’occasion de l’incendie de cette dernière, il y a exactement un an, fut brièvement invité, puis définitivement évincé des plateaux de télévision. Sans doute son CV fut-il considéré comme un peu léger, comparé aux autres intervenants. Sans doute jugea-t-on sa légitimité contestable… ses connaissances insuffisantes, concernant un édifice dont il avait été le plus haut responsable pendant… treize ans. Une paille, donc. Trois fois rien. Un petit joueur, ce Mouton. Un amateur. Un farfelu, un fantaisiste, un loufoque, dépourvu de surcroît du sens scientifique le plus élémentaire. Jugez vous-même : il osa suggérer, ce sec crétin, que la probabilité qu’un mégot de cigarette enflamme un tronc de chêne était plutôt modérée ! Non mais vous vous rendez compte du niveau du mec ? De l’obscurantisme du zig ? Et ça se prétend scientifique, ça ? Rigoureux ? Rationnel ? Alors que tant la pratique que la logique que les équations thermodynamiques le prouvent : un tronc de chêne s’évapore au contact d’un mégot. D’ailleurs, tous les pompiers le savent. Dommage qu’aucun média n’ait pensé à les inviter pour en témoigner.

Didier Raoult. Qui se souviendra de Didier Raoult, dans un an ?

Didier Raoult, infectiologue de réputation mondiale, titulaire de 25 prix nationaux et internationaux (États-Unis, Canada, Belgique, Royaume-Uni, Israël, Iran), Commandeur de l’Ordre du Mérite, Officier de la Légion d’honneur, directeur d’institut hospitalo-universitaire, directeur d’une centaine de thèses de médecine et doctorats, auteur de plusieurs milliers d’articles scientifiques, et chercheur français parmi les plus cités au monde.

Didier Raoult qui, à l’occasion de la pandémie de coronavirus de 2020, fut brièvement invité, puis définitivement évincé du Conseil scientifique Covid-19 institué par le ministère de la Santé. Sans doute son CV fut-il considéré comme un peu léger, comparé aux autres participants. Sans doute jugea-t-on sa légitimité contestable… ses connaissances insuffisantes, concernant un domaine dont il était l’un des plus éminents spécialistes mondiaux depuis plus de…. trente ans… Une paille, donc. Trois fois rien. Un petit joueur, ce Raoult. Un amateur. Un farfelu, un fantaisiste, un loufoque, dépourvu de surcroît du sens scientifique le plus élémentaire. Jugez vous-même : il osa suggérer, ce sec crétin, que la probabilité qu’on découvre de nouveaux effets secondaires à une substance prescrite depuis plus de 70 ans et semblant efficace contre le coronavirus— l’hydroxychloroquine — était plutôt modérée ! Non mais vous vous rendez compte du niveau du mec ? De l’obscurantisme du zig ? Et ça se prétend scientifique, ça ? Rigoureux ? Rationnel ? Alors que tant la pratique que la logique que la science statistique le prouvent : une substance prescrite depuis 1947 à une variété infinie de patients (du voyageur ordinaire se rendant dans un pays où sévit le paludisme, au patient atteint de lupus) présente une probabilité colossale de révéler des effets secondaires encore inconnus. Oh, oui, une probabilité très, très, extrêmement élevée ! Ouh là, considérable ! C’est l’évidence même ! Il vaut mieux donc attendre. Ne rien faire. Ne rien tenter. Laisser les gens crever, en attendant de trouver un autre traitement. Un autre ? Mais pourquoi un autre ? Et pourquoi pas celui-là, faute de mieux, en attendant ? Hein ? Pourquoi pas au moins essayer ? Parce que… hum… euh… voyez vous… nous ne disposons pas encore d’assez de recul sur les effets secondaires de l’hydroxychloroquine.

Ah bon, 70 ans, ce n’est pas assez ?! Mais c’est quoi, alors, assez ? Et vos nouveaux traitements, alors, on va les attendre combien de temps, à ce compte là ? Hein ? Avant d’avoir assez de recul sur leurs effets secondaires ? Jusqu’en 2090 (2020 + 70) ? Ou allez-vous nous expliquer qu’en l’espèce, quelques semaines de tests sur des échantillons sont plus riches d’enseignements que 70 ans de prescriptions sur des milliards d’individus ? Ça va être ça, votre raisonnement de spécialistes ? Votre démarche rigoureuse et scientifique ? Elle est bien gardée, la science, dans ces conditions…

Que des aberrations aussi évidentes, soutenues par des arguties aussi évidemment bancales, puissent perdurer pendant plusieurs semaines et, pendant plusieurs semaines, commander l’action d’un gouvernement, en dit long sur le chaos mental dudit gouvernement. Sur sa perte des repères les plus élémentaires.

Qu’une casuistique aussi grotesque et criminelle n’ait pas d’emblée été balayée d’un revers de main en faisant valoir que le rôle essentiel d’un État est de protéger et donc, en cas d’épidémie, d’accueillir favorablement une proposition de traitement émanant d’une sommité mondiale de l’infectiologie et présentant moins de probabilités de nuire que de servir, qu’un tel réflexe simple et sain de protection du peuple n’ait pas prévalu sur les lâches prudences des prétendus experts en dit long sur l’effondrement de la notion d’État chez ceux qui nous gouvernent. Et qui, précisément, sont censés incarner l’État — à commencer par le clown caractériel qui nous sert de chef d’État… Mais il est vrai que le transfert de nos souverainetés à l’Union européenne n’est pas vraiment de nature à affermir la conscience de l’État… à aiguiser la faculté de décider… En conséquence de quoi on voit nos « dirigeants » se traîner mollement devant les caméras pour ânonner, vagues et flasques, quelques banalités, avant de retomber dans leur apathie routinière. Le problème étant que l’Union européenne n’est pas moins apathique… qu’on ne la voit sortir de son hébétude que pour coller des amendes vengeresses aux pays qui ne respectent pas ses règles budgétaires — lesquelles ne sont pas sans lien avec le saccage de notre système hospitalier… Comme en Espagne, d’ailleurs, ainsi qu’en Italie et, à vrai dire, dans tous les pays de l’Union européenne. À part l’Allemagne, évidemment et comme toujours : l’Allemagne, pour qui l’euro et toute l’Union ont été faites, qui a donc conservé intacte son industrie — en vérité elle a bondi de 30% — , dispose par conséquent de finances abondantes et peut ainsi se doter de tests, de respirateurs et de lits d’hôpital — quatre fois plus qu’en France… L’Europe est la zone la plus touchée au monde par le coronavirus. C’est un symbole très lourd. Et ce n’est pas fortuit. Ce n’est pas sans raison. C’est le bilan concret de cinquante ans de destruction européenne. Le bilan de ces traités européens qui n’ont pas été signés pour faire joli… qui, très efficacement, ont façonné cette Europe qui gagne… L’Europe de l’euro (« Avec l’euro, on rira beaucoup plus », dixit Kouchner le visionnaire). De l’eurostérité. Du libre-échange sans barrières douanières, de la concurrence libre et non-faussée, de la même monnaie pour tous, et de la désindustrialisation qui résulte immanquablement de ces jolis principes. Une désindustrialisation proprement suicidaire, qui nous rend aujourd’hui incapables de produire jusqu’à de foutus masques… dépendants de la Chine jusqu’à l’absurde… dépendants à mort

La « construction européenne » est un oxymore : l’Union européenne a détruit l’Europe. Elle a transformé des pays qui, pendant des siècles, incarnèrent le sommet de la civilisation, en pays du tiers-monde. Mais que dis-je ? Retirez tout de suite ce raisonnement — cette fake news, même — de votre sale tête complotiste, et répétez sagement cette vérité plus que jamais éclatante : le Saint-Empire bruxellois germanique œuvre à la prospérité et au bonheur des peuples. Et puis surtout, le Saint-Empire bruxellois germanique nous protège.

Comme nous protègent ces bons médecins qui, pétris de compassion et de sens du devoir, conseillent notre brillant Président et son excellent ministre de la Santé, le performant Véran (avec sa gueule de collégien). Admirables médecins, qui en moins de cinq jours ont obtenu le départ du professeur Raoult de leur somptueux Conseil scientifique Covid-19. Une forte tête, pourtant, ce Raoult. Un coriace. Pas du genre à s’incliner sans avoir tout donné. Alors on imagine les trésors de fourberie qui ont dû être déployés pour obtenir sa démission… Mais il est vrai que les membres du Conseil scientifique Covid-19 n’avaient rien de plus urgent à faire. Période creuse. Alors ils se sont démenés, ont intrigué, n’ont reculé devant aucune mesquinerie charognarde pour obtenir la tête de Raoult. Et ils l’ont eue. C’est un succès. Leur seul succès, jusqu’à présent.

Qui sont donc ces « médecins » complètement nuls pour endiguer la propagation d’un virus, mais extrêmement efficaces pour endiguer la propagation de son remède ? Son remède putatif, en tout cas. Remède putatif qui donne quand même en Chine des résultats très prometteurs, et qu’une enquête menée dans 30 pays auprès de 6 200 médecins désigne comme « le traitement le plus efficace » contre le coronavirus. 6 200 médecins, ça commence à faire du monde… Mais il est vrai que ces 6 200 médecins n’appartiennent pas au glorieux Conseil scientifique Covid-19 ; qu’ils ne font, ces 6 200 médiocres, que constater l’efficacité de l’hydroxychloroquine, quand les 11 génies du Conseil scientifique Covid-19, eux, s’interrogent. Et s’interroger, vous comprenez, c’est bien plus fort que constater… bien plus efficace… surtout en temps de crise… en temps d’urgence… quand la mort est là, et qu’elle avance… Après tout, c’est fort à propos qu’au XVème siècle, les théologiens byzantins s’interrogeaient sur le sexe des anges pendant que les Turcs se massaient aux portes de Constantinople. Les membres du Conseil scientifique Covid-19 sont nos théologiens 2.0. Empêtrés dans leurs dogmes, s’embourbant dans des finasseries oiseuses et des microcontroverses minables et interminables pendant que des gens meurent. Quatre semaines que ça dure… Quatre semaines de bavardages… et aucune décision… aucune tentative de traitement… Quatre semaines

Quand une voiture vous fonce dessus, vous ne vous interrogez pas sur les risques qu’il y a à se jeter sur le bas-côté. Eux, si. Ils pèsent le pour et le contre. Ils débattent. Ils délibèrent. Ils s’auto-entortillent. Et puis ils vous expliquent triomphalement qu’en vérité, c’est plus compliqué qu’ça. Qu’ils ont modélisé le cas d’étude, que les résultats sont tombés, et que les conclusions sont formelles : il existe des occurrences où se jeter sur le bas-côté n’est pas la décision optimale. En effet, la probabilité de mal retomber et donc de se faire mal est loin d’être négligeable. Il existe même une probabilité pas tout à fait nulle — notamment pour les manchots — de se fracasser le crâne sur le sol en retombant, provoquant ainsi un traumatisme crânien pouvant causer la mort. Ainsi, en croyant éviter une mort par collision avec une voiture — mort dont la probabilité n’est pas rigoureusement égale à 100 % —, on peut se retrouver encore plus mort par collision avec le sol. Comme quoi il faut se méfier des idées reçues. Des raisonnements simplistes. Qui d’ailleurs riment avec populiste.

Oui mais alors que faut-il faire, quand une voiture nous fonce dessus ? Eh bien

… restons entre esthètes : la suite est réservée à ceux qui savent vraiment apprécier ma plume. Explications :

Ce texte fait partie de l’ouvrage :

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32 commentaires sur « Mort aux adultes »

  1. Bonjour Nicolas.quand j'ai commencé a lire votre texte je me suis dit j'irai jamais jusqu'au bout,et bien si,j'ai été captivé par votre lucidité sans concession et donc je vous remercie sincèrement.JJS

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  2. Cet infantilisme est un mystère.Il touche certains et pas d'autres. Dans les familles il crée des tensions qui peuvent durer longtemps.Que faire avec des adultes qui veulent continuer à s'amuser comme pendant leur adolescence ou leur enfance ??C'est le monde païen de l'empire romain :Le pain et les jeux.Merci pour ce texte brillant. On se sent moins seul en vous lisant.Bonne soirée.

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  3. Vous prêchez sans doute essentiellement à des convaincus, méfiez vous péter une durite pendant la convalescence c'est pas bon du tout.Et puis vous avez oublié un argument imparable contre Raoult et la choroquine: Trump est pour!

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  4. Analyse brillante et lucide sur les manipulateurs pervers qui nous gouvernent, et qui, par quelques flatteries, décérèbrent un peuple entier, d'abord séduit, puis mis sous une implacable et progressive emprise. La toute puissance infantile qui anime les bourreaux n'a d'égale que le plaisir trouvé dans la destruction d'autrui. Figés entre 5 à 15 ans d'âge (lorsque le petit enfant arrache avec délice les pattes des mouches, sans le moindre remords), ils se révèlent être de brillants marionnettistes, maniant en boucle trois ficelles: le doute, la peur, la culpabilisation, amenant le peuple à leur vendre son âme, sans plus chercher à réfléchir. La pensée magique, autre apanage des manipulateurs, leur permet d'échapper aux contraintes d'un réel trop pesant, et de vivre dans un monde qui correspond en permanence à leurs désirs…loin de toute réalité du terrain. Nous le voyons bien avec cette pandémie de corona virus. Sans aucune morale, sans aucun scrupule, ils laissent mourir des milliers de citoyens, sans aucune réaction sensée! Pénurie de masques, de tests, interdiction posée aux médecins de ville de traiter par le seul médicament efficace qui soit d'emblée disponible!! Lorsque les gens deviennent de simples objets, ils ne peuvent en toute logique, ni souffrir, ni mourir…ils deviennent inexistants…Cette constatation est juste glaçante. En attendant, alors que certains, à nu, sacrifient leurs vies depuis deux longs mois pour autrui dans les hôpitaux et les Ehpads, d'autres, bien protégés, ont les yeux pétillants des euros à venir,avec la mise sur le marché de médicaments hors de prix et de vaccins! Jouissance toute infantile de ces « grands », totalement désintéressés du drame qui se joue chez les « petits », qu'ils sont censés protéger, mais qu'ils laissent périr sans aucun état d'âme…ils ne sont pas formatés pour les sentiments, l'affect et l'empathie. Triste France!!

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  5. Article admirable par sa lucidité, par sa rigueur, et par la flamme qui le porte. Un point de désaccord : la vision de la Révolution française est peut-être trop unilatérale. Il y a bien eu, dans la Révolution, toute la haine des supériorités qui est dénoncée ici : haine de la supériorité politique, considérée comme criminelle en soi (« on ne règne pas impunément »), haine de la supériorité sociale (« les aristocrates à la lanterne »), haine de la distinction des manières (habit débraillé, tutoiement obligatoire), haine des supériorités intellectuelles (« La République n'a pas besoin de savants »). Mais à côté de cette tendance égalisatrice et rabaissante, il y a eu en sens inverse le culte de la grandeur et de l'héroïsme, l'ardeur au sacrifice, le culte des héros, le retour en force du théâtre de Corneille, bref tout le modèle romain qui a tant influencé la Révolution. Il n'est pas facile d'articuler ces deux aspects, mais il me semble que les deux sont aussi vrais l'un que l'autre.

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  6. Merci beaucoup. Et vous avez tout à fait raison : les révolutionnaires étaient encore largement imprégnés de la civilisation qu'ils s'apprêtaient à détruire. Cette civilisation qui leur fournit d'ailleurs les armes redoutables qu'ils n'eurent plus qu'à retourner contre elle pour la tuer. Voltaire fut élève des Jésuites ; puis, fort du talent ainsi acquis (et plein de gratitude), appela à écraser l'Infâme…

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  7. Texte magnifique et enflammé dont le fond est magnifié par la forme. C'est rare de voir associés une telle lucidité, une telle profondeur dans l'analyse et un tel souffle stylistique. Plaisir d'esthète pour ceux qui vous lisent autant qu'antidote à la « pensée » pré-mâchée distillée par les meRdias, ce lavage de cerveau permanent auquel sont soumis lecteurs de journaux, auditeurs et télespectateurs ! Non seulement vous brossez avec finesse et pertinence un tableau réaliste de la situation, mais vous renouez avec l'Eloquence (avec un grand E) qui a déserté l'Etat et qui fait cruellement défaut aux « élites » ! Un régal !!!!

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  8. Merci pour votre travail, vous êtes remarquable.Je suis polonaise, je vis en France et ça me fait plaisir de savoir que y en a des français qui ne sont pas lobotomisés et formatés par la pensée unique qui en général règne dans ce beau pays.

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  9. Excellent article ! Mais on a depuis pas mal de temps décérébré le bon peuple Je crois que la messe est dîtes Quelle chance avons nous les vieux : nous avons eu le chant du cygne de la civilisation européenne

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  10. Merci. En effet, vous avez de la chance : vous aurez eu plus de peur que de mal. Plus de tristesse que de tragédies. Plus de sanglots que de sang. Les tragédies, le sang et le mal, ce sera pour ma génération ; ça arrive…

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  11. Un peu long , mais faut s'accrocher , Ca en vaut le coup .Merci pour cette analyse sans concession ,de cette caste de pseudo savants et d'elites auto proclamée qui nous insupporte de plus en plus et de la situation ubuesque dans laquelle elle nous conduit

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  12. Magnifique magnifique !!! Un grand merci pour cette mise en lumière si cohérente; J'ai passé la première moitié de ma vie à essayer de comprendre le « fonctionnement du monde » (en fait du monde des adultes qui m'entouraient enfant), à chercher à comprendre la logique qui le faisait tourner, à chercher à deviner le mode d'emploi, à essayer de comprendre les règles qui manifestement orchestraient ce ballet si bien rodé, et à chercher pourquoi je n'arrivais jamais à anticiper quelle serait l'étape suivante alors que tous semblaient chanter facilement à l'unisson. (c'est maintenant ça qui me met la puce à l'oreille : quand tous chantent à l'unisson : attention danger : c'est qu'on a quitté la réalité) J'ai longtemps été persuadée que je n'avais pas encore assez observé pour comprendre et j'ai persévéré, mais j'ai fini par me dire que manifestement je venais d'ailleurs et que je n'étais pas adaptée à ce monde-là…. (ce qui est effectivement le cas, mais pas pour les raisons auxquelles je pensais au départ) Et quand j'ai ainsi arrêté d'essayé de comprendre, alors j'ai observé de façon beaucoup plus neutre et détachée et là j'ai compris …. qu'il n'y avait rien à comprendre : que tout ce petit monde jouait une comédie où seule la façade compte et où le seul objectif est de maintenir cette façade, quoiqu'il en coûte par rapport au réel qui bien sûr est déserté. Ils se mettent simplement par groupe de gens qui ont à peu près la même définition de ce que « doit être » une façade, et fonctionnent de concert dans ce cadre prédéfini. J'ai également compris que ce monde « d'adultes pas adultes dont les enfants doivent s'occuper » (puisqu'ils sont tellement préoccupés de leur façade qu'ils ne prennent pas en charge le quotidien 'terre à terre') n'est heureusement pas universel et qu'il existe aussi plein d'endroits où les adultes sont adultes, sont debout sur leurs deux jambes, savent avancer un pas après l'autre en fonction du réel, ancrés dans leur Etre, responsables de leurs choix, de leurs décisions et de leurs actes. J'ai fait le choix de ce monde là, qui est une symphonie majestueuse où chacun joue la partie qui lui est propre, en harmonie avec le Tout. Dans ce monde, les boussoles sont la conscience, le respect de soi et des autres, l'émerveillement de ce qui nous entourent (la nature), l'intégrité de parole et d'actes, etc Je vous invite à aller sur le site québécois de « conversation papillon », plein de belles rencontres. D'ailleurs je me suis permise de partager votre texte sur le groupe facebook du même site. Alors oui, aujourd'hui quand je vois l'état du monde (ou plutôt l'état imposé par les « grands de ce monde ») ça me rappelle de très mauvais souvenirs, mais je sais aussi que nous sommes très nombreux à fonctionner autrement tout autour de la planète et que le phénomène de la masse critique est une réalité, une force de basculement. J'ai appris qu'il est inutile et contreproductif de se battre contre les mondes de s façades, puisque ça ne fait que renforcer (action-réaction est une loi physique qu'on le veuille ou non) et que du coup il faut construire autre chose, autrement, avec de plus en plus de monde. Etre rebelles et non révolutionnaires (très beau texte de Osho sur la différence). Voilà mon témoignage, encore merci pour votre analyseClaire

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  13. Trois ans plus tard – mais mieux vaut tard que jamais -, je lis cet admirable pamphlet contre une société immature et délétère. Bravo et merci. Le temps a montré que tout ce que vous aviez dénoncé à cette époque est toujours d’actualité. Et s’est même vérifié maintes fois.

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