Un chat n'est plus un chat

[A propos de l’interdiction imminente de prononcer le participe passé « enculé » — désormais considéré comme relevant de l’homophobie la plus criminelle]
Quelqu’un qui se fait apprécier est… apprécié.
Quelqu’un qui se fait draguer est… dragué.
Quelqu’un qui se fait embrasser est… embrassé.
Quelqu’un qui se fait caresser est… caressé.
etc.
Si maintenant nos élites analphabètes décrètent qu’un constat est une insulte, ce monde va rapidement devenir inhabitable.
Et puis quand on y pense, celui qui s’indigne de l’emploi d’un mot précis pour décrire une réalité précise ne révèle-t-il pas son peu de considération pour cette réalité précise ? Comment quelqu’un qui estime vraiment les homosexuels peut-il trouver dégradants les termes qui décrivent leurs pratiques ? Si quelqu’un s’offusque qu’on appelle un chat un chat, il n’est pas illégitime de s’interroger sur sa considération pour les chats…
Tout cela pour dire que si ces pitreries sémantiques sont réellement un révélateur d’« homophobie » (je vous prie de bien noter les guillemets ironiques), elles le sont plus largement qu’on ne le croit…

Effacement

Nous aurions dû fêter, il y a quelques jours, le 250ème anniversaire de la naissance de Napoléon. Mais nous nous en foutons. Comme nous nous foutons de tout ce qui date d’avant avant-hier.
Nous sommes un peuple sans histoire. C’est-à-dire un canard sans tête. Il n’y a probablement pas un peuple qui s’intéresse moins à Napoléon que le peuple français. Le président du Brésil, en tout cas, a beaucoup plus d’intuitions napoléoniennes que les Français furieux qui déversent sur lui leur bêtise arrogante (ce qui fait d’ailleurs d’eux l’exacte antithèse du peuple brésilien, dont la gentillesse et la générosité me font presque honte à chaque fois que je me rends dans ce merveilleux pays). Le président du Brésil aurait pu signer cette phrase de Napoléon : « La main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. » Phrase qui suffit à éclairer la polémique actuelle. Et à la clore. Mais le Français ne veut pas clore les polémiques. Et encore moins les éclairer. Le Français raffole des polémiques. Surtout si elles sont bien connes. Patauger dans sa sottise, s’en barbouiller jusqu’à l’ivresse, brailler sa rage impuissante et éructer son crétinisme hautain, voilà ses plus grandes voluptés. Aussi inculte que sûr de lui, aussi idiot que prétentieux, il a le ridicule du caniche qui s’imagine grand fauve. Qu’il continue à aboyer, donc. Pendant ce temps, la caravane de l’Histoire passe. Et l’observe, mi-rieuse mi-navrée, japper devant sa niche. Puis disparaître au loin. 

Monarchisme masochiste

L’atavisme monarchiste du peuple français le conduit à défendre son roi élu, quel qu’il soit, quoi qu’il fasse.

Les chamailleries diplomatiques entre Macron et Bolsonaro l’illustrent éloquemment, qui voient les Français soutenir massivement leur président malgré le calvaire qu’il leur fait subir, et son bilan calamiteux.


Dans cette constante française, il est cependant une nouveauté, et de taille : nos derniers monarques élus n’incarnent plus la France, mais la haine de la France.
Ils ne sont plus les artisans de la grandeur de la France, mais les agents de sa destruction. Une destruction délibérée. Une destruction zélée (ce qui les distingue fondamentalement du roi Charles VI, bien aimémalgré sa folie qui mena la France au bord de l’abîme). Une destruction menée dans un mépris inouï de la France, son histoire, sa culture (qui n’existe pas), et surtout de son peuple (ce ramassis de sans-dents, de gens qui ne sont rien et de lépreux populistes).
Plus-value masochiste de notre époque : quand jadis, le peuple français aimait inconditionnellement son monarque parce que son monarque l’aimait, il prend aujourd’hui parti pour des présidents qui le dédaignent ouvertement, lui infligent chaque jour de nouvelles vexations, et le mènent à la disparition.
On appelle ça le Progrès.

Respect ?


[Brève réflexion sur les humiliations diplomatiques de Macron]

Un « Président » qui s’est affiché tout frétillant entre deux hommes à moitié nus et lui faisant des doigts d’honneur, ne doit pas s’étonner de ne plus susciter le moindre respect.
Son peuple, en revanche, pourrait s’étonner de son sentiment de « honte » à géométrie variable… Estimer que prendre quelques coups, même en dessous de la ceinture, dans l’âpre combat diplomatique, est bien moins attentatoire à la dignité d’un président (et, par ricochet, de son peuple) que cette scène inouïe…

Tourhumaniste

Tant que Sa Majesté le Touriste n’a pas fait crever au moins deux secouristes à cause de ses caprices, il s’estime bafoué dans sa dignité de Touriste.

Deux secouristes pour un touriste : voilà le taux de change minimal, pour l’Occidental en voyage. Voilà son échelle implicite de valeur. Entre humains tous égaux, bien sûr. Puisqu’il vous le dit.

Des droits de l'homme à la charia

 

Des droits de l’homme à la charia, le chemin était tout tracé.

De la liberté totale à la soumission absolue, seul le temps nous séparait. Le temps pour le règne du caprice individuel de déployer tous ses effets, et d’atteindre son ultime conséquence : la tyrannie.

C’est au nom de la liberté individuelle que l’Islam installe son ordre collectif.

C’est au nom des droits de l’homme qu’il impose les devoirs dus à son dieu.

C’est notre individualisme qui rend incritiquable son communautarisme.

Chacun est libre, disons-nous. Chacun fait ce qu’il veut. Le nombril de chacun prévaut sur l’héritage, les traditions, la continuité civilisationnelle de l’Occident.

Je veux appeler mon fils Œuf dur ? J’ai le droit. Je veux l’appeler Boeing ou Trottinette ? C’est mon choix.

Eh bien appelons nos enfants Mohammed et Aïcha, dit l’Islam en Occident. Non pas Marie ni Nicolas. Ni Philippe ni Emma.

Qu’à l’oreille de nos enfants résonne le souvenir de nos glorieux héros islamiques, et non celui de ces piteux roumis. Que l’imaginaire de nos enfants soit peuplé de références à l’Orient de leur passé, et non à l’Occident de leur présent. Et aux aigris qui tiqueraient, la réponse est prévue : j’ai le droit. C’est mon choix. Je fais ce que je veux.

Je fais tellement ce que je veux qu’il est désormais impossible de donner des prénoms non-musulmans aux enfants qui naissent dans les « quartiers ». La communauté exerce une telle pression sur ces individus soi-disant libres qu’ils n’ont, en vérité, pas le choix. Et plus qu’un droit : celui de se conformer à la norme.

Voilà comment, partant du caprice individuel, on aboutit à l’oppression collective.

Voilà comment l’absence de règles débouche sur

… restons entre esthètes : la suite est réservée à ceux qui savent vraiment apprécier ma plume. Explications :

Ce texte fait partie de l’ouvrage :