Complotisme consensuel

Il paraît que le complotisme, c’est mal. Et puis surtout que c’est crétin. Que c’est vraiment la marque des bas du front. Des hébétés. Des ahuris. Des esprits simples, influençables, manipulables et, disons le, méprisables.
Ainsi nous édifient nos journalistes, nos politiques et nos si bien nommées élites. Nos journalistes, nos politiques et nos si bien nommées élites qui voient un complot russe dans le torpillage de la candidature de Benjamin Griveaux à la présidence de la République — pardon, à la mairie de Paris.

Mais attention ! ATTENTION ! Ouh là là, qu’alliez-vous penser, malheureux-se ? Que signifie cette esquisse de rictus ? Retirez tout de suite cette idée de votre tête ! Tuuut tut : il ne s’agit pas, en l’occurrence, de complotisme ! Mais non, petit-e crétin-e ! L’hypothèse est hautement crédible ! Démontrée dès qu’énoncée ! Il tombe en effet sous le sens qu’un chef d’État de l’envergure de Vladimir Poutine n’a rien de plus urgent ni de plus essentiel à faire que de lancer ses services secrets sur Benjamin Griveaux, ce nouveau Napoléon donc chacun aura noté l’immense importance géopolitique.

Enfin, Poutine peut dormir tranquille, et le peuple russe souffler : le grave danger mondial de voir Griveaux accéder à la mairie de Paris est écarté.

Mort au cisgenre

Benjamin Griveaux n’aurait jamais été embêté si le destinataire de ses photos avait été un homme. On peut en déduire qui, désormais, a encore le droit de se présenter aux élections sans risquer ce genre d’attaques ; et que le mâle blanc hétérosexuel est définitivement hors jeu.

Staline 2020

« Complotiste » est le nouveau « fasciste » (qui commençait à se faire vieux, depuis papa Staline et ses précieux conseils pour esquiver le débat argumenté en se plaçant exclusivement sur le terrain de l’attaque personnelle).
L’imputation de complotisme poursuit le même but que celle de fascisme : disqualifier l’adversaire et épargner ainsi à celui qui y recourt un échange d’arguments où il aurait tout à perdre.
Elle remplace les idées par l’insulte ; la discussion par l’intimidation ; le raisonnement par les sarcasmes.
Il faut donc voir l’imputation de complotisme comme un aveu d’échec. D’impuissance argumentative. Et, souvent, de haine.
Celui qui vous traite de complotiste reconnaît par là sa vacuité argumentative. Et son refus d’admettre sa défaite. Et son mesquin désir de vengeance.
Bref, il vous démontre sa bassesse.

Propaganda

Il paraît que les Juifs de France sont de plus en plus nombreux à faire leur Aliyah. Il faut dire qu’entre Marine et Merah, la plupart des Juifs préfèrent Merah (comme les autres Français, d’ailleurs). Alors forcément…
Quant à leur équation inepte selon laquelle Marine = Adolf, ils ne voient pas qu’il s’agit là du « raisonnement » le plus négationniste qui soit, puisqu’il nie la spécificité, la gravité incomparable de l’horreur nazie ; et, partant, banalise la tragédie vécue par le peuple juif. Il n’y a pire insulte à la mémoire des victimes du nazisme que cette dédramatisation du nazisme.
Mais il n’y a rien à faire : jamais ils ne verront, ces moulins à clichés paresseux et replets, que la diabolisation de Marine est avant tout une dédiabolisation d’Adolf…

La mort de Dieu, c'est la mort de l'homme

Les anticatholiques sont avant tout des Narcisse incurables, qui rejettent la transcendance comme vexation ; comme désaveu de leurs fantasmes infantiles de toute puissance. Ils se prennent pour des dieux : comment pourraient-ils accepter Dieu ?

Une civilisation sans Dieu est une civilisation où chacun a la prétention d’être Dieu. Où des Narcisse hystériques s’entrechoquent sans trêve et sans compassion. Une telle civilisation porte un nom : enfer. C’est la nôtre.

Les médecins imaginaires

Madame Pina parle de France sans jamais parler de christianisme ni de catholicisme.
Madame Pina escamote donc 14/15èmes de l’Histoire de France.
Madame Pina nie l’histoire et l’essence de la France ; ne la connaissant pas, elle ne peut rien proposer de sérieux pour la sauver.
Madame Pina est l’illustration de la phrase de Chateaubriand (qui avait sans doute un peu plus de profondeur et de hauteur de vue que madame Pina) : « Détruisez le christianisme et vous aurez l’islam. »

Madame Pina ne veut pas entendre parler de christianisme ; c’est son choix ; mais alors qu’elle cesse de déplorer les conséquences dont elle chérit les causes.
Car c’est le déni de France pratiqué par elle et ses semblables qui a ouvert la voie à l’islam. Et c’est l’entêtement dans ce déni qui lui offrira la victoire.

PS : dans un Occident parvenu à un stade effrayant d’infantilisme, donc de manichéisme, il me semble hélas nécessaire de préciser ce qui dans le monde adulte allait de soi, à savoir qu’on peut critiquer les analyses d’une personne tout en admirant son courage, si de courage elle fait preuve… Mais il arrive, hélas, que le courage soit vain, s’il n’est pas mu par la lucidité.