Il paraît que le complotisme, c’est mal. Et puis surtout que c’est crétin. Que c’est vraiment la marque des bas du front. Des hébétés. Des ahuris. Des esprits simples, influençables, manipulables et, disons le, méprisables.
Ainsi nous édifient nos journalistes, nos politiques et nos si bien nommées élites. Nos journalistes, nos politiques et nos si bien nommées élites qui voient un complot russe dans le torpillage de la candidature de Benjamin Griveaux à la présidence de la République — pardon, à la mairie de Paris.
Mais attention ! ATTENTION ! Ouh là là, qu’alliez-vous penser, malheureux-se ? Que signifie cette esquisse de rictus ? Retirez tout de suite cette idée de votre tête ! Tuuut tut : il ne s’agit pas, en l’occurrence, de complotisme ! Mais non, petit-e crétin-e ! L’hypothèse est hautement crédible ! Démontrée dès qu’énoncée ! Il tombe en effet sous le sens qu’un chef d’État de l’envergure de Vladimir Poutine n’a rien de plus urgent ni de plus essentiel à faire que de lancer ses services secrets sur Benjamin Griveaux, ce nouveau Napoléon donc chacun aura noté l’immense importance géopolitique.
Enfin, Poutine peut dormir tranquille, et le peuple russe souffler : le grave danger mondial de voir Griveaux accéder à la mairie de Paris est écarté.
