Union, Europe & Haine

  1. Les eurocrédules traitent leurs adversaires, les eurosceptiques, de crypto-nazis ou de fascistes, alors que l’un des Pères fondateurs de l’UE a voté les pleins pouvoirs à Pétain, été ministre de Vichy et frappé d’indignité nationale (il s’agit de Robert Schumann). Et que le premier président de la Commission européenne fut le juriste d’Hitler (il s’agit de Walter Hallstein).
  1. Ils nous disent aussi que l’UE est un contrepoids à la puissance américaine, alors qu’un autre Père fondateur a été financé par les Américains pour exercer des opérations d’influence (il s’agit de  Jean Monnet) : l’UE est une création américaine pour réduire l’Europe à l’impuissance (objectif atteint, et magistralement, il faut vraiment avoir les yeux remplis de médias pour ne pas le voir).
  1. Ainsi les Pères fondateurs de l’UE sont un juriste d’Hitler, un ministre de Pétain et un larbin des services secrets américains. On a le droit d’estimer que tout cela ne fait pas très « résistant ». Ni très européen.

 

Écolocratie

Il faut n’avoir jamais observé une piste cyclable pour croire au mythe de la « mobilité douce ».

Il faut n’avoir jamais observé cette déferlante de trottinettes féroces et de vélos furibonds pour imaginer que le barbare moderne appelé « bobo » deviendrait moins vulgaire, moins nerveux, moins puérilement égocentrique par la seule grâce d’un mode de transport.

Tout au contraire : une fois perché sur sa néo-monture, l’arrogance naturelle de ce bipède inepte se renforce de sa conviction d’être à la pointe de la dernière tendance — une tendance très subtile, et pas du tout oxymorique : l’écologie en milieu bétonné.
Plein de l’ignoble aplomb du conformiste, avec sa grosse gueule butée et sa face bien obtuse de pape constipé, il défile sur sa piste dans un silence paranormal. Un silence que viennent régulièrement troubler sa sonnette tressautante et ses hurlements d’égorgé quand un manant, c’est-à-dire un plouc déambulant à pied, a l’impudence d’effleurer son Lebensraum. « Dégage de ma piste ou je te pulvérise ! », voilà en substance le message de ce forcené qui ne freinera pas. Voilà les actes concrets de cet aboyeur-percuteur qui, par ailleurs, ne cesse d’exalter la tolérance… la convivialité… le vivre-ensemble… et, désormais, la « mobilité douce »… Par opposition, sans doute, à la mobilité dure des automobilistes, ces beaufs écocidaires.

Il est pourtant flagrant que le plus hargneux des conducteurs est un modèle de tempérance et de civilité, au regard de ce tyran gueulard. Que le plus rouscailleur des automobilistes est infiniment plus courtois que ce fléau fonçant en trottinette, plein de la morgue du nuisible qui se prend pour un bienfaiteur parce qu’on lui a dit qu’il était dans le bon sens de la Modernité.

Les pistes cyclables sont les nouveaux jardins d’enfants. De bébés. De bobos. Bref, de barbares.

C’est là, sur les pistes cyclables, que se récapitulent le mieux l’ivresse de toute puissance, l’intolérance à la frustration et l’esprit de caprice du bébé. C’est sur les pistes cyclables que se révèle le mieux l’essence infantile du Progressisme — l’écologisme étant évidemment une branche de l’arbre progressiste.

L’écolocrate, ce despote en trottinette, est avant tout un bébé. Qui n’entretient aucun rapport avec le principe de réalité. Baigne dans la pensée magique. Et croit donc qu’il sauve la planète avec sa « mobilité douce » (laquelle n’est que le masque d’une ségrégation sociale impitoyable voyant l’écolo cool dominer sans réplique le sans-dents roulant au diesel).

Céline disait que Sartre avait libéré Paris à bicyclette. Les rejetons de Sartre font mieux : ils sauvent la planète à dos de trottinette. Longues affinités du Progressisme avec les foutaises et le mensonge… Après celle du vivre-ensemble, la fable de la mobilité douce est sans doute la plus insolente fake news du Progressisme.

Mais cette frénésie entourloupeuse des ordures progressistes ne devrait plus nous étonner, depuis le temps qu’elle se donne à voir : archétype du principe de plaisir, et donc déni de réalité permanent, le Progressisme a le mensonge pour principe, pour moyen et pour but. Le Progressisme est la bannière sous laquelle se réunissent tous les escrocs d’hier et d’aujourd’hui. Le Progressisme, c’est le retour à la loi de la jungle maquillé en exaltante aventure humaniste. Et aux aveugles volontaires qui réclameraient des preuves de cette évidence, que pourrait-on répondre, sinon qu’elles courent les rues ? Et dévalent désormais toutes les pistes cyclables ?

Bilan démocratique

Le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen.
Winston Churchill

Dès qu’on lui laisse le choix, l’homme choisit de se vautrer.
L’effondrement civilisationnel des pays démocratiques le prouve : un peuple ne peut tenir debout par lui-même. Il faut l’y forcer. La démocratie suscite l’avachissement de l’homme, et la ruine de la civilisation. Seule une autorité forte peut maintenir l’homme debout. Seule la contrainte libère.
Jamais les Occidentaux n’ont été aussi aliénés, aussi abrutis, aussi minuscules que depuis l’avènement de la démocratie. La démocratie est devenue l’arme par laquelle les Occidentaux 2.0 détruisent la civilisation occidentale ; la démocratie est devenue le chemin le plus court vers la barbarie.
Il nous faudra choisir entre la civilisation et la démocratie.

Parricide

 

« L’histoire, c’est la passion des fils qui voudraient comprendre les pères » disait Pasolini.

Les déboulonnages de statues qui se multiplient en Occident n’ont rien à voir avec sa prétendue morale, et tout à voir avec son infantilisation. Avec sa puérilisation. Ils sont l’expression la plus pure de la haine du père qui régit les enfants en bas-âge.

Ces déboulonnages de statues sont un parricide symbolique. Un refus d’hériter et, surtout, de subir plus longtemps la blessure narcissique que représente, pour les bébés impotents qui peuplent l’Occident, le spectacle des adultes accomplis. L’Occident tue le père pour pouvoir sans entrave s’acheminer vers sa destinée de jardin d’enfants. Autrement dit, de paradis des barbares.

L’Occident parricide n’est certes pas une nouveauté. Depuis près de trois siècles, la sourde envie œdipienne d’en finir avec le père — et donc, pour commencer, avec le Père — est exacerbée par des systèmes de pensée ronflants et des constructions intellectuelles sophistiquées promus par de pompeux penseurs appelés philosophes. Des philosophes qui, nonobstant leur indéniable talent pour les pitreries écrivassières, ne sont en définitive que des attiseurs de barbarie. Des accoucheurs de parricide. Le siècle des Lumières finit par la décapitation du roi. Parricide inouï, qui donne le signal de la destruction de l’Occident adulte — l’Occident patriarcal. Deux siècles et demi plus tard, voici venu le tour des statues.

Logique descendante. Logique implacable. Parricide bien ordonné commence par le Père ; puis vient le tour des pères. De tous les pères. On commence par tuer le roi, par massacrer les prêtres, par violer les bonnes sœurs, par décapiter les statues de saints ; bref, par éradiquer les incarnations de la transcendance. Puis une fois Dieu éliminé, on poursuit le travail avec les pères laïcs. Les pères classiques. Et leurs statues. C’est l’idée même de hiérarchie qui doit disparaître de l’univers mental des Occidentaux. Toute trace de la grandeur des hommes du passé — et donc, par symétrie, de la petitesse des hommes du présent — doit être effacée. Tout reliquat de vie adulte doit être supprimé.

Logique descendante. Logique implacable. Logique des droits de l’homme. Le premier triomphe des droits de l’homme est la décapitation du roi. Et c’est toujours, depuis, au nom des droits de l’homme qu’on massacre les pères. Qu’on déboulonne leurs statues.

Droits de l’homme signifie caprices du bébé. Pendant longtemps on pouvait en douter, on pouvait contester, on pouvait discuter cette interprétation. Mais désormais tout le démontre : les droits de l’homme, c’est la haine des grands hommes.
Les droits de l’homme, c’est la haine de l’homme grand.
Les droits de l’homme, c’est la haine de l’homme.

PS : Il y a deux jours l’ONU, c’est-à-dire le Vatican des droits de l’homme, apportait son soutien à ces bébés capricieux qu’on nomme antifascistes : «Les experts des droits de l’homme des Nations Unies expriment leur profonde préoccupation face à une récente déclaration du procureur général américain décrivant Antifa et d’autres activistes antifascistes comme des terroristes nationaux, affirmant que cela porte atteinte aux droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique dans le pays.» Est-il besoin de commenter, quand les faits viennent si harmonieusement confirmer l’analyse ?

Impunité

Impunité pour la diversité. Voilà le vrai slogan des manifestations #blacklivesmatter. Voilà ce qu’il faut lire, entre les lignes de leurs pancartes pleurnicheuses. Voilà leur objectif, sous le flot de pathos qu’ils font dégouliner devant les caméras avec un indéniable talent (il faut dire qu’ils sont bien cornaqués par les antifas, anarchistes et autres fascistes de l’extrême-gauche qui, depuis leurs débuts en URSS il y a plus d’un siècle, ont eu le temps d’affûter leurs compétences en agit-prop).

Impunité pour la diversité. Ces professionnels de la chialante médiatique ne veulent pas éviter les bavures : ils veulent empêcher que s’exerce l’autorité de l’État.
Car les bavures, si elles existent évidemment, sont si peu nombreuses en France qu’elles relèvent du minimum incompressible. Quand on connaît les situations extrêmement délicates auxquelles les policiers sont confrontés chaque jour, on ne peut qu’être admiratif (ou déçu, si l’on a mauvais esprit) qu’il y ait si peu de bavures. Quand on sait la litanie des provocations, harcèlements, insultes, crachats, agressions, menaces de mort sur la famille, guet-apens, lancers de frigos du 7ème étage, glaviots dans la bouche en pleine pandémie de Covid-19 et autres prodigieux outrages que subissent les policiers quotidiennement,on ne peut qu’être admiratif (ou déçu, donc) de leur sang-froid, de leur bravoure et de leur persévérance. Un sang-froid, une bravoure et une persévérance qui relèvent de l’héroïsme. Dénotent des qualités exceptionnelles. Plongés dans un tel calvaire, la plupart des hommes deviendraient fous. Fous de douleur et de rage. Nos policiers résistent. Nos policiers sont des héros. Nos policiers sont nos derniers héros. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont tellement haïs par l’avant-garde du nouveau monde, des racailles aux bobos. Les bobos, anti-héros par excellence (si l’on peut dire) qui n’aiment pas trop qu’on leur présente des miroirs inversés de leur pleutrerie.

Impunité pour la diversité. Depuis quelques jours, de peur d’être filmés puis traînés devant le tribunal médiatique, les policiers renoncent à interpeller des délinquants issus de la diversité (oui, ça existe, même s’il faut bien admettre qu’ils sont infiniment moins nombreux que les Guillaume, Jean-Louis et autres Paul-Antoine). Il y a quelques années, aux États-Unis, un policier s’était laissé massacrer par peur de blesser son adversaire racisé… Tout bien considéré, le lynchage physique lui semblait un moindre mal que le lynchage médiatique…

Impunité pour la diversité. Depuis déjà de longues années, d’étranges magistrats prononcent des peines étrangement légères à l’encontre de certains violeurs, tabasseurs et assassins. Des peines étrangement légères qui, de surcroît, ne sont jamais purgées intégralement. Par ailleurs, les policiers goûtent au plaisir quotidien de retrouver dans la rue des délinquants interpellés la veille ou quelques heures plus tôt, dans des conditions souvent périlleuses.

Mais cette impunité de fait ne suffit plus aux délinquants. Sitôt interpellés, ils étaient relâchés ? Ils exigent désormais de ne même plus être interpellés. Après le laxisme de la justice, celui de la police. Les délinquants sont logiques, en vérité : si la police interpelle, c’est pour que la justice punisse. Si la justice ne punit pas, la police n’a plus de raison d’interpeller.

Qu’elle n’interpelle plus, donc : cela lui permettra de concentrer ses effectifs sur les quelques crimes qui donnent encore lieu à une réponse pénale. Les crimes prioritaires. Les crimes vraiment graves. Les excès de vitesse et le téléphone au volant.

Cela, surtout, officialisera la citoyenneté à deux vitesses qui régit officieusement la France depuis plusieurs décennies. Une citoyenneté à deux vitesses qui se traduit par le déploiement de blindés contre les Gilets jaunes, pendant qu’en banlieue des tirs à balles réelles contre les policiers ne donnent lieu à aucune interpellation. Une citoyenneté à deux vitesses qui se manifeste par des tirs de LBD en plein cassis, des tabassages, des éborgnements et des fracassages de mâchoires des gens qui ne sont rien, tandis que les chances pour la France bénéficient, comme leur nom l’indique, des consignes de modération du Préfet… sans parler des magistrats… Mais ne paniquons pas : les plus de 200 viols par jour, les tabassages gratuits, les lynchages à mort pour un refus de cigarette et les suicides de policiers n’ont rien à voir avec ce laxisme et cette impunité. Puisqu’ils n’ont rien à voir avec la diversité.

Impunité pour la diversité : voilà la seule vraie discrimination ayant cours en France. Impunité pour la diversité, et répression impitoyable des sans-dents. Des sans-dents qui, parce qu’ils seraient des descendants d’esclavagistes, sont sommés de se prosterner devant la diversité ; une diversité descendant elle-même d’esclavagistes qui, pendant plus de mille ans, menèrent des raids en Sicile, en Sardaigne, en Corse, en Italie et dans le Sud de la France pour en ramener des Blancs qui finissaient forçats, eunuques et, pour les femmes, juments de harem… Nous sommes tous des descendants d’esclavagistes. Mais personne ne demande aux musulmans de France de s’agenouiller pour expier l’esclavagisme que leurs ancêtres exercèrent sur des millions de Blancs — et de Noirs. Personne, d’ailleurs, ne veut rien savoir de cet esclavagisme-là. La citoyenneté à deux vitesses est avant tout une mémoire à deux vitesses. Une amnésie de certains faits, conjuguée à une hypermnésie d’autres faits.

« Qui contrôle le passé, contrôle le futur ; qui contrôle le présent, contrôle le passé » écrivait Orwell. À l’aune de la façon dont est aujourd’hui racontée l’Histoire, rabâchant jusqu’à l’absurde les erreurs de la civilisation occidentale et occultant les méfaits, bien plus graves et durables, de la civilisation orientale, il est aisé de savoir qui, à présent, contrôle le passé. Donc le futur. Le beau futur, le radieux futur, le réjouissant futur de l’utopie multiculturelle.

 

[R]Dépression policière

La répression policière fait rage en France. Les policiers sont des monstres assoiffés de sang. Des tortionnaires hargneux, redoutables, impitoyables, qui font vivre à d’innocentes racailles un indicible calvaire.

Ah, ils ont le beau rôle, les policiers, ça ne fait aucun doute. De vrais cow-boys dominateurs et arrogants. La preuve ? Ils se suicident trois fois plus que les autres Français. Les policiers, hein. Pas les racailles…

Humaniste et brillante civilisation, où ceux qui se suicident sont vus comme des bourreaux, et ceux qui les poussent au suicide comme des victimes.

Eh bien, rampez, maintenant

C’était depuis quarante ans au sens figuré, c’est désormais au sens propre : l’humanité occidentale vit à genoux.

Il est d’ailleurs étonnant que certains Noirs apprécient que les Blancs, pour être leurs égaux, estiment devoir se mettre à genoux…

Les flatteries sont rarement l’expression de la sincérité ; elles servent plus souvent l’intérêt du flatteur que l’honneur du flatté. Elles sont un jeu de dupes dont chaque partie sort rabaissée.

« Il est des reproches qui louent, et des louanges qui médisent » disait La Rochefoucauld à une époque où le goût naturel de l’homme pour la servitude était combattu par des notions telles que l’« honneur » et la « dignité » — des notions évidemment objets de risée pour une « humanité » qui n’aime rien tant que se vautrer dans la soumission la plus absurde et la plus vile, et s’en glorifier.

 

La tyrannie des nains

Qui s’ouvre indifféremment au vrai comme au faux est mûr pour n’importe quelle tyrannie.
Georges Bernanos

Nul ne peut céder aux sollicitations du conformisme et demeurer libre.
Oscar Wilde

Quantité de faux prophètes se lèveront, et ils égareront bien des gens.
Matthieu 24,11

 

Pour contredire Mozart quand il parle musique, il faut un sacré niveau. Ou un sacré ego.

Pour contredire Zidane quand il parle football, il faut être sacrément talentueux. Ou sacrément présomptueux.

Pour contredire l’un des plus grands virologues au monde quand il parle virus, il faut être sacrément compétent. Ou sacrément pédant.

Et pour contredire l’un des plus grands virologues au monde quand il parle VIH et qu’il s’agit, précisément, du virologue qui a découvert le VIH, il faut de sacrées qualifications. Ou une sacrée prétention. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’inconscience. Il faut, pour se lancer sans complexe à l’assaut d’un savant d’une telle dimension, prendre de drôles de drogues… bien désinhibitrices… Être doté d’une résistance de fer à l’autocritique. Jouir d’une extraordinaire capacité de déni de ses propres insuffisances. Ignorer son incompétence. Ignorer son ignorance. Ignorer, surtout, la peur du ridicule…

Ou être journaliste.

« Coronavirus et VIH : pourquoi la théorie du Pr Luc Montagnier est invraisemblable. » : ainsi titre le Parisien à propos du Professeur Luc Montagnier — pardon, du Pr Luc Montagnier (on ne va quand même pas orthographier extensivement le titre de ce charlatan) ; quant au verdict de L’Obs, il est sans appel : « Le Pr. Montagnier diffuse des théories fantaisistes. »

Invraisemblable. Fantaisiste. Ce sont les mots que je cherchais. Il tombe en effet sous le sens qu’entre le journaliste et le virologue, l’invraisemblable est du côté du virologue, quand il parle de virus. Qu’entre le Prix Nobel de médecine qui a découvert le VIH, et le plumitif analphabète des pages « Santé » du Figaro, le fantaisiste est de toute évidence le Prix Nobel de médecine. A fortiori quand il parle de VIH. C’est clair, c’est net, ça ne fait pas un pli. Toute personne qui remettrait en cause ces raisonnements d’une logique implacable s’exposerait bien légitimement aux imputations de populisme. De conspirationnisme. Et de complotisme.

Non mais sérieusement ?! Quel être sensé peut croire que le Prix Nobel de médecine qui a découvert le VIH s’y connaît mieux en VIH qu’un journaliste de Libé ? Quel esprit normalement constitué peut, s’agissant de virus, accorder davantage de crédibilité à une pointure mondiale de la virologie qu’à un fact-checker de L’Obs ? Comment, à moins d’être un bas du front incurable doublé d’un gobeur de fake news irrémédiable, comment, donc, peut-on mettre en doute la fiabilité des décrypteurs du Monde et des fact-checkers du Figaro ? Vous savez, ces nouveaux curés du culte progressiste qui nous expliquaient il y a peu que les Printemps arabes amèneraient la démocratie, l’euro la prospérité, l’UE la protection, l’immigration le vivre-ensemble, que l’intégration fonctionnait vachement bien et que Allah Akbar n’avait rien à voir avec l’islam ? Ces modèles de constance et de cohérence qui, il y a encore quelques semaines, traitaient de complotistes ceux qui n’excluaient pas que le virus de Wuhan provienne du laboratoire de virus de… Wuhan (quel cerveau détraqué faut-il avoir, pour former des raisonnements aussi tortueux ?), et titrent maintenant : « Coronavirus : le laboratoire de Wuhan a-t-il joué un rôle dans la pandémie ? » ; « Le coronavirus a-t-il pu s’échapper des centres de recherche de cette ville chinoise d’où est partie l’épidémie ? Le Monde s’est plongé dans cet univers particulier. » Comme si de rien n’était… Et sans mea culpa… Sans s’excuser d’avoir sali des individus dont le seul tort était de raisonner ; et dont, dorénavant, ils s’attribuent les raisonnements… En quelle estime et quel crédit doit-on tenir des gens qui déchaînent tous les recours de la calomnie pour discréditer une thèse puis, quand elle s’avère, la reprennent sans vergogne à leur compte ?

Bref, ces gens fiables et sérieux nous expliquent aujourd’hui — pour demain, on verra — que l’homme qui a découvert le VIH n’est ni fiable ni sérieux quand il déclare avoir… eh bien… découvert le VIH dans le Covid-19. Qu’il s’égare. Qu’il déraille. Il est vrai qu’eux ne peuvent dérailler : ils sont les rails (comme aurait dit Muray). Les rails de la bonne pensée. La seule pensée. L’unique

Tout leur bilan le prouve : ces esprits omniscients et visionnaires ne sauraient se tromper. Encore moins nous tromper. Oyez donc dévotement leurs très Saintes Paroles : le découvreur du VIH divague, quand il prétend avoir découvert le VIH dans le Covid-19. Il débloque. Il hallucine. Il est complètement fou. Parole de pigiste scientifique. De plumitif chercheur. D’éminent virologue de salle de rédaction. Ah, vous l’ignoriez ? Toutes les salles de rédaction sont équipées d’un « Espace Laboratoire » où les chercheurs en fact-checking peuvent étudier le matériel génétique de n’importe quel virus (ils les ont tous en stock) et, le cas échéant, démentir les théories fantaisistes des Prix Nobel de médecine. Coller sur leurs travaux un gros bandeau « FAKE NEWS ». Tout cela en une heure. À propos d’études qui ont nécessité plusieurs semaines, voire plusieurs années de travail, et qu’ils n’ont même pas consultées. C’est ce que, dans le jargon des fact-checkers, on appelle une démarche scientifique. Sérieuse. Logique et rigoureuse. Ça vous semble rapide ? Vous avez quelques doutes ? Attention, le complotisme vous guette. Ce qu’il faut bien faire entrer dans dans votre sale tronche à fake news, c’est qu’un jeune séminariste du Monde ayant fait vœu de Vérité est guidé par la grâce ; il peut donc accomplir des miracles inaccessibles à un Prix Nobel démoniaque ayant voué sa vie à l’esbroufe et au mensonge. Sans compter — mais sans doute l’ignoriez-vous également, c’est fou ce que vous êtes ignorant — que pour intégrer une école de journalisme, il faut être titulaire d’un BAC+15 de virologie. Quoi, la plupart des journalistes ont environ trente ans ? Eh bien ils sont précoces, voilà tout ! De vrais petits génies ! Bien plus forts et agiles que de grands Prix Nobel ! Comprenez, à la fin, comprenez que les journalistes, ces êtres omniscients et incorruptibles, sont de la nouvelle race des seigneurs : la race des fact-checkers.

C’est donc très injustement qu’Oscar Wilde — ce beauf un peu simplet, à tendance complotiste — qualifiait les journalistes de « plumes consciencieuses d’illettrés » et ajoutait : « Le journalisme justifie sa propre existence par le grand principe darwinien de la survie du plus médiocre. » Et qu’Henri Béraud — bas du front des bas-fonds — déclarait : « Le journalisme est un métier où l’on passe la moitié de son temps à parler de ce que l’on ne connaît pas, et l’autre moitié à taire ce que l’on sait. »

Oui, de tels propos sont injustes pour les journalistes. Injustes et malhonnêtes (tout le contraire des journalistes, en somme). En effet, les journalistes ne sont pas les seuls à mériter de tels reproches. Il faut y ajouter, si on veut être juste, le pullulement des petits potes, des pitres prétentieux, des experts qui se plantent, de tous les savants flous, vagues « chercheurs » sans trouvailles et autres ratés de la médecine qui ne ratent pas une occasion de dire tout le mal possible de ceux qui les dépassent. En l’occurrence, cette horde de roquets jappe à qui veut l’entendre que le grand fauve Montagnier est sénile et débloque car il serait atteint de la Maladie du Nobel. Maladie du Nobel… Tiens… Pourquoi pas, après tout… Il y a longtemps qu’on n’avait pas autant stigmatisé dans les médias, mais bon, la stigmatisation a ses raisons que la raison ignore… Et puis, il faut bien avouer que la psychiatrisation des dissidents rappelle des régimes auxquels on se félicitait d’avoir échappé… pourvu que ça dure…

Bref. Maladie du Nobel, donc. On cherche… on se renseigne… Et on apprend que la Maladie du Nobel consiste, pour un récipiendaire de Prix Nobel, à multiplier les prises de position farfelues sur des sujets très éloignés de son domaine de compétences. Attendez, mais c’est pas la maladie du journaliste, ça ? Ne serait-on pas en présence d’une attaque en miroir de la plus belle eau ? Ah, non, relisons attentivement : avant d’attraper la maladie du Nobel, il faut d’abord attraper le Nobel. Ce qui n’est pas le cas des journalistes (tiens, pourquoi, d’ailleurs ?). Lesquels journalistes présentent donc tous les symptômes de la Maladie du Nobel, mais sans le Nobel. Ces grands originaux ne font décidément rien comme tout le monde… Cela dit, puisqu’on en est à s’envoyer des concepts au blaze, peut-être pourrait-on en profiter pour inaugurer celui de Maladie des Journalistes, avec à peu près la même définition (le Nobel en moins, donc) ? Ah non, suis-je bête : c’est leur état normal.

Passons. Et poursuivons notre lecture attentive : « … sur des sujets très éloignés de son domaine de compétences ». Là, il faut bien avouer qu’on ne comprend plus bien. Luc Montagnier, virologue d’envergure mondiale, s’exprimerait donc sur un sujet très éloigné de son domaine de compétences quand il parlerait de virus ? Plus fort encore, le sujet du VIH serait très éloigné du domaine de compétences de l’homme qui a découvert le VIH ? Si ces « scientifiques » manient les éprouvettes avec autant de rigueur que les concepts, il n’y a plus qu’à prier pour qu’ils ne franchissent jamais la porte d’un laboratoire P4… Ni dans un sens, ni surtout dans l’autre…

Mais ce sont désormais ces médiocres, ces incompétents, ces nuls que nous écoutons. Ces bureaucrates de la recherche qui n’ont rien accompli, et en ont développé un féroce prurit de vengeance contre celui qui fait. Ce ramassis de chercheurs ratés et revanchards qui se rassemblent en meute pour cracher sur l’homme dense et accompli. Nains stériles et frustrés, tout constipés de haine jalouse…

Quoi, ce sont quand même des médecins ? Quoi, je ne fais depuis le début de mon très chiant texte que décliner des arguments d’autorité ? Arguments d’autorité… Oui, et alors ? Dans argument d’autorité, il y a argument. Or il en va des arguments comme des autorités : il s’en trouve des légitimes. En conséquence de quoi j’assume et revendique mes arguments d’autorité. Et j’aggrave même mon cas en révélant la pensée impure, scandaleuse, blasphématoire qui les sous-tend : tout le monde ne se vaut pas. Non ? Je ne vous convaincs pas ? Vous êtes toujours sceptique ? Vous n’en démordez pas ? Ils sont quand même médecins, tous ces gens qui débinent le Nobel Montagnier ? Bon… Une dernière tentative, alors, pour tenter d’illustrer. Sinon tant pis, pas grave, on reste bons amis… Cali est musicien. Mozart est musicien. Pourtant, qui écouterait Cali s’il disait que Mozart était un imposteur (qui écoute Cali, d’ailleurs) ? De telles sottises, émanant d’un tel médiocre, feraient simplement hausser les épaules de pitié. Ah ? Même pas ? Remarque, peut-être pas, en effet… L’aplanissement médiatique de la parole et des talents a fait son œuvre. Le catéchisme égalitariste a fini par nous rendre aveugles aux différences de compétences et de mérites. Nous accordons désormais la même crédibilité à celui qui fait, et qui fait bien, qu’à celui qui parle, et ne fait rien. Le rouleau compresseur de l’indifférenciation n’a rien laissé debout : la notion même de hiérarchie nous est devenue étrangère. A fortiori l’intuition de la transcendance…

Jadis, l’homme vivait à la verticale ; aujourd’hui, il survit à l’horizontale. Jadis, l’homme croyait en Dieu ; aujourd’hui, il croit aux fact-checkers. À chaque peuple ses références. À chaque époque son prestige. À chaque civilisation sa grandeur. Pas sûr, toutefois, que la foi du fact-checker insuffle à l’Europe la même vigueur et la même inspiration que la foi chrétienne. Pas sûr que la religion du fact-checking engendre des Notre-Dame, des abbayes, des miracles de la musique et des trésors de la peinture. Mais puisque tout se vaut, il ne fait aucun doute que nous verrons bientôt des splendeurs du même ordre — plus somptueuses encore — éclore des cerveaux occidentaux biberonnés au fact-checking. Nourris aux meilleurs sources, donc… à l’excellence journalistique (qui a dit oxymore ?)… Patience. Laissons le progressisme progresser. Et ne perdons pas foi en ses immenses bienfaits. Ils arrivent. L’avenir radieux est En marche. Parole de fact-checker.

Nous nous croyons sans Dieu ni maître ? Jamais, en vérité, « civilisation » ne connut esclaves aussi craintifs, face à un tyran aussi piteux. Un tyran à la fois inculte et arrogant ; un tyran appelé « médias », servi par des larbins appelés « fact-checkers ». Des êtres vides et nuls, incompétents en tout, que toute personne douée d’au moins un atome d’esprit critique devrait immédiatement identifier comme les escrocs qu’ils sont. Et envoyer foutre extrêmement copieusement. Mais n’avons plus un atome d’esprit critique. Nous n’avons même plus d’âme. Nous n’avons donc plus d’armes. L’hypnose médiatique nous a déspiritualisés, déculturés, illettrés, hébétés : nous n’avons plus rien à opposer aux énormités que nous infligent en continu ces ignares menaçants. Ces inquisiteurs venimeux, ces grosses besaces dégoulinantes de moraline et d’indignation vertueuse qui, faute de savoir agencer des idées, manient avec brio l’intimidation et l’hitlérisation, nous sommes condamnés à les subir. À accepter sans broncher

… restons entre esthètes : la suite est réservée à ceux qui savent vraiment apprécier ma plume. Explications :

Ce texte fait partie de l’ouvrage :

Joe Bide(n)

Si vous avez un problème à décider si vous êtes pour moi ou pour Trump, alors vous n’êtes pas Noir.
Joe Biden, ancien vice-président américain, candidat démocrate (22 mai 2020)

Jadis, certains Blancs considéraient les Noirs comme leurs esclaves ; aujourd’hui, certains Blancs considèrent les Noirs comme leur bétail électoral. La noire ironie — si l’on peut dire — de cette histoire étant que les seconds sont souvent les plus prompts à fustiger les premiers. Sans doute parce qu’ils n’aiment pas le miroir qu’ils leur tendent…
De l’esclavagisme à l’électoralisme (deux formes d’exploitation des Noirs, la deuxième étant infiniment plus rentable), la filiation est manifestement plus évidente que ces Tartuffe veulent bien le dire.