Infantilisation

 Merci à Perrault, merci aux frères Grimm et merci à Disney, mais il était plus que temps de passer la main : après plus de trois siècles de bons et loyaux services, la baguette magique a enfin droit à sa modernisation. À son restylage. La baguette magique, désormais, tient dans un smartphone. Elle a une forme de QR code. Et elle s’appelle pass sanitaire. Cela dit, pas de panique : l’action de cette baguette magique est toujours aussi chimérique. Et, comme auparavant, seuls y croient les esprits puérils, régis par la pensée magique. Le principe de plaisir. Le déni du réel. Ceux dont l’univers mental relève des contes de fées : ceux que les désaveux brutaux et permanents de la réalité — même s’ils les rendent tout crispés, rougeauds à exploser, postillonnants de rage — ne sauraient faire douter des super-pouvoirs de leur baguette magique. Bref, les enfants. Soit, d’après les derniers sondages, 60% des Français.

Égalité républicaine

 Un patron de restaurant qui n’expulse pas de sa terrasse un citoyen français sans histoire mais sans QR code ? 45 000 euros d’amende, et 1 an de prison.

Un ministre de l’Intérieur qui n’expulse pas un clandestin rwandais, criminel multirécidiviste, pyromane, égorgeur et sans papier — ni QR code ? 15 000 euros par mois, et une retraite dorée.

Continuité

[À propos du prêtre Olivier Maire tué à Saint-Laurent-Sur-Sèvre par le migrant rwandais à l’origine de l’incendie de la cathédrale de Nantes]

Cela fait deux siècles que l’on massacre les prêtres, très singulièrement en Vendée. Et que l’on brûle les églises. Et que l’on veut en finir avec cet odieux catholicisme qui a fait l’ignoble et idiote France du passé (à comparer à la douce et intelligente France du présent) : ce Rwandais est, à bien y regarder, un excellent républicain. Qui incarne à merveille les vraies, les authentiques, les historiques Valeurs de la République

Du matérialisme au totalitarisme

L’amour excessif de la vie est une descente vers l’animalité.
Baudelaire

Il est interdit d’interdire. Sauf les terrasses de café aux non-vaccinés.

Jouissez sans entrave. Mais avec un masque. Et avec un schéma vaccinal complet. Et avec un passeport vaccinal. Et avec un QR code. Et avec un test PCR de moins de 48 heures. Et avec les mains dûment savonnées. Et avec du gel hydroalcoolique. Et avec des gestes-barrière. Et avec une prise de température effectuée juste avant d’entrer. Et avec une distance interpersonnelle d’au moins deux mètres. Et avec des parois en plexiglas pour éviter tout contact. Vade retro, Covidas !

« Jeune catin, vieille dévote », écrivait Freud ; mais je ne suis même plus sûr qu’en l’occurrence, Freud soit d’un grand secours pour éclairer notre psychose hygiéniste. Malgré les lieux communs, les apparences et les clichés, mon intime conviction est que les soixante-huitards, ces vieilles dévotes aigries et pétochardes, n’ont jamais été de jeunes catins. Mon intime conviction est que derrière leur hédonisme trop ostentatoire pour être honnête, les soixante-huitards ont toujours été des puritains. C’est-à-dire des haïsseurs de la vie. Mon intime conviction est que les accoucheurs du monde moderne ont toujours détesté la vie. La vie humaine, j’entends : la vie comme aléa, comme prise de risque, comme incertitude, la vie comme mystère, qu’ils n’auront eu de cesse de réduire à une triviale existence organique. D’où leur terreur de la mort — qui n’a plus rien à voir avec l’angoisse métaphysique qui travaille tout homme, et est littéralement sans précédent dans l’histoire de l’humanité —, et la prodigieuse mesquinerie qui en résulte. D’où leurs sophismes de plus en plus tortueux, leurs ergotages de plus en plus ahurissants de mensonge pour protéger non pas leur vie, mais leurs organes. D’où la préséance absolue qu’ils accordent à La Santé, infiniment supérieure à leurs yeux aux valeurs de liberté, d’égalité, de dignité humaines.

La bassesse inouïe de l’humanité contemporaine est la conséquence de son matérialisme. Son consentement nonchalant à la société d’apartheid, de laissez-passer et de contrôle de tous par tous vient de ce qu’aucune valeur supérieure ne l’anime. Aucun principe supérieur ne l’habite. Dans « l’esprit » contemporain, l’homme n’est qu’un tas d’organes. La liberté, la dignité ? Foutaises prétentieuses de niais adolescent qui passe son bac philo. La liberté, la dignité ? Voyez comme ils ricanent, quand vous prononcez ces mots… Ces sarcasmes disent tout de l'(in)humanité contemporaine. Dans une « civilisation » où la vie organique est la valeur suprême, les notions de liberté et de dignité sont des aberrations : elles ne peuvent qu’être, au mieux, objets de dérision.

La conception de la vie comme simple existence organique procède d’un déni de la dignité de l’Homme ; il est inéluctable qu’après s’être imposée, elle engendre des lois, des mœurs, des normes de comportement et des rapports sociaux — bref, une « civilisation » — qui méconnaissent la dignité de l’Homme. Nous y sommes.

Ce texte fait partie de l’ouvrage :

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La haine

Les champions de la Liberté veulent une société du laissez-passer.

Les dévots de la Fraternité réclament une société du contrôle de tous par tous.

Les idolâtres de l’Égalité aspirent à une société de castes.

Et tous se glorifient d’être des humanistes.

Les champions de la Liberté veulent une société du laissez-passer. Une société où le moindre geste du quotidien sera subordonné à la présentation d’une pièce d’identité, et à la divulgation de son état de santé. Notez que ces champions de la Liberté sont également, depuis toujours, de féroces contempteurs des frontières, et d’ardents défenseurs de la liberté de circulation ; nous découvrons aujourd’hui que cela valait exclusivement pour les migrants (malades ou non, de maladies extravagantes ou non), et en aucun cas pour leurs concitoyens et voisins. C’est ce que, dans leur jargon, ils nomment « Fraternité ».

Ces dévots de la Fraternité réclament une société du contrôle de tous par tous. Une société incurablement conflictuelle, une société d’aigreur, de colère, de haine où chacun fera péremptoirement et constamment la morale à son prochain. Une société où, par millions, les Tartuffe brandiront à la face des impurs leur magnifique, leur triomphal, leur sublimissime brevet de vertu — sous forme de QR code. Un certificat de vaccination : voilà le plus haut titre de gloire dont peut se prévaloir l’humanité progressiste. Un titre de gloire qui lui permet, à cette humanité progressiste mais surtout altruiste, de trier facilement entre ceux qui méritent son estime, et ceux qui ne sont rien. C’est ce que, dans son jargon, l’humanité progressiste appelle « Égalité ».

Ces idolâtres de l’Égalité aspirent à une société de castes. Une société de discrimination, de ségrégation, d’apartheid : de « discrimination, voire exclusion, d’une partie de la population, qui ne dispose pas des mêmes droits, lieux d’habitation ou emplois que le reste de la collectivité » (dictionnaire Larousse). Une société où deux systèmes de droits cohabitent : un pour les purs, l’autre pour les parias. Ces derniers ayant interdiction de franchir la porte d’un restaurant, et même de boire un café en terrasse. Mais rien n’est plus normal, pour les idolâtres de l’Égalité : que les impurs n’aient pas droit de cité, qu’ils soient dédaigneusement ou agressivement chassés de partout, cela semble le comble du naturel, à ceux qui ont passé leur vie à exalter l’égalité des droits

Et tous se glorifient d’être des humanistes. D’héroïques défenseurs des Valeurs républicaines de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. Ces magnifiques Valeurs républicaines bien charlatanes qui furent proclamées il y a deux siècles et demi, au moment où la France accouchait du premier totalitarisme de l’Histoire… Un totalitarisme auquel se référait sans cesse Lénine, et qui lui servit de modèle… On croyait, depuis, la filiation brisée. On avait tort : il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles pour constater que les racines totalitaires de l’esprit républicain, cette haine de l’homme déguisée en amour, irriguent plus que jamais les têtes de nos élites, et de leurs fiers esclaves.