Si l’on admet que la psychologie est un moteur majeur des actions humaines, prétendre analyser ces dernières en dédaignant leur dimension psychologique est une ineptie. C’est sans doute pour cela que malgré la production à flux tendu de belles pensées ronflantes et rutilantes par nos penseurs assermentés, nous ne comprenons rien à ce qui nous arrive.

« Le propre de l’intelligence, c’est de douter », pérorent-ils pompeusement, tous ces demi-habiles qui condamnent la pensée tonique et le style qui va avec. Dans tout ce qu’on entreprend le doute est nécessaire, puisqu’il est une modalité de l’humilité – sans laquelle on est certain de se planter. Mais le culte du doute, c’est le culte de la stérilité. Et c’est, le plus souvent, le masque de la lâcheté… Le culte du doute, c’est le mépris de l’Homme déguisé en humilité. L’Homme doit être humble, mais l’Homme doit être grand : l’Homme doit faire fructifier les talents reçus. Le propre de l’intelligence, ce n’est pas de douter : c’est d’analyser et de synthétiser. Pour créer. L’Homme n’est pas voué à rester une éternelle page blanche au prétexte qu’il faut douter : il doit avoir le courage d’accepter son imperfection, de renoncer à l’irrésolution, et de prendre la route.

Les Français se plaignent de Macron, mais au fond d’eux ils jouissent de se faire humilier. Macron donne aux Français ce qu’ils demandent. Ces vicieux. Pas pour rien qu’ils l’ont élu deux fois. Et avant lui Hollande… Et on pourrait remonter loin – au moins jusqu’à Mitterrand – pour démontrer sans aucun doute possible que les Français ont la passion du déshonneur.

Démocratie ou monarchie ? Peu importe, à vrai dire. L’essentiel pour l’épanouissement d’un peuple n’est pas son régime politique : c’est son substrat anthropologique. Ce qui compte n’est pas que le souverain ait une seule tête, ou des millions : ce qui compte, c’est son âme. Staline et Saint Louis étaient tous deux autoritaires ; mais l’âme du premier était façonnée par les Lumières, l’autre par Jésus… Le premier a créé le Goulag ; le second, « le plus beau royaume sous les cieux » (de l’aveu même des intéressés). Alors c’est très bien, la démocratie. C’est très bien, le peuple souverain. Mais si le peuple qui exerce la démocratie est façonné par les Lumières, c’est-à-dire par le nihilisme, il n’y a rien à en attendre d’autre que des pires régimes totalitaires : laideur, bêtise, ruine et dépression. Regardez la France.

Rome et le Goulag. Venise et Auschwitz. Les églises et les camps. Jeanne d’Arc et Aurore Bergé. Marie et Hitler. Les Jésuites et le Hamas. Saint Ignace et Gérard Miller. Saint Paul et Éric Woerth. Jésus et Mélenchon. Richelieu et Bruno Le Maire. Pierre-Paul Rubens et Pierre Soulages. Molière et BHL. Mozart et Julien Doré. Il n’y a aucune limite à la beauté du catholicisme. Ni à la barbarie de l’athéisme.