Ce qui est intéressant dans le discours climatosceptique de Trump, ce n’est pas le discours climatosceptique de Trump. Ce n’est même pas que le scepticisme, antonyme de la crédulité et donc modalité essentielle de l’intelligence, soit devenu une tare, et les climatocrédules des modèles à suivre. Ce qui est intéressant dans le discours climatosceptique de Trump, c’est la réaction de ses contradicteurs. Lesquels, précisément, n’articulent pas de contradiction. Mais s’indignent. Se scandalisent. Roulent des yeux effarés. Hurlent au blasphémateur. Et révèlent par là leur obscurantisme. Que leur pensée est une foi. Dénuée de toute exigence de rationalité, et a fortiori de cohérence. Avez-vous déjà vu un fidèle de l’Église écologiste expliquer pourquoi les scénarios apocalyptiques que son clergé annonce tous les 2 ans pour dans 20 ans depuis 80 ans ne se produisent jamais ? Avez-vous déjà entendu un éolâtre se prononcer sur l’énorme problème écologique que posent les éoliennes en fin de vie ? Et les panneaux solaires ? Bien sûr que non : hors de l’Apocalypse selon Saint Giec, ces gens ne connaissent rien. En conséquence de quoi tout ce qui contredit les Évangiles selon Saint Giec est non pas examiné, mais mis à l’Index. Et ses propagateurs traités comme les blasphémateurs qu’ils sont. Trump est un blasphémateur. Il a cru, ce naïf, qu’avec des arguments, des raisonnements et une attitude dialectique, il pourrait infléchir la pensée de son auditoire. Mais son auditoire n’avait pas de pensée : il n’avait que des dogmes. Et on n’argumente pas contre des dogmes – ni pour, d’ailleurs. On ne conteste pas une foi avec des raisonnements. Face à ce qui relève du sacré, l’attitude dialectique n’est pas seulement inutile : elle est hors sujet. C’est cela, et uniquement cela, qui s’exprime ce matin dans les bulletins paroissiaux de l’Église écologiste – je veux dire les journaux –, et dans les bouches hurleuses de ses millions de dévots. Avec un tel troupeau de têtes superstitieuses, le clergé écologiste peut dormir tranquille : il n’a pas fini de s’enrichir. Ni la planète de s’enlaidir.