L’Union européenne, c’est la haine de l’Homme

Tout est religieux. L’Union européenne est une création protestante. Deux fois protestante, même, avec papa américain et maman allemande. L’Union européenne a donc pour l’Europe un programme protestant : assécher le fleuve de joie catholique qui, pendant des siècles, a irrigué le plus enivrant continent de l’Histoire, et y imposer son puritanisme cafardeux. C’est ainsi, selon moi, qu’il convient d’interpréter sa puritanisation par étapes de l’espace public qui, lentement mais sûrement, transforme les Européens en zombies dépressifs, et dont la dernière recommandation est d’interdire les cigarettes… en terrasse. Pour notre santé, évidemment. Comme si on pouvait être en bonne santé sans prendre de plaisir… comme si l’excès ponctuel n’était pas nécessaire à l’équilibre… Mais les Européens applaudiront à cette nouvelle réduction du champ de leurs plaisirs, comme ils ont applaudi aux précédentes : la pulsion de Nord est en eux. Et ces connards lugubres se soumettront sans sourciller aux étapes suivantes : interdiction de l’alcool, puis des vêtements impudiques pour les femmes. Vous verrez. Vous verrez bientôt… La soumission est en eux… Ainsi s’opèrera en toute tranquillité le mariage du protestantisme et de l’islamisme. Deux puritanismes. Deux modalités de la haine de l’Homme. Les deux pimpants papas de la nouvelle Europe – bien plus drôle que l’ancienne, morose et oppressive…

Faux-amours

Il paraît que Boualem Sansal aime la France. Et qu’il a développé une réflexion très fine et très originale pour comprendre ses maux et essayer de la sauver. « L’avenir appartient à la science, il n’y a plus rien à attendre des religions », voilà ce que déclarait en janvier 2024 Boualem Sansal au journal Le Monde. Outre qu’il y a quelque chose de savoureux à voir encenser comme un parangon de subtilité l’incarnation la plus lourdingue du scientisme le plus niais, je ne vois pas comment on peut aimer la France et rejeter les 14/15èmes de son histoire… « L’avenir appartient à la science, il n’y a plus rien à attendre des religions » : c’est précisément ce postulat matérialiste qui a tué la France. Et l’a offerte à l’Islam. Car une « civilisation » sans religion ne peut pas exister ; au mieux dure-t-elle quelques décennies, inepte et rabougrie, puis disparaît dans son néant. S’il aime vraiment, sincèrement, authentiquement la France, notre collégien penseur ferait bien d’y penser, au lieu de réciter fièrement à ses amis du Monde (des gens bien) son catéchisme moderniste ringard et criminel. Car si l’erreur est humaine, la persévérance est diabolique.