De l’intuition avant toute chose

L’érudition n’est pas l’intelligence. On pourrait presque dire qu’elle en est l’antithèse, quand on entend les torrents de sottises prétentieuses qui sortent de la bouche des érudits contemporains. C’est que le plus souvent, l’érudition émousse l’intuition ; et elle rend orgueilleux. Or l’orgueil stérilise ; et l’intuition n’est autre chose que l’intelligence… Loin de moi, cependant, l’idée de dénigrer l’érudition, dont je suis moi-même un amant piteux mais sincère. Seulement, il convient de connaître les pièges de cette volupté ; notamment de veiller à ne pas diluer sa personnalité dans l’océan des connaissances. Car il suffit d’observer les experts pontifiants, les historiens ronflants, les pompeux sociologues et autres connards solennels du CNRS pour constater qu’à force de chausser les lunettes d’autrui, le risque est grand de devenir incapable de regarder le monde avec ses propres yeux. De ne plus savoir solliciter sa propre intuition pour penser par soi-même. Or c’est un pléonasme.

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