Nous y voilà. Voilà le réel. Formulé par ceux-là mêmes qui, pendant plusieurs décennies, nous assuraient qu’il n’y avait pas de problème. Et nous déclarent maintenant qu’il n’y a pas de solution.
Mais peu importe : voilà le réel. Les brumes de l’utopie se dissipent. La réalité se dessine. Lentement, ses contours se précisent. La société multiculturelle laisse place à la société de vigilance. Le vivre-ensemble au vivre-inquiet. Insensiblement, nous glissons de « L’immigration est une chance pour la France » à « Depuis le début de l’année, cinquante-neuf attentats islamistes ont été déjoués ». De « L’islam est tolérant, ouvert, pleinement compatible avec nos valeurs et la République » à « L’administration seule et tous les services de l’État ne sauraient venir à bout de l’hydre islamiste ».
Voilà donc le réel. Finie la propagande. La France black-blanc-beur, c’est la France de la peur. La France black-blanc-beur, c’est la France de l’aigreur. C’est la France hystérique où, en une semaine, peuvent se tenir 85 débats télévisuels sur le voile islamique. C’est la France où on se déchire, où on se menace, où on s’insulte. La France où on se tue. La France où des Français égorgent des Français.
Il est temps de traduire la novlangue orwelienne : « vivre-ensemble » signifie « mourir-égorgé ». « Vivre-ensemble » signifie « guerre civile ».
Une guerre civile que même les plus brillants acrobates de la langue de bois (d’Emmanuel Macron à Jacques Attali en passant par François Hollande) évoquent désormais sans détour ; une guerre civile qui, d’après ces spécialistes du déni en guérison (il ne faut donc pas leur en demander trop), serait imputable à ceux qui font des « amalgames entre les questions d’immigration, de radicalisation, de communautarisme et de laïcité ». Et uniquement à ces salauds.
Il est vrai que considérer le communautarisme comme une conséquence de l’immigration relève d’une tendance pathologique à l’amalgame. Que qualifier ce communautarisme de musulman dénote une extraordinaire ignorance des réalités. Il est vrai, surtout, qu’il faut être doté d’un câblage singulièrement tortueux pour poser l’équation « immigration musulmane => communautarisme musulman ». Quant à estimer que ce communautarisme musulman aurait un lien avec des attentats commis aux cris de « Allah Akbar », c’est manifester une confusion mentale qui frise la folie pure. L’asile psychiatrique n’est pas loin.
Tenez-vous le pour dit : si, quarante ans après avoir ouvert les vannes d’une immigration islamique massive, le peuple français se fait massacrer aux cris de « Allah Akbar », ce n’est en aucun cas à cause de cet islam. C’est à cause des amalgames.
Oui, c’est à cause des amalgames que nous avons eu le Bataclan. C’est à cause de leurs amalgames que des dizaines de bobos anti-amalgames se sont fait rafaler à la kalach sur la terrasse de leur resto vegan. C’est à cause de leurs amalgames qu’un 19 tonnes a réduit en compote des familles entières sur la promenade des Anglais. Et c’est à cause de ses amalgames que le père Hamel a été égorgé. Et tous les attentats et tous les carnages et tous les étripages commis au nom d’Allah en Afghanistan, en Syrie, au Nigeria, au Pakistan, en Irak, en Libye, au Mali, en Égypte, au Yémen, sont des protestations contre les amalgames. Et si l’État islamique viole des fillettes, tue leurs pères à la perceuse et crucifie leurs mères, c’est à cause de leurs amalgames. Et Mahomet lui-même, il y a 1 400 ans, faisait couler le sang à cause des amalgames. Mahomet massacrait à cause des amalgames. Mahomet égorgeait à cause des amalgames. Mahomet violait à cause des amalgames. Pendant de longues années, on vous a menti : « Allah Akbar » ne signifie pas « Dieu est grand ». « Allah Akbar » signifie « Y en a marre des amalgames ».
Ne faites pas d’amalgame, donc. Et tout ira bien. Ne critiquez pas l’islam, et tout se passera bien. Ne vous opposez à aucu…
… restons entre esthètes : la suite est réservée à ceux qui savent vraiment apprécier ma plume. Explications :
« La seule manière de gagner de l’argent est de travailler de manière désintéressée. » Je révère Baudelaire, mais je dois me résoudre à cette désillusion : Baudelaire avait tort. Pour écrire, j’ai ruiné ma carrière. J’ai tiré un trait sur les gros salaires que me promettait mon gros diplôme de grosse école d’ingénieurs. Et je vais au devant de procès, d’intimidations, de saccages de ma vie sociale et de tourments en tous genres… J’en suis donc arrivé à me dire, peut-être orgueilleusement, que l’ivresse de mes textes valait bien celle d’un demi-demi de bière. Par mois… Et je me suis même dit, peut-être ingénument, que ceux qui m’appréciaient seraient heureux de pouvoir me témoigner leur gratitude par ce petit geste. Un petit geste pas si petit, à l’aune de l’effet qu’il aurait sur ma confiance et sur mon engagement… Un petit geste qui pourrait susciter de grandes choses… car si écrire est une activité solitaire, on est bien moins fécond lorsqu’on écrit dans le désert… Merci d’avance, donc, à ceux qui estimeront que mon temps, mes efforts, mes sacrifices, et surtout le plaisir qu’ils prennent à me lire valent bien ce petit geste de reconnaissance. Et d’encouragement. Car je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en ce siècle barbare, les belles plumes sont une espèce de plus en plus rare… une espèce menacée…

Merci pour votre texte. J'ai pensé à une fable de Jean de Lafontaine, « La Lice et sa Compagne ».
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J'allais évoquer certaine fable du grand La Fontaine politique (ô, mânes de Boutang !), mais je constate que c'est déjà fait. »La France où des Français égorgent des Français. », c'est plus exactement « L'euroReichsGau appelé France, où des colonisateurs allogènes titulaires de la carte « nationale » d'identité égorgent des indigènes pour leur apprendre le respect. » — « guerre civile » est donc une formule qui ne convient pas tout à fait. « Guerre coloniale », peut-être ? Mais comment prendre aussi en compte les collaborateurs locaux, majoritaires ?Vous créditez, à mon sens, nos chers maîtres de trop de candeur : ils n'ont certes pas lu l'illisible alcoran, mais ils savent parfaitement ce qu'ils ont programmé depuis des décennies, parce que le résultat leur convient. On domine plus facilement des hommes nomades et soumis que des hommes libres et enracinés.Quant à l'intelligence brillante… Suffit de lire la transcription d'une intervention « rédigée », en tout cas approuvée par le minuscule (qui a choisi ses laquais à son image), pour évaluer les capacités intellectuelles de ces gens-là, qui trahissent tous un Q.I. parfaitement adapté à la « religion » du désert. Leur langue de bois — autrement dit plus simplement : leur discours mensonger — ne saurait tromper que des journalistes et autres nominalistes allergiques au réel.Leur seule réelle, et grande, originalité aura été de faire financer l'invasion par les colonisés qui n'ont rien voulu voir et qui auront cette grâce, disait Abellio, d'aller anesthésiés au massacre. Que les maîtres soient aussi vils que leurs esclaves avilis, c'est moins unique, dans le modèle de la termitière d'essence collectiviste (Ayn Rand serait ici d'accord avec le Pierre Weité des Propos d'un rétrograde).Debord s'amusait de voir une agrégée se tromper sur le nombre de pieds d'un vers de Villon. Combien, parmi ceux de ces temps de ténèbres, pour compter correctement ceux de votre alexandrin, « Tartuffe est un orfèvre de la Taqiya » ?Un mot sur Molière, moins essentiel ici que La Fontaine : « C’est une chose remarquable que Molière, qui n’épargnait rien, n’a pas lancé un seul trait contre les gens de Finance. On dit que Molière et les autres comiques du temps eurent là-dessus des ordres de Colbert. » Déjà, constatait Chamfort, le fric était le véritable roi et donnait ses ordres. Lesage, que plus personne ne lit, avait été plus courageux avec son Turcaret.Pour finir, ce n'est pas un hasard si Boutang avait jugé nécessaire de traduire The Flying Inn de Chesterton. Tous les avertissements y étaient et comme toujours, en vain.Ils ont, en face, le nombre, les armes, l'absence totale de conscience morale. Que faire maintenant, sinon relire les derniers bons livres dans les jardins, bientôt dévastés, de l'Occident ?
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Bonjour,Merci également pour votre texte d'une lucidité implacable.En vous référant à l'hôte et l'invité, vous touchez dans le mille.Les immigrés italiens et d'europe de l'est qui sont venus en France au 19 ème siècle et au 20 ème siècle se sont intégrés et ont adopté l'identité française. Ils ont également participé à « l'effort national ».Ma famille en est un exemple : mes ancêtres sont venus en France dans les années 1850 (depuis le nord de l'italie), mon père et mon grand père ont fait toute leur carrière dans la police française, mon grand oncle a fait sa carrière dans l'armée française et a été décoré de la « vraie » légion d'honneur pour avoir participé aux combats d'Indochine.Mon arrière grand père est mort en 1944 au front.Beaucoup plus modestement, j'ai fait mon service militaire en 1998-1999.Au contraire des immigrés d'origine européenne, la majorité des immigrés venus d'Afrique ou d'orient depuis les années 70 n'a fait qu'importer son mode de vie en France (en réclamant sans cesse et en ne donnant pas grand chose en retour par ailleurs).Une très grande partie d'entre eux étant des musulmans, l'islam s'est « infiltré » logiquement dans la société française de façon lente et continue.Et nous sommes passés progressivement de l'assimilation à l'intégration, puis à l'insertion, ensuite au « vivre-ensemble », après au vivre « côte à côte », pour arriver finalement au vivre « face à face ».La destruction lente, méthodique, et volontaire des différents piliers de la nation française depuis 50 ans a une responsabilité conjointe dans le chemin qui nous a mené à la situation actuelle.Le début de l'abandon de ces piliers commence en 1968 avec une très grande partie de la génération du « baby-boom » qui n'a pas voulu assurer la transmission (et tout simplement ses devoirs) et n'a pensé qu'à elle et à ses plaisirs.Par exemple, la décision de mettre fin au service militaire a été une erreur majeure de la part du président Jacques Chirac (20 ans après une autre erreur majeure à laquelle il contribué en tant que Premier ministre : le regroupement familial) Et malgré tous les signaux négatifs (et clairs) qui sont apparus au fil du temps (l'affaire du foulard de Creil en 1989, les meurtres de Khaled Kelkal en 1995 … bien avant les attentats du Bataclan), il n'y a eu malheureusement aucun réveil. Aujourd'hui, la fin de la France semble malheureusement très proche …PS : Comme un signe, Raymond Poulidor est mort ce jour, et avec son départ, j'ai l'impression que c'est une partie de la France qui s'en va aussi.Puissions-nous au moins avoir du courage dans l'affrontement qui risque de venir.Yves.
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